Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

"c'est alors qu'une chaise vivante arriva" :

bazar intérieur extériorisé ici-même, récréation intellectuelle, cabane virtuelle, laboratoire à tout, espace de jeux bien personnel

Tableau (inspiré par Dance me to the end of love par madeleine peyroux) | 06 août 2008

J'adore cette chanson. Dance me to the end of love.

Une petite lampe illuminant la feuille, l'écrivaillon noircit.

Il joue avec les mots et jongle avec leur sens.

Il écoute Dance me to the end of love.

C'est la pleine nuit et il ne dort pas.

Il ne dort pas mais il rêve. Il décroche de la réalité et se laisse emporter dans ses mots, ce cheminement de mots où il marche et qu'il prolonge pour pouvoir continuer de marcher et de rêver. Il écrit pour marcher sur ses mots et ainsi partir le plus loin possible.


Tandis qu'il marche sur les mots ses yeux lui piquent. Ses yeux qui piquent regardent les mots qu'il écrit. Les mots écrits sous le scritch du crayon. C'est tout ce qu'on entend : Dance me..., et le scritch, scritch scritch scritch, scritch...

Il marche ainsi sur ses mots bâtis par le scritch du crayon.

C' est un vieillard tout ridé tout laid. Il a peur de mourir et peur de n'avoir personne pour le pleurer. Alors il écrit. Ses mots sur lesquels il marche pour aller loin sont aussi une musique; une musique des mots triste et belle, une musique mélancolique. Une musique qui lui permet de rêver sans dormir car peur de dormir car peur de mourir. Une musique des mots accueillante et chaude, des mots qui incarnent un abri immatériel, soit un endroit où il pleure; et l'écrivaillon pleure dans son refuge des larmes qui sont des mots, des larmes chargées de beauté et de sens, des larmes étant une expression des sentiments et de la beauté indispensable.

Le vieillard écrivaillon pleure des mots sur lesquels il marche pour aller rêver là où il ne pleurera plus.

Dans le noir de la nuit, sous la lumière de la lampe, sous la musique, sous le bruit de son crayon, il écrit des larmes, il écrit un chemin l'emportant loin.

Publié par boiseime à 02:15:08 dans textes | Commentaires (0) |

Autour de la communication, et plus spécifiquemment de la PARLOTTE | 04 août 2008

Me revoilà !...

Je débarque à peine. Je n'ai pas eu le temps de faire trop le tour des blogs et d'autres choses. Demain, jvais sûrement passer pas mal de temps sur le net... Et, pourtant, j'aurais d'autres choses à faire.

Bon. Que vais-je vous écrire ? Je n'ai pas envie de vous parler de mon séjour. Ce qui est drôle dans un blog, en tout cas dans le mien, c'est ce côté jraconte cque je veux quand je veux sans qu'on me demande rien. Parce que moi je suis pas trop comme ça. C'est quelquechose que je trouve assez fascinant chez d'assez nombreuses personnes : vous ne disiez rien, et, d'un coup, ils vous racontent un truc qui leur est arrivé la veille. Avec les amis on s'habitue, mais, une fois, ça m'a particulièrement marqué, parce que ce n'était pas une amie mais une connaissance et que je ne lui parlai pas beaucoup. On était en salle d'arts plats, elle m'interpelle, ou bien j'étais à côté d'elle je sais plus, et sans que je lui ai rien demandé ni que rien de spécial se soit passé, elle commence à me raconter sa vie... Je l'écoutai, mais en même temps, je me disais : mais, comment elle fait ?!

Il n'y a que sur mon blog que je parle vraiment de tout ce qui me passe par la tête. Ou alors, de temps en temps, je raconte ma vie à ma soeur que je soûle très vite. Tiens, c'est une bonne idée, aujourd'hui je vais vous parler de communication entre individus. Bref, jcontinue. Ma soeur doit être la seule personne que je soûle. Enfin j'espère !... Avec elle, je suis bavard. Cependant, dès lors qu'on est un certain nombre autour de la table, je ne trouve jamais mon mot à dire. Les gens parlent, je connecte ça avec quelque-chose, je voudrais parler, et puis... pas moyen, on ne m'écoute pas. Ça m'embête aujourd'hui, mais autrefois c'est ma soeur (toujours la même) que ça a traumatisé. Avec mes deux grandes soeurs qui étaient des pipelettes, quand j'étais petit, c'était elles qui parlaient beaucoup et puis moi jparlais assez peu. Mais du coup il y a eu beaucoup d'adultes qui ont blâmé mes soeurs (dont l'une que ça a marqué) de ne pas me laisser suffisamment parler. Ça l'a marqué parce que du coup c'est elle qu'on coupait quand jvoulais parler, et c'est elle qu'on disputait quand elle, me coupait alors que je parlais.  C'est clair cette dernière phrase ?...

Et c'est vrai que j'étais pas bavard comme petit garçon. J'ai un souvenir assez éloquent à ce propos, datant du CE1...  En classe, on m'avait appris à ne pas couper la parole. Et, lors d'une récréation, je souhaitai demander quelque-chose à mon institutrice, cependant, elle était en pleine conversation avec une autre institutrice. Si je leur adressai la parole, je les coupai; or, on m'avait appris à ne pas le faire. J'ai donc attendu toute la récréation sans pouvoir attirer leur attention, soit : elles ont bavardé toute la récré sans voir que j'étais là.

Par ailleurs, j'ai commencé à parler tard, mais ma mère est incapable de me fixer un âge exact.

Depuis, à part avec certaines personnes à qui je peux parler beaucoup comme ma soeur que je soûle, je n'ai jamais été d'une grande éloquence. Et j'en reviens au début : comme je ne suis pas très éloquent, je suis fasciné par les gens qui racontent un truc sans lien logique avec un élément précédent. Je suis avec des amies, on parle pas, puis l'une pense à un truc qui vient de lui arriver et nous le raconte. Je trouve ça drôle, parce que moi, je ne pourrai jamais faire ça. Pour moi, ce serait comme... rire alors que personne n'a raconté de blague ! Pour que je raconte quelque-chose, il faudrait que quelqu'un ait dit quelque-chose qui m'y fasse penser. C'est ainsi que j'ai mis beaucoup de temps à révéler à ma famille que j'étais délégué de ma classe, ou que mes meilleures amies ne savent pas (à moins qu'elles lisent ces lignes) que ma chatte (enfin celle de ma soeur) a eu récemment une portée de quatre chatons, tous donnés depuis. Alors que je passai mes journées collé avec elles, je ne leur ait jamais dit que j'avais des chatons chez moi.  C'est amusant...

Et c'est surement pour ça, que j'aime beaucoup écrire, et que j'écris souvent beaucoup... Comme je parle peu, je compense en écrivant beaucoup, autour de tout et de rien. 

Puisque j'ai dit que je parlerai de communication, je vais continuer sur la ligne de la parlotte. Je parle peu et j'écris beaucoup, mais je connais beaucoup de gens qui, eux, parlent beaucoup. Si, encore une fois, je soûle ma soeur, je suis pourtant un auditeur presque professionnel. C'est fou le nombre de personnes avec qui le temps se résume à les écouter. Les gens parlent, parlent, parlent, je les écoute. Parfois, heureusement, ils ont du talent, j'ai comme ça une amie bavarde mais qui raconte très bien les choses, avec beaucoup d'humour, ce qui fait qu'elle peut se révéler passionnante, et que notre effort d'écoute se voit récompensé. Ma grand-mère paternelle est comme ça aussi. Mais il y a d'autres personnes... Le pire, c'est ma grand-mère, l'autre. Contrairement à la paternelle, elle est négativement bavarde. Le point positif, c'est qu'elle m'endurcit : après elle, je peux écouter n'importe qui avec une grande assiduité et sans m'ennuyer. J'écris ça parce que je ne pense pas que ma grand-mère lira mon blog un jour. Je l'aime énormément. C'est une personne vraiment unique, qui a une personnalité extrêmement originale, une vie, également, originale, elle sort totalement de l'ordinaire et j'aime les gens qui sortent de l'ordinaire; je suis très fier d'elle, je pense qu'elle a eu une influence très importante sur la construction de mon identité. Ayala (car c'est son nom), c'est une grand-mère qui qui peut se faire un nouvel ami sous la douche de la piscine, qui a plein d'amis homosexuels, et qui rompt avec l'un d'eux en lui déclarant qu'elle veut faire l'amour avec (c'est machiavélique, non ? c'est également très drôle à raconter). Elle est aussi une artiste plus au moins amateur, disons que dans sa période céramique elle aurait vraiment pu acquérir en reconnaissance...  En tout cas, elle a l'Art dans la peau et sans elle je ne sais pas si j'aurai eu la même passion pour les arts plastiques. Malgré tous ces points qui font que je l'aime, elle est, je dois le dire, incroyablement soûlante. Lorsque elle vous parle durant plusieurs heures au téléphone en vous donnant des leçons de vie et en vous racontant sa vie en détails, avec un accent israëlien et un français souvent approximatif (bien que ça fasse soixante ans qu'elle ait immigré, mais bon), je vous jure que c'est très difficile de tenir... Et pourtant, elle y met beaucoup de bonne volonté et espère vraiment que je retire quelque-chose des choses qu'elle peut me dire, mais ce n'est pas de ma faute si elle me ressasse à chaque fois les même idées... Malgré tout, j'abuse, des fois elle mes raconte des choses intéressantes.


Bref, tout ça si bien que j'aimerai beaucoup un jour écrire une nouvelle ou faire un court-métrage avec un personnage principal qui se retrouve, comme ça, à tout le temps écouter les gens...

En tout cas, voilà : du coup, moi, c'est en écrivant que je raconte ma vie. Peut-être que ma vocation de raconteur d'histoires tient à ça, au fait que mes propres histoires j'ai besoin de les écrire pour les raconter... J'écoute les gens, mais quand j'écris, c'est mon tour. Car lorsqu'il s'agit de blablatage oral, moi, quand j'essaie de raconter des trucs, je n'ai jamais la même aisance que les gens bavards... Discuter simplement, il n'y a pas de soucis, mais si je dois résumer un truc qui m'est arrivé, raconter l'histoire d'un bouquin ou je sais pas quoi, j'ai énormément de mal et deviens rapidement assez confus; ma prof d'arts plats m'a d'ailleurs souvent charrié à cause de ça, elle trouve que je bafouille beaucoup et en a beaucoup joué. Par ailleurs, en cours, j'ai toujours extrêmement peu participé, et même quand il y a des choses que je comprends mal, je ne pose pas de questions. Tout-à-l'heure, je disais que ma soeur était la seule personne que je devais soûler, mais en fait, voilà : sans être très bavard, je soûle surement plein de gens en essayant confusément d'exprimer certaines idées ou de raconter une certaine chose...

Je dis "je compense dans l'écriture", mais maintenant que j'y pense c'est peut-être plus au moins à cause de ça que je crée ou que je veux créer en règles générales. Je ne dirais pas ça pour la photo, mais mon besoin de m'exprimer se révèle certainement non seulement dans l'écriture, mais aussi dans le dessin, le théâtre etc (etc ou pas d'ailleurs).

C'est amusant parce que dans les travaux aboutis de mon dossier d'arts plastiques j'avais justement fait un travail autour du bafouillage, de la difficulté à s'exprimer.

En fait, c'est un des trucs qui m'amuse beaucoup, chez moi : paradoxalement, je suis à la fois très introverti et très extraverti... Je suis un petit peu secret, mais je suis assez populaire au lycée et connais plein de gens. Vraiment, drôle de paradoxe...

Bon, je dis tout ça, mais ne vous faites pas d'idées : je ne suis pas un pauvre autiste bègue qui met plusieurs minutes à déterminer chaque mot de chacune de ses phrases... J'exagère probablement dans ce que je peux avoir écrit ce soir. Je sais parler.

Bon, je crois pas que cet article soit particulièrement passionnant, mais je pense que c'est pas mal de parler comme ça de blablatage, c'est un thème qui m'est assez cher depuis quelques temps.

Bon, après, je ne parle bien sûr pas du fait que, selon qu'on soit à l'aise ou non avec une personne, on va plus au moins lui parler... Il y a tout de même des gens avec qui je parle peu et d'autres beaucoup. 

 


Publié par boiseime à 00:43:49 dans textes | Commentaires (3) |

J'aimerai être inspiré | 16 juillet 2008

Je crois que j'ai perdu un peu mes plus vieilles habitudes. Il y a un moment, je me posais devant mon ordi, j'allais sur l'administration de mon blog, je ne réfléchissais pas trop, et j'écrivai, quitte à écrire n'importe quoi. Quitte à me raconter un tout petit peu. Mais depuis quelques temps j'attends d'avoir des idées pour faire des notes. Peut-être que je devrais réessayer de, simplement, me poser devant mon clavier et raconter ce qui me passe par la tête.

 Bon, alors je vais essayer. Voilà : avant-hier soir, j'ai regardé un concert-hommage à Léonard Cohen. Hier soir, j'ai regardé No direction Home, un documentaire de Martin Scorsese sur Bob Dylan. Ces deux hommes ont la chance d'être des hommes inspirés. Ils ont  fait des chansons géniales qui sont restées dans les mémoires, que j'adore même sans comprendre exactement les paroles, alors même que ce sont des auteurs immenses grâce à leurs textes. Ces deux types ne sont pas seulement des auteurs-compositeurs-interprètes, ce sont surtout des AUTEURS, des POÈTES; et ça m'impressionne énormément. J'aimerai terriblement être un type inspiré et écrire des textes tout à fait géniaux qui seraient étudiés dans les écoles et toucheraient les gens en plein coeur. Avant-hier soir, j'ai écrit un texte merdique où je disais que je ne serais jamais ni untel, ni untel, ni untel; mais peut-être j'arriverai au moins à devenir Florian Duchesne. 

 En tout cas, je ne serais jamais Bob Dylan ou Léonard Cohen. Ces types ont un génie qui leur parle, c'est pas possible. C'est sûrement bête de ma part de les envier. Je ne sais pas pourquoi je voudrai être génial. Je veux dire, tout le monde aimerait bien avoir du génie, enfin je suppose, mais pourquoi exactement ? Tout ce que ça fait, c'est donner la grosse tête, c'est pas intéressant. Mais hier soir, vers deux heures du mat', j'ai écrit un texte autour de ce que je ressens en voyant ces types, ces géants, comment est-ce que je les ressens lorsque après les avoir vus je me vois moi, je me voudrais moi.  Je vous le tape, mais je vais peut-être le réécrire un peu en même temps parce que j'ai eu des idées :

"Je suis petit et sans talent.

Pourtant, je veux être inspiré.

Je voudrais être atteint par le génie des muses.

Je suis petit et sans talent, mais je rêve que ma bouche accueille des mots qui seraient des flèches se plantant au coeur de ceux qui m'écoutent.

Je voudrais que mes doigts manipulent le crayon pour former des lignes qui seraient respectées et admirées.

Je voudrais être moi, plus un génie. Je voudrais qu'une muse m'accompagne jour et nuit.

Je suis petit et sans talent, mais je rêve de créer sans arrêt. Créer sans arrêt. Créer sans arrêt. Je rêve d'être inspiré, de toujours trouver des mots, de toujours toucher, de toujours créer.

Je voudrais écrire des lignes qui aient la beauté de la vérité, qui aient l'aura de la beauté.

Je suis petit et sans talent, mais je voudrais pourtant créer et créer, et que ce que je crée me grandisse, m'accroisse, me nourrisse, m'épanouisse. 

Je veux devenir grand et créer moi-même le haricot magique qui m'emmènera en haut.

