Imaginez-vous un type. Homme, femme, peu importe. Par androcentrisme (ouais jme la pète en faisant des néologismes cohérents !), je me l'imagine plutôt en homme.
Il est seul et il fait des choses. Devant une caméra. Il danse. Il clame des poèmes. Il dessine, peint. Et montre ses productions à la caméra. Puis il diffuse l'enregistrement sur internet, sans plus jamais les voir.
Dès lors qu'il lance ses enregistrements sur internet, il ne peut plus y avoir accès et perd le contact avec. Il n'a internet que pour envoyer ses vidéos. Il n'a aucun moyen de faire quoique ce soit d'autre avec.
Cet homme vit dans la maison détruite de l'artiste Raynaud. Le carrelage blanc tout partout, sur tous les murs. Un espace vide, blanc, carrelé, seul dans une maison qui est à l'abri du monde.
Vivant dans cette maison marginale et extrême, il ne voit personne. Il est en contact avec le monde par ses enregistrements, et c'est tout.
Il passe son temps à recueillir les sensations que lui procurent ce blanc, ce carrelage, ce rien-d'autre-que-ça. Et en partant de cela, de l'énergie que cela peut lui procurer, il peint, dessine, pense, dit, déclame, devant sa caméra.
Reste en contact avec le monde.
Mais ses enregistrements partent sans s'en retourner. Ayant perdu contact avec le monde, il ne peut savoir comment sont reçus ses enregistrements. Il pense, il dit, il écrit, il peint, il dessine, il envoie tout cela au monde, puis est destiné à se demander, piteux, de quelle manière ses productions sont reçues. Y a-t-il seulement qui que ce soit qui regarde son travail ? Et si oui, qu'en pense-t-on ? Au fond, ce qu'il veut savoir, c'est qu'est-ce qu'il produit. Il écrit ceci. Pour lui, ce n'est qu'un "ceci". Mais pour le lecteur, qu'est-ce ?
Sans réponse de quiconque, il a l'inmpression d'envoyer des cris aux montagnes qui lui refuseraient même le moindre écho. Il a l'impression de voir disparaître une part de lui-même dans un gouffre. Sans conscience du public, il n'envoie pas ce qu'il fait sur internet, mais jette dans une poubelle à l'abris des regard.
Publié par boiseime à 21:39:52 dans textes | Commentaires (7) | Permaliens
"Je suis un loup solitaire"
dit le loup solitaire
Il se renfrogne et se renferme
Grogne
Fronce les yeux
Parle peu.
Le poil hérissé, la gueule fermée
le queue droite le long du corps
Le loup solitaire se tient à distance
des autres
puis les autres disparaissent
se cachent derrière les arbres et les pierres
s'en vont
filent
Il n'y a plus personne
Personne
Sonne ensuite la voix du loup
du loup solitaire qui se retrouve seul
Son poil hérissé
s'aplatit
Sa queue droite
Se recourbe
Ses yeux s'ouvrent
et regardent autour sans plus froncer
Il se redresse
Oui, il est seul !
Face à personne, le loup danse
Ses poils deviennent plumes
Le loup solitaire devient perroquet de toutes les couleurs
Le perroquet devient rossignol chantant
Le rossignol chantant se fait lion rugissant
le lion se fait fleur dévoilant toutes ses pétales
Le loup se transforme entièrement
De tous ses poils, se métamorphose
il est libre
fait ce qu'il veut
Publié par boiseime à 23:09:43 dans textes | Commentaires (0) | Permaliens
Ce n'est que chair
Ce n'est que chair
Narcisse était fasciné par son visage, oui
Mais était-il amoureux de son visage ?
Je ne sais pas
Ce n'est que chair
Ce n'est que chair
Regarde-toi dans un miroir
Contemple ton reflet
Rapproche-toi
Rapproche-toi
Si ton propre visage est assez près de tes yeux
Tu penseras :
"ce n'est que chair"
C'est ce que s'est dit Narcisse en se rapprochant d'assez près
tout près de l'eau
où il tombât de désespoir
"Ce n'est que chair"
Ta jeunesse est sur ton visage. Ta vieillesse y sera. Tes émotions y résident.
Quand tu pleures, quand tu cries, quand tu souries, dans tes mimiques, quand tu t'exprimes
Quand on te voit
Ce n'est pas toi que l'on voit
Ce n'est que chair
que chair que l'on voit
Porte de chair voilant l'âme
L'âme se lit sur la chair
Ou la chair se camoufle en âme
L'âme se fait-elle chair,
ou la chair se fait-elle âme ?
Écries-toi devant ton miroir que ce n'est que chair
Tu liras ta surprise, ton effroