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"c'est alors qu'une chaise vivante arriva" :

bazar intérieur extériorisé ici-même, récréation intellectuelle, cabane virtuelle, laboratoire à tout, espace de jeux bien personnel

Délire | 11 décembre 2007

- Mais je n'ai RIEN à leur écrire ! cria-t-il désespérement.

- Comment ça ? Comment ça, t'as rien à leur écrire ? T'as FORCÉMENT quelque-chose à dire !...
-Beh... L'autre jour, j'avais bien une idée, mais... mon internet a buggé alors que j'étais encore en train d'écrire...

- AH ! Merde !

Un silence gêné tomba. Celui qui n'avait "rien à leur écrire" était un maigrelet torse nu et couvert de bleus, ligoté par un entremêlat confus de cordes collées autour de lui, assis sur une drôle de chaise, qui, à vrai dire, bougeait.

- Je crois que... Je crois que ça a servi à rien de le taper...

Le bourreau, une armoire à glace aux cheveux rasés, aux yeux enfoncés comme des racines sous terre, à une mâchoire si carrée que le bas de son visage ressemblait à la base d'un triangle, et à la moustache aussi touffue qu'un balai-brosse, jeta un regard noir et vif à la chaise qui venait de parler.

- Si... Si j'avais su, je l'aurais dit au boss, et... et on en serait pas arrivés là... Fallait le dire tout de suite... Ça change TOUT, si vous aviez essayé de faire une note...

Le maigrelet avait le visage baissé, ses cheveux longs couvraient son visage.

- Ça... Ça va ? demanda le bourreau.

Après un court silence, le maigrelet répondit simplement :

- Non...

Le bourreau se tordait les mains, fronçait ses sourcils.

La chaise demanda :

- Bon, et après, pourquoi t'écris pas de note ?

- Mais... Mais parce que j'ai rien à dire ces temps-ci, c'est tout! Rhôh, là, faut me lâcher les basques, c'est pas comme si mon blog était un journal intime ! J'écris quand j'ai envie d'écrire, ou quand j'ai quoique ce soit à dire et... et, voilà, c'est juste pas le cas en ce moment...

 

- Et ce court texte que tu as écrit avant de te coucher, hier soir, hein? Ça mérite pas d'être développé?

- J'en sais rien... Je m'en fous...

- Tu sais ce que je crois ? continua la chaise.

- Jsais pas... soupira le maigrelet. Ses bleus lui faisaient encore mal.

- Jcrois que t'as encore TOUT à dire, mais que tu ne peux pas penser à tout, et que tout n'est pas forcément utile à développer...

- Oui, sûrement...

- N'es-tu pas comme un cueilleur dans un champ? Regarde, tous les fruits que tu n'as pas ramassé...

- Je cueille, quand j'ai ENVIE de cueillir... Tous les fruits que j'amasse ne sont pas aussi bons les uns que les autres, en plus.

La chaise se tût enfin.

Comme s'il doutait que cela ait suffit, comme s'il s'était cru légèrement coupable, le maigrelet rajouta :

- Nan et puis j'ai quand même d'autres choses à faire ! J'ai d'autres choses à écrire, moi ! J'ai une nouvelle sur le feu, et puis cet énorme projet... En ce moment, je pense à alimenter un personnage auquel j'avais pas tant pensé, jusqu'à présent.

- Bon, bon.

Pendant ce temps-là, le bourreau s'était mis en tailleur dans un coin, écoutant la discussion de la chaise et du détenu.

- Non, et puis... Il faut vraiment que j'ai l'envie d'écrire, parce que... au fond... S'il n'y avait pas d'envie, je crois que ça ne me servirait à rien, tous ces textes... Ce n'est pas parce que je vais écrire un texte où je me questionne sur la vie, sur la vie par rapport à la mort, sur la mort, sur la notion d'ennui et de routine par rapport à la vie, sur la question du SENS et de la quête, sur la remise en question du matérialisme contemporain, que demain j'en serai plus épanoui... Peut-être qu'une note pareille, malgré toute la pertinence qu'elle pourrait avoir, ne servirait tout simplement à rien... Malgré toutes les pensées et les textes qu'on peut écrire, on reste les mêmes, et, après tout, ce n'est pas mal, je suis bien dans ma vie...

