
Je suis à la cantine et j'ai fini mon entrée, je vais maintenant passer au plat principal, une assiette de lentilles avec deux saucisses. Je suis seul à ma table, et autour les gens parlent et gloussent, font bourdonner mes oreilles. Je commence à manger le plat, et je me dis que des lentilles et deux saucisses, ça fait un peu repas de cow-boy, et là je m'en vais, je reste là, à manger avec le bruit autour mais je m'en vais, je suis un cow-boy d'aujourd'hui, dans le désert silencieux et immense, infini, une boîte tuperware avec des lentilles dans une main, une fourchette en plastique dans l'autre. Je mâche une fourchette de lentilles en regardant devant moi. Je vois les dunes jaunes, qui remplissent littéralement l'espace, et le ciel qui rougit, le soleil que l'on ne voit plus, il commence à faire froid. J'écoute le silence, mais j'entends ma bouche qui mastique les lentilles. Je songe à faire un feu pour la nuit et faire fuir les insectes. Là, il y a une chaise dans la cantine qui tombe, mais en mangeant dans mon assiette, je continue mon voyage, je suis seul dans le désert, face au silence, je me sens tout petit tellement c'est grand, puis je pense à ma femme restée à la ferme avec les enfants, qui a eu la gentillesse de me préparer ces quelques lentilles. Elle me manque. J'espère que je lui manque. J'aimerais que là, alors que je pense à elle, elle-même pense à moi, et que l'on se retrouve à travers la distance. Je soupire. Le ciel a des couleurs magnifiques. Réellement, j'essuie mon assiette avec mon pain, je me dis stop, ça suffira, reviens ici, et je me dis "je noterai ça", et je songe à en faire un texte pour mon blog.