Vous savez ce qui m'arrive, parfois, quand j'écris sur mon blog ? Je n'ai pas d'exemples précis en tête... Quoique si, maintenant, par exemple. Mais bref. Parfois, soit je n'ai pas envie d'écrire sur mon blog parce que je n'ai pas la tête à ça, à cause d'une certaine chose très précise, soit j'écris sur mon blog à cause de cette chose, mais, comme c'est très personnel, je ne peux pas me permettre d'en parler ici, ce qui fait que j'écris une note parce que j'avais envie d'en écrire une autre. Hi hi. C'est paradoxal, hein? Oui, effectivement, c'est aussi très compliqué à comprendre...
Je crois que dans le cas ici présent, c'est un peu des deux.
C'est un peu des fois ça aussi quand j'écris des textes que j'improvise pas tant que ça, puisqu'ils peuvent métaphoriser une situation ou des événements personnels, que, évidemment, je ne vais pas expliquer...
Du coup, là, par exemple, j'ai bien envie de faire une petite note sur mon blog, mais je ne peux pas vous raconter mon gros problème de ces jours-ci, c'est trop personnel pour être publié sur internet. Et, du coup : que vais-je écrire?
Que vais-je écrire, cette fois?
Je n'ai pas envie d'écrire soudain sur un sujet auquel je ne pensais pas du tout un instant avant, en tout cas. J'ai l'impression d'être hypocrite quand je réfléchis sur un truc alors qu'au fond je n'y pense pas si souvent ou en tout cas ce n'est pas mon problème du moment.
Du coup, j'aurai plutôt envie de faire une impro littéraire. Ce serait plus ça, mon envie substitutionnelle (bah oui, puisqu'elle substitue ma véritable envie de traiter d'une certaine chose).
Eh, mais au fond, c'est intéressant, ça! Parler du fait de ne pas pouvoir parler d'une certaine chose dont on a envie de parler, mais parler quand même.
Héhé. Ça devient un peu compliqué.
Ouais, ça me donne envie d'improviser un truc, tout ça.
Oui...Ya plein de choses dont j'aimerai parler dans une grosse impro.
C'est l'histoire d'un créateur qui adore manger, mais il n'a pas toujours le temps. L'histoire d'un créateur qui attache trop d'importance à penser, qui attache trop d'importance à ses problèmes. C'est l'histoire de ce créateur qui réfléchit trop, qui cherche un sens à tout, tout en trouvant tout absurde.
Ce serait l'histoire d'une langue qui parle et qui parle, mais sa véritable envie n'est pas de gesticuler dans sa bouche, c'est de coller et d'enlacer un congénère, dans une autre bouche.
C'est deux personnes qui parlent et qui parlent et qui veulent s'embrasser.
C'est deux personnes qui ne parlent pas, qui ne parlent pas, ne parlent pas, et qui se demandent si l'autre veut vraiment faire sa connaissance.
C'est deux personnes qui ne se parlent pas et qui se regardent.
C'est l'histoire de deux yeux qui se croisent mais qui ne savent pas lire le langage des yeux.
C'est le créateur de tout à l'heure, qui vit, vit, vit, vit, et puis s'enferme dans une bulle, ne bouge plus, pense.
C'est l'histoire de ses pensées comme des vers sortant progressivement d'un cadavre. C'est l'histoire de ses pensées comme des feuilles qui poussent au printemps.
C'est l'histoire d'un petit bonhomme qui avance, avance, et qui tout en avançant, réfléchit aux raisons le poussant à avancer.
C'est l'histoire d'un autre petit bonhomme qui sait ce qu'il veut mais n'est pas courageux. C'est l'histoire d'un petit bonhomme qui attend. C'est l'histoire d'un bonhomme qui sait ce qu'il attend, mais qui aimerait bien passer son temps en attendant.
C'est l'histoire de deux êtres qui ne se lisent pas dans leurs têtes, qui ne savent pas ce que l'autre veut. C'est l'histoire de relations humaines trop compliquées. C'est l'histoire d'un vermicelle et d'un autre vermicelle, ils pataugent dans la soupe.
C'est l'histoire d'un ptit bonhomme qui tape son ordinateur à coups de doigts, qui le tape et défoule dans ses coups d'écriture tout ce qui fait que.
C'est l'histoire d'un chat qui passe sa journée à jouer, dormir, ronronner, embêter les gens, et qui ne pense pas à proprement parler.
C'est l'histoire d'un tit bonhomme qui a le désavantage de penser, ce qui bien sûr complique tout.