- Parce que tu voudrais écrire dans le sens d'une quête ?... demanda la chaise.

- Chais pas moi... Non, oui... Pas tout le temps...

Ils se tûrent.


Le rabougri finit par rompre le silence :

- Euh... Dites...

- Oui? fit la chaise.

- Est-ce que...Est-ce que euh... Est-ce que vous pourriez me libérer ?...

- Ah, oui, pardon...

Les cordes se défirent alors comme des serpents tombant d'un arbre.

- Je peux... Je peux partir ? demanda encore le détenu.

- Oui, oui...

Le maigrelet fila vers la sortie, ouvrit la poignée de la porte, puis, avant d'ouvrir, précisa :

- Vous inquiétez pas, hein... Quand j'ai envie d'écrire, j'écris...

Puis, il sortit et referma la porte derrière lui.

Publié par boiseime à 20:44:43 dans textes | Commentaires (5) |

Courte note contemplative sur la fatigue, le soir, puis sur le froid et la brume. | 03 décembre 2007

Tu t'allonges sur ton lit, éteins la lumière, enfonce ton visage dans ta couverture bleue; tes yeux éclatés se reposent, clos, tandis que tes oreilles (et ton esprit) se détentent avec Pauline Croze.

 

Tu

   lâches

           prise

                    .

Tu te dis que tu aimes ça.

Fermer tes yeux, te blottir dans ton lit, et réduire ce monde immense  et si complexe, à ton lit, ta couverture, et toi, dans le noir du laisser-aller.

Tu aimes aussi quand il est très tard, que tes yeux sont plus explosés que jamais, que tes idées deviennent plus au moins immatérielles et brumeuses, qu'il s'agit de te coucher, que tu restes à la lumière de l'écran de l'ordinateur, à te tâter pour une note sur ton blog.

Cette ambiance du très tard. Des lumières artificielles et tamisées. Tu sais que  tu vas bientôt finir par te coucher, et tu aimes cette idée. Tu aimes cette ambiance à l'intérieur même de ton corps, où tout ce qui te compose t'implore un break.

Et ton corps fatigué, qui lâche peu à peu prise, et finit par effectivement, aller se coucher.

Ce lâcher-prise. Ce laisser-aller. Abandonner le monde, les problèmes, les histoires compliquées et les idées chiantes, pour ton lit et des rêves que tu oublieras déjà demain matin.

 

Complètement autre chose.

Tu sors de l'art plat, sors sous le préau. Tout de suite, il fait froid. Il fait froid, ton corps réagit et rougit, du visage aux mains, ta peau sent l'air la frapper de plein fouet, et, surtout, devant, dans la cour; tout est blanc sous la brume.

C'est magnifique, et tu te croirais dans Calvin et Hobbes.

 

Écrit le 29 Novembre sur du papier, l'ordi n'était pas dispo.

 

Publié par boiseime à 21:03:51 dans textes | Commentaires (0) |

Tarzan comme métaphore du créateur (bon en fait la comparaison dure une seule phrase, ce qui n'est pas très représentatif de la note, mais bon, ça sonne tellement drôle | 28 novembre 2007

Je n'ai rien à dire, rien à révéler, rien à délivrer, juste envie d'écrire. Ma soeur me demande de l'aide pour ses mots croisés, mais je ne vois pas quel est le mot pour "son perçant". Lorsque j'aurai fini cette note, je regarderai sûrement quelques that's seventy show avec elle, en mangeant des cookies trempés dans du jus de fruits. J'ai bien mon expo de philo à préparer, mais il faut juste, en gros, que je finisse son bouquin chelou, et puis je ne pense pas qu'il nous fera passer demain. C'est très drôle, ce qui m'arrive avec mon prof de philo. Depuis qu'on a commencé la conscience, il nous fait enfin véritablement cours, ça fait du bien, et à la fois, c'est un peu déstabilisant, on n'est pas vraiment habitués. Aujourd'hui, on a fait en une heure ce qu'on aurait fait autrement en deux. D'habitude, il ne se passe pas deux heures sans qu'il nous parle de l'homéopathie, d'Apocalypto de Mel Gibson ou de je sais pas quoi d'autre. Le problème, c'est aussi que les élèves s'étaient prêté au jeu, et vas-y que machin raconte que sa mère il lui arrivé ça, et bidule qui parle de ci... Et, bien sûr, le prof de philo ne les arrêtaient pas : le cours s'était transformé en salon de thé. Oh, et puis, les élèves qui chipotent pour un rien, et qui débatent de la ptite bête alors que ça sert à rien! Bref, jusqu'à présent, j'avais du mal en philo, mais, je vous dis, depuis qu'on commence la conscience, mon prof de philo est véritablement devneu un prof de philo... Ce matin, pas UNE SEULE digression sans aucun rapport de toute l'heure... c'est véritablement formidable!
Hmm. Bref. Oh. Radio néo passe un reprise de "Putain de toi" de Brassens par Olivia Ruiz. Bref. J'ai envie d'écrire pour écrire, et d'écrire comme je peindrais. Oh. Je viens de réaliser quelquechose. J'allais dire "écrire comme je peindrais de l'abstrait". Mais quand j'écris, ce n'est jamais abstrait. C'est très souvent à tendance absurde, mais pas abstrait. En fait, pour de vrai, de l'écriture abstraite ce serait ça :
Gnabouloujkaramouchki, blastuff, jdanofff, jdaaaaanamoulichka
Ça, ça c'est de l'écriture abstraite.
Mais quand j'écris des trucs bizarres, du genre "un poil sortit du nez de l'oreille de la reine d'Angleterre des reinettes à pois", c'est pas abstrait, c'est absurde. Ou surréalite, au choix.
Donc, j'ai envie d'écrire de manière absurde et surréaliste, parce que j'ai juste envie d'écrire, sans autre désir d'exprimer quoique ce soit de spécial derrière la tête, et que ce genre d'écriture correpond alors très bien je trouve.
Dix mille idées qui existent, j'en empoigne une.
Dix mille? Non. Des idées, il y en a une quantité incommensurablissime. Mais je n'en empoigne qu'une.
L'idée. L'idée est un phénomène de l'esprit, c'est une réaction par rapport à quelquechose qui vous triture le cerveau. Quelque chose qui vous triture le cerveau est donné par une pensée spontanée et bizarre de votre part, mais plus souvent par un événement qui vous arrive (à vous ou à vos oreilles (la vie secrète des oreilles est palpitante, mais c'est peu connu)). Et puis parfois, d'une idée, on en arrive bizarrement à une autre.
Parce que les idées, c'est des lianes dans la jungle. À force d'avancer, on finit par apercevoir une liane, on s'y accroche, on l'agrippe, on la monte, et puis on voit une autre liane, et là, on joue à Tarzan. Tarzan comme métaphore du créateur. Hum. Bref. Oui, c'est d'ailleurs intéressant à noter, ça : être curieux, c'est important pour avoir des idées. J'ai dit que les idées sont, en gros, des réactions par rapport à des événements. Mais, des événements, ça peut être une bédé, un film, un livre, des magazines : un dossier sur le Japon moderne dans le dernier géo, un article sur les nouveaux solitaires assumés dans le Monde 2, une interview d'un spécialiste des arbres dans le même magazine, un article sur l'intelligence animale dans le nouvel obs, un numéro entier dédié à la littérature indienne dans le magazine Lire; ou encore la télé : une théma sur le vampire sur Arte, avec un document sur Bela Lugosi, une théma sur Gustave Courbet, un mois spécial Kubrick, grâce à quoi vous voyez Full metal Jacket et Docteur Folamour, l'émission géo en général, toujours sur arte (c'est le samedi soir, non ? ça dure une demi-heure et le comédien qui commente le docu est la voix française d'Alan Rickman, vous savez, celui qui joue Severus Rogue dans les films d'Harry Potter (oui d'ailleurs du coup, quand je regarde cette émission, j'ai toujours l'impression que c'est Severus Rogue en personne qui me parle, par exemple, de l'entretien des transsibériens en Russie, ça fait assez drôle je dois dire...)), des docu qui vous ont marqué, comme ce documentaire sur un vieillard de 90 dix ans qui réalise enfin son rêve de voyager au Maghreb, accompagné par son petit-fils réalisateur qui le filme, ce docu sur ce violoniste extraordinaire qui voyage, joue de la guigne à la texane, du classique à l'européenne, et du violon à la manière indienne, bref, cet énorme passionné qui, pourtant, jeune étudiant en musique, s'était volontairement mis le pouce dans une porte avant de la fermer pour éviter de passer un examen pour son jeu de violon, tellement il était dégoûté de son fameux instrument, à cause de ces fameuses études; ou encore, ce documentaire sur ce violoncelliste russe et anti-communiste, qui avait dû partir de Russie, s'exilant, et qui était incroyablement reconnu, mais j'ai oublié son nom.
Eh bien, voilà, pour avoir des idées, il faut ça, il faut être curieux, il faut pouvoir énumérer autant que ce que j'ai énuméré, mais aussi et surtout, observer tout autour de soi, regarder, y repenser, tracer des mots là-dessus, y réfléchir.
Avoir de l'imagination, c'est finalement avoir des idées. Et c'est bien connu : quelqu'un qui imagine, quoique ce soit, n'invente rien. Il recrée. Il réinvente. Il casse, brise, reconstruit autrement le monde. Mais il n'invente pas. On n'imaginera jamais un animal qui n'aura strictement aucun lien avec ce qu'on a déjà pu voir, et on ne peut imaginer des couleurs que l'on a pas vu.
Je trouve ça fascinant de penser à la quantité incroyable de choses passionnantes à propos desquelles je pourrais penser lorsque j'attends quelquechose, je ne sais pas, quand je m'ennuie. Et pourtant, mon esprit tourne souvent autour de lui-même, il trace simplement un sillon, tourne autour d'un ou de plusieurs pot(s), parce que voilà, les idées sont aussi nombreuses que les étoiles d'un ciel, mais il est difficile de toucher les étoiles.
 
{Edit fait juste après publication : c'est drôle, je comptais écrire un truc absurde, et finalement, j'ai gratté une petite réflexion... Comme quoi, j'aime diriger mon blog de manière très spontanée et intuitive.}
 
2° édit : pourquoi le texte s'est réduit en largeur? C'est seulement moi ou tous les blogs? 
3° edit : en fin de compte, avoir des idées, c'est digérer celles des autres. Bon, ça fait une jolie phrase, mais ça pas vrai parce que c'est pas que ça, il ne s'agit pas que d'idées d'autrui, c'est plutôt simplement des faits. Enfin c'est quand même pas faux, c'est juste pas complet. Et puis ça reste un joli aphorisme je trouve.

Publié par boiseime à 19:52:11 dans textes | Commentaires (4) |

Hi hi… Texte bien bordélique, comme j'adore en faire de temps à autre. | 20 novembre 2007

Vous savez ce qui m'arrive, parfois, quand j'écris sur mon blog ? Je n'ai pas d'exemples précis en tête... Quoique si, maintenant, par exemple. Mais bref. Parfois, soit je n'ai pas envie d'écrire sur mon blog parce que je n'ai pas la tête à ça, à cause d'une certaine chose très précise, soit j'écris sur mon blog à cause de cette chose, mais, comme c'est très personnel, je ne peux pas me permettre d'en parler ici, ce qui fait que j'écris une note parce que j'avais envie d'en écrire une autre. Hi hi. C'est paradoxal, hein? Oui, effectivement, c'est aussi très compliqué à comprendre...

Je crois que dans le cas ici présent, c'est un peu des deux.

C'est un peu des fois ça aussi quand j'écris des textes que j'improvise pas tant que ça, puisqu'ils peuvent métaphoriser une situation ou des événements personnels, que, évidemment, je ne vais pas expliquer...

Du coup, là, par exemple, j'ai bien envie de faire une petite note sur mon blog, mais je ne peux pas vous raconter mon gros problème de ces jours-ci, c'est trop personnel pour être publié sur internet. Et, du coup : que vais-je écrire?

Que vais-je écrire, cette fois?

Je n'ai pas envie d'écrire soudain sur un sujet auquel je ne pensais pas du tout un instant avant, en tout cas. J'ai l'impression d'être hypocrite quand je réfléchis sur un truc alors qu'au fond je n'y pense pas si souvent ou en tout cas ce n'est pas mon problème du moment.

Du coup, j'aurai plutôt envie de faire une impro littéraire. Ce serait plus ça, mon envie substitutionnelle (bah oui, puisqu'elle substitue ma véritable envie de traiter d'une certaine chose).

 

Eh, mais au fond, c'est intéressant, ça! Parler du fait de ne pas pouvoir parler d'une certaine chose — dont on a envie de parler, mais parler quand même.

Héhé. Ça devient un peu compliqué.

Ouais, ça me donne envie d'improviser un truc, tout ça.

Oui...Ya plein de choses dont j'aimerai parler dans une grosse impro.

C'est l'histoire d'un créateur qui adore manger, mais il n'a pas toujours le temps. L'histoire d'un créateur qui attache trop d'importance à penser, qui attache trop d'importance à ses problèmes. C'est l'histoire de ce créateur qui réfléchit trop, qui cherche un sens à tout, tout en trouvant tout absurde.

Ce serait l'histoire d'une langue qui parle et qui parle, mais sa véritable envie n'est pas de gesticuler dans sa bouche, c'est de coller et d'enlacer un congénère, dans une autre bouche.

C'est deux personnes qui parlent et qui parlent et qui veulent s'embrasser.

C'est deux personnes qui ne parlent pas, qui ne parlent pas, ne parlent pas, et qui se demandent si l'autre veut vraiment faire sa connaissance.

C'est deux personnes qui ne se parlent pas et qui se regardent.

C'est l'histoire de deux yeux qui se croisent mais qui ne savent pas lire le langage des yeux.

C'est le créateur de tout à l'heure, qui vit, vit, vit, vit, et puis s'enferme dans une bulle, ne bouge plus, pense.

C'est l'histoire de ses pensées comme des vers sortant progressivement d'un cadavre. C'est l'histoire de ses pensées comme des feuilles qui poussent au printemps.

C'est l'histoire d'un petit bonhomme qui avance, avance, et qui tout en avançant, réfléchit aux raisons le poussant à avancer.

C'est l'histoire d'un autre petit bonhomme qui sait ce qu'il veut mais n'est pas courageux. C'est l'histoire d'un petit bonhomme qui attend. C'est l'histoire d'un bonhomme qui sait ce qu'il attend, mais qui aimerait bien passer son temps en attendant.

C'est l'histoire de deux êtres qui ne se lisent pas dans leurs têtes, qui ne savent pas ce que l'autre veut. C'est l'histoire de relations humaines trop compliquées. C'est l'histoire d'un vermicelle et d'un autre vermicelle, ils pataugent dans la soupe.

C'est l'histoire d'un ptit bonhomme qui tape son ordinateur à coups de doigts, qui le tape et défoule dans ses coups d'écriture tout ce qui fait que.

C'est l'histoire d'un chat qui passe sa journée à jouer, dormir, ronronner, embêter les gens, et qui ne pense pas à proprement parler.

C'est l'histoire d'un tit bonhomme qui a le désavantage de penser, ce qui bien sûr complique tout.

Publié par boiseime à 17:28:59 dans textes | Commentaires (8) |

Texte mi-vers libres mi-prose sur Le TGV ('tain si j'étais réalisateur de pubs j'adorerai en faire pour la sncf jcrois…) | 06 novembre 2007