Je suis petit et sans talent, mais ma muse m'aidera. Je veux ma muse. Je veux l'appeler. Je veux tressaillir à force d'écrire. Je veux l'inspiration religieuse en écrivant profane. Je veux me sentir vivant par ce que je crée. Je veux voir ma muse, l'admirer, la frôler puis la toucher, puis survivre de l'avoir touché. Puis la caresser, caresser son corps, sa peau d'idées, ses cheveux oniriques, ses yeux d'idéaux, tenir ses mains abstraites; puis devenir vrai et beau de par ce qu'elle m'apporte." 

C'est tout de même impressionnant, les génies. Je sais que je serai jamais génial, mais n'empêche que j'aime bien écrire.

Publié par boiseime à 16:10:32 dans textes | Commentaires (0) |

Doux rêveur | 08 juillet 2008

Je n'ai strictement rien à vous écrire en ce moment, rien qui ne s'adresse à mon blog, aucune idée, et à partir de cette situation, je me retrouve à voir mon blog, chaque jour, rester immobile, stoïque, figé, et je me dis que c'est chiant, qu'il faut que je me booste la tête, que je raconte des trucs... C'est ça qu'est chiant avec les blogs : si d'autres supports sont longs et fastidieux à construire, mettons des bouquins, eh bien au moins, ils se terminent un jour... Un blog, lui, n'est pas fait pour rester figé. Il faut lui tenir la main, et puisque nous sommes leur cerveau, il nous faut même leur commander la marche. Mais cet ordre n'est pas simple. Il faut envoyer des nerfs machins-truc vers le corps, tout ça. C'est très considérable. C'est un effort, c'est une action, et surtout, c'est constant, c'est un ordre qui ne s'arrête pas. Alors, voilà. Je suis un cerveau qui commande un blog, contemple son immobilité, sait qu'un blog n'est pas fait pour rester immobile, mais ne sait pas comment, cette fois-ci, faire marcher ce pauvre corps.

J'ai songé à faire un dessin, mais même un dessin numérique préparé pour mon blog, se doit d'être inspiré, et peut être long et un tant soit peu fastidieux. Alors... bon. Et puis là, je viens juste de me dire, alors que j'allais commencer cette présente note : et si j'écrivais autour de l'avenir ? Je pense que nous sommes beaucoup à être concernés par ce truc, cette chose, l'avenir. Je vais me tenter un truc, on verra bien ce que ça donne.

Il y a des chemins et il y a des destinations. Au début, on marche, tranquillement, sur une route commune presque à tous. Alors bon, on marche et puis c'est tout quoi. C'est cool, tranquille, et puis on réfléchit pas. Certains, durant cette route, se passionnent pour certaines choses, se prennent à rêver, à rêver des prochaines routes, de destinations. Des rêves plus au moins réalistes selon les personnes. Certaines personnes rêvent très haut, d'autres encore plus. Certains rêvent de chemins qui atteignent les étoiles. D'autres caressent l'idée d'atteindre la cime des arbres. D'autres veulent emprunter des routes qui les emmènerait jusqu'aux nuages. Tous ces gens-là, ce sont les rêveurs. Les doux rêveurs.

Les autres, ceux qui ne rêvent pas trop haut, rêvent malgré tout un tant soit peu, mais on ne peut pas dire qu'ils rêvent, ceux-là projettent. Lorsqu'ils quittent la route commune, lors de la croisée des chemins, ils savent lequel emprunter. Ils avancent vers une voie, et vont tout droit, comme d'habitude. Vers leur avenir, vers leur destination.

Mais en dehors des pragmatiques et des doux rêveurs, il y a encore les paumés. Les paumés, c'est ceux qui en ont eus, des idées d'avenir, mais ce sont des idées volatiles et brumeuses, des idées impossibles à bien saisir, elles sont difficiles à attraper, se débattent et s'en vont, et l'on se retrouve, faible, avec des mains dont les ongles ne s'enfoncent pas suffisamment, dont la volonté ne s'accroche pas fermement, à ces projets insaisissables. Ces gens-là, les paumés, se retrouvent face à des tas et des tas de portes, mais sans clés. Ils n'ont pas su en saisir. Ils en trouvent malgré tout, essaient la clé, prenant plus au moins leur temps, parfois c'est la bonne, parfois non, alors on esssaie avec une autre porte, ou avec une autre clé : il s'agit de trouver sa voie.

