(note déclenchée par "The secrets of the night" par Tok tok tok, introuvable sur deezer)
Une chanson à la mélodie prenante, captivante, les mots s'enroulent autour de toi et tu t'en enchantes. Tu écoutes cette chanson et tu as l'impression qu'elle défie la mort.
Prince tourne un film du nom de Purple Rain, tu regardes la fin du film, tu vois Prince chanter et danser et se transformer en dieu vivant, tu te dis : cette scène restera gravée dans mon esprit et défie la mort.
Tu vois James Brown danser, faire des trucs que personnes ne peut faire, et tu te dis que cet homme mort a défié la mort de son vivant.
Tu t'entends chanter, t'emporter toi-même dans ta mélodie, tu sens tes mains frapper partout comme sur des percussions, tu sens ton corps qui danse et tombe en transe et sue et bouge sans s'arrêter, et tu te sens défier la mort.
Tu joues la scène du balcon de Cyrano de Bergerac en lisant le texte que tu n'as pas appris, et, pris dans la peau de l'amoureux transi, tu te sens défier la mort.
Tu vois ce comédien jouer ce quasi-monologue qui dure tout un acte d'une petite pièce de Tchekov, qui change sans cesse de ton, d'attitude, se déplace sur scène, change d'émotion, change de rythme dans ses phrases; qui ne récite pas son texte mais se laisse emporter par la puissante déferlante qui sort de sa bouche. Non seulement tu l'envies terriblement, mais tu as l'impression que cet homme défie la mort.
Tu vois Billy Elliot danser et exprimer sa rage avec ses pieds et son corps, tu l'entends dire que c'est "comme de l'éléctricité", tu revoies l'image finale du film où il reste figé dans les airs et rend le monde beau, tu te dis qu'il défie la mort.
Sentir son corps en vie, se sentir comme une boule d'énergie pure, figer un instant pour le rendre éternel, et défier la mort.