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Mes notes se font rares, alors j'ai essayé de vous gribouiller une chronique…

Un lapin rose sur la tête du président dégringole sur la balustrade dorée.

 Le Monde est pénible. Je pense au Tibet, et je pense à tout le reste.

 En 1968, en Tchécoslovaquie, un étudiant s'est immolé pour protester contre l'occupation soviétique, avec la répression du printemps de Prague.

 Et j'aimerai me rappeler des détails de ce chinois qui a souhaité s'interposer devant un tank, il y a bien longtemps.

 Une fois, un chef de l'État chinois avait fait ses excuses au Tibet, et il a eu vite fait d'être démis de ses fonctions.

 Les gens peuvent être pénibles et faire devenir d'autres gens agoraphobes. En surnombre, ils font devenir certaines personnes misanthropes.

 J'ai vu There will be blood, et Daniel Plainview, ça c'est du misanthrope.

 En ce moment, c'et le blocus pour mon lycée. Je me positionnerai pas sur c'est bien ou mal, ni sur les réformes si c'est bien ou mal; mais... le lycée vide, bon sang. Oui, car j'ai franchi le blocus, et un lycée désert, vraiment, ça laisse rêveur. Quelques âmes errantes pendant les cours. Au lieu des troupeaux de beuglements assourdissants qui empêchent un cours. Des couloirs vides. Un C.D.I tranquille où il fait bon de lire. Une cantine sans queue, sans bordel: une file sans être étouffé par un océan de violents éléphants qui t'écrabouillent la gueule de part et d'autre autour de toi. Une file sans attente de vingt minutes que tu passes comme noyé dans un océan de gens méchants, mal éduqués, cons et débiles profonds qui te foutent en rogne. D'ailleurs, pas de file du tout.

 Une fois à l'intérieur de la cantine, toutes les tables vides. On ne passe pas des heures à chercher une table. Aucun boucan embarrassant qui te fait demander "QUOI ?" quand on te parle. Aucun surveillant qui te dit de te dépêcher de finir de bouffer parce qu'il faut que ça tourne.

 Non, là, c'est simplement désert.

 Bon sang, si seulement ça pouvait être une situation normale : une petite poignée de personnes, pour un lycée immense.

 J'aimerai vivre un jour dans un trou perdu quelque-part sur Terre, dans un endroit à la densité minimale et aux espaces immenses.

 J'aime les gens, j'aime autrui, mai j'aime être tranquille. J'aime être seul. J'aime être libre. J'accepte pourtant, bien sûr, d'aimer les autres. D'être avec eux. De me donner du bonheur grâce à eux. Et j'accepte aussi, malgré moi, d'être dégoûté par certains aspects que nous détenons également, que ce soit dans la queue de la cantine ou lorsque l'on entend parler du grand monde extérieur.
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