La gare comme un énorme rectangle. Les trains comme des pattes. Le tout comme un crabe  immobile.
Les TGV.
Les pattes qui s'arrachent du corps.
Arrivée à Rennes à 20h12.
La patte qui s'arrache lentement. Le train qui démarre. Qui s'accélère. Le décor vu de la fenêtre. Verdure et vaches.
Décollage opéré. Fusée lancée. L'espace intersidéral.
Les gens qui regardent dehors. Les gens qui lisent. Les gens qui travaillent sur leur ordinateur portable.  
Les mères et leurs bébés. Les couples. Les vieux, les vieilles, les jeunes, les enfants.
Les lunettes. Les barbes. Les cheveux longs et courts.
Ceux qui partent, ceux qui reviennent.
Les gros bagages et  les petits.
Le décor qui défile et le train qui passe.
L'adolescente avachie contre la fenêtre, le poing ancré sous sa joue, les yeux vers le ciel, le visage éclairé par le soleil.
La lectrice sexagénaire, sourcils froncés, yeux baissés sur le livre, elle lèche son index et tourne la page.
L'enfant qui dessine une princesse au feutre vert sur la feuille blanche donnée par maman.
Le train qui défile dans le décor. Le décor qui défile dans la fenêtre.
Arrivée au Mans.
Ceux qui partent et ceux qui restent.
La patte de crabe qui s'arrache encore vers un autre ailleurs.
Les habitués du TGV. Ceux qui ne le prennent jamais.
Celle qui y va pour le baptême de sa soeur. Le couple qui va passer ses vacances en Bretagne. La petite famille, parents et enfants, qui vont voir les grands-parents. Les grands-parents et petits-enfants qui rentrent chez papa maman. Celui qui va retrouver sa petite amie.
Combien de passagers?
Vue aérienne. Un ange qui mate le train comme une vache. Il voit le dessus du TGV. Ralenti. Comme il défile. Les rails qu'on voit avancer, mais le train va plus vite. D'au-dessus, c'est une grande roue dont on ne voit qu'un rectangle tourner.
Changement de plan. Plan d'intérieur. Vue aérienne sur les passagers plantés-là. Les rangées de deux qui défilent. Le couple, puis les lecteurs, puis suivent ceux qui écoutent de la musique. Puis le carré au milieu du wagon, avec la petite famille.
Arrivée en gare de Rennes dans quelques minutes. Les gens qui lèvent la tête pour écouter l'information. Le vieillard qui appuie le doigt sur son sonotone.
Une patte de crabe arrachée qui repasse à l'envers : l'enfant la rentre dans le corps orange.
Le train qui ralentit. La fusée qui va débarquer sur la Lune.  
Opération délicate. Freinage. Freinage. À l'intérieur, les gens debout et en file, bagages à la main.
Les valises à roulettes qui s'additionnent.
Le train qui s'arrête. Se colle dans la gare. La patte de crabe remise.
 
Le crabe immobile. Ses pattes qui s'arrachent et voyagent à la manière de serpents rectilignes. Une plage. Des dizaines de crabes sans pattes. Des centaines de pattes de crabes dans tous les sens, comme des serpents rectilignes, allant d'un crabe à un autre.
 
Les gens qui attendent pour sortir. La file qui s'écoule. Les chaussures descendant le marche-pied.
Les gens sur le quai. Les gens dans le train et ceux du quai, qui se retrouvent et s'embrassent. Tout le monde repart doucement.
La patte de crabe s'évide. C'est le terminus.

Publié par boiseime à 12:49:13 dans textes | Commentaires (0) |

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Présentation



Adolescent de sexe masculin, j'ai eu 18 ans le 6 Juin. Le reste est dit dans mon blog, qui peut peut-être être considéré comme une grande rubrique "moi"...

J'en sais rien. Je m'en fous. Je vais vous laisser lire mon blog et puis voilà.

Bonne lecture.

Ah non, attendez...
Tant que j'y suis, autant présenter mon blog aussi. "C'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est une ombre dont le soleil est mon esprit fertile, c'est le reflet de ma personnalité et des méandres de ma personne, "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est des textes absolument relatifs à TOUT et à RIEN; c'est des notes sans le moindre intérêt, des notes curieuses et expérimentales, des notes profondes et denses (sans prétention aucune...), c'est des dessins, plein de portraits, parfois j'essaie de changer; c'est aussi des choses tout à fait inclassables, dans la catégorie "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", où mes notes y mélangent dessin, photographie et textes de deux lignes seulement.

Mon blog, c'est mon point de vue humain, mes réflexions à deux balles, mes vagabondages littéraires qui ne m'amènent nulle part, c'est ma merde et c'est aussi un moyen de diffuser mes travaux, c'est une cabane virtuelle où je peux toujours m'occuper, c'est un abri, c'est un refuge où s'accueille et se recueille mon cerveau fatigué ou hyperactif, selon les moments, c'est un espace de jeux bien à moi, et puis surtout, c'est un énorme bazar.

 

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