Le doux rêveur a également une clé. Une très belle clé. La clé la plus solide, incassable qui soit. Le doux rêveur ouvre la porte avec ferveur. Mais en ouvrant la porte, il aperçoit un chemin... comment dire ? Pas inaccessible, mais... Bon sang, atteindre les étoiles, les nuages, ou la cime des arbres, cela ne nécessite pas n'importe quels chemins ! Alors, le doux rêveur se dit : en suis-je capable ?... En suis-je capable ? Certains renoncent. Ils prennent des chemins plus plats et droits, plus ordinaires. D'autres décident d'au moins essayer.

Ils tâchent de monter. Ils sont comme le prince de La Belle au Bois Dormant. Ils doivent traverser une forêt sombre, touffue, sauvage, s'accrochent à des ronces, se blessent, se fatiguent, et ne voient pas le bout du chemin. Certains trouvent une éclaircie, trouvent le château, embrassent la belle. Ils atteignent les étoiles, les nuages, la cime des arbres, tout en réalisant que la réalité d'un rêve n'a pas le même charme que le rêve lui-même. D'autres s'extirpent du chemin tortueux et impossible pour des sous-bois menant davantage quelquepart.

En ouvrant la porte vers ce chemin des plus tortueux, chacun se plaint d'être aussi ambitieux, chacun se plaint de vouloir monter aussi haut, chacun se lamente d'être un doux rêveur.

Je suis un doux rêveur. Je suis un doux rêveur et je ne sais pas si je vais me débrouiller dans la forêt. J'ai peur de me perdre et de mourir de faim. J'ai peur de finir par renoncer à mes rêves dans quelques années au profit de quelque-chose de certes plus facile mais aussi moins marrant et puis qui, tout simplement, ne serait pas vraiment ce que je veux faire. Je veux me faire chier à raconter des histoires. Je veux me faire chier à essayer de leur donner du sens et de l'intérêt. Je ne veux pas me contenter d'un métier simple, où j'exécute la tâche que l'on me commande, je veux me demander ce que je peux faire et raconter, ce que je peux trouver d'intéressant, je veux tâcher d'écouter mes muses avec la meilleure ouïe possible. Je veux me faire chier à ça. Mais je sais pas si j'y arriverai. Pour l'instant, je ne suis pas encore dans la forêt. Je suis en train d'ouvrir la porte avec ma clé, mais le plus dur n'est pas pour tout de suite. j'ai quand même un peu peur pour plus tard. Je vais vers mon avenir, je m'engage pour de vrai, mais je ne sais pas si j'y arriverai quand j'atteindrai les murs de ronces.

Publié par boiseime à 17:40:31 dans textes | Commentaires (1) |

Autour de ce qu'il faut faire, de ce que l'on veut faire, de toutes ces choses à faire ou que l'on se donne à faire | 23 juin 2008


Avoir des choses à faire que l'on ne veut pas faire et chercher à les faire sans y parvenir.
Avoir des choses à faire que l'on veut faire, que l'on s'est dit de faire, mais que nous n'avons pas le courage d'entreprendre à ce moment précis.
Avoir des choses à faire que l'on veut faire, des choses à faire que l'on ne veut pas faire, et faire des choses qui ne sont ni de l'un, ni de l'autre.
Avoir des choses à faire dérisoires. Avoir des choses à faire importantes, constructives, récréatives.
Avoir des choses à faire parce qu'il faut bien faire des choses pour ne pas s'ennuyer.
Ne pas avoir de choses à faire, et s'ennuyer de ne pas savoir quoi faire.
Aller à Paris pour se trouver des choses à faire.
Avoir des choses à faire pour tromper la solitude.
Avoir des choses à faire parce qu'il n'y a pas de gens à voir.
Avoir des choses à faire pour les faire avec des amis.
Avoir des choses à faire ensemble.
Avoir des choses à faire pour faire passer le temps, pour perdre du temps, pour gagner du temps.
Avoir des choses à faire pour ne pas se poser de questions, pour ne pas penser à la mort, à la vie, pour ne pas penser aux autres, pour ne pas trop réfléchir.
Avoir des choses à faire pour pouvoir ne pas les faire, pour avoir le choix.
Avoir des choses à faire pour, de temps en temps, ne rien faire.
Avoir des choses à faire ou bien juste glander.
Avoir des choses à faire parce que vivre c'est toujours faire des choses. Parce que la vie est une suite de choses que l'on fait.
Parce que la vie ce n'est pas simplement l'amour, la guerre et la paix, les idylles et les utopies, les rêves à réaliser, ce n'est pas seulement lutter, s'acharner, c'est aussi, très simplement, eh bien oui, trouver des trucs à faire.

Dit comme ça, je trouve que ça paraît dérisoire.

Publié par boiseime à 21:44:23 dans textes | Commentaires (7) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| >>

Présentation



Adolescent de sexe masculin, j'ai eu 18 ans le 6 Juin. Le reste est dit dans mon blog, qui peut peut-être être considéré comme une grande rubrique "moi"...

J'en sais rien. Je m'en fous. Je vais vous laisser lire mon blog et puis voilà.

Bonne lecture.

Ah non, attendez...
Tant que j'y suis, autant présenter mon blog aussi. "C'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est une ombre dont le soleil est mon esprit fertile, c'est le reflet de ma personnalité et des méandres de ma personne, "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est des textes absolument relatifs à TOUT et à RIEN; c'est des notes sans le moindre intérêt, des notes curieuses et expérimentales, des notes profondes et denses (sans prétention aucune...), c'est des dessins, plein de portraits, parfois j'essaie de changer; c'est aussi des choses tout à fait inclassables, dans la catégorie "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", où mes notes y mélangent dessin, photographie et textes de deux lignes seulement.

Mon blog, c'est mon point de vue humain, mes réflexions à deux balles, mes vagabondages littéraires qui ne m'amènent nulle part, c'est ma merde et c'est aussi un moyen de diffuser mes travaux, c'est une cabane virtuelle où je peux toujours m'occuper, c'est un abri, c'est un refuge où s'accueille et se recueille mon cerveau fatigué ou hyperactif, selon les moments, c'est un espace de jeux bien à moi, et puis surtout, c'est un énorme bazar.

 

musique du moment


Découvrez The Clash!

Septembre

DiLuMaMeJeVeSa
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930    

Compteur

Depuis le 20-12-2005 :
132425 visiteurs
Depuis le début du mois :
1114 visiteurs
Billets :
370 billets

Rechercher

Album

Tags

   Bonheur   Dieu   Florilège   Littérature   Portrait imaginaire   absurde   amour   anniversaire   aplat   art   artiste   autrui   avenir   bazar   bazar de l'esprit   bazar trous jean progression   besoin d'écrire   blabla   bordel de merde   bédé   bédé vénérée   carabosse   chiens   claude chabrol   contemplation   courbet   danse   demain   dessin   dessins   déboires   délire   film   gaiman   gribouillis   griboullis   grâce   halloween   hommage   imprévus   intellectuel   internet   introspection   journées   kangourou   l'Hydromelade   le guépard   le temps qui passe trop vite photo favorite humeur du jour   lecture   liberté   ligne claire   livres   majorité   masque   maturité   mort   musique   mère   météo   note courte   note gratuite   noël   nuages   pensée sur la création   pffff   photo   phrase inutile avec photo que j'apprécie   portnawak   poème autour des tgv   pub   racontage de life   racontage de life inutile   rapidité   relativité   rentré chez moi   responsabilité   rides   rien à dire   réalité   rêve   secret   sexe   soeur   soir   solitude   stérilité   sur le futur   sur le futur qui devient passé   tableau   temps   travail a domicile internet   trop cool   très très gros bazar   vie   vieillesse   visage   Éloge   à propos u fait d'être vivant ce qui n'est pas rien tout de même   énergie  
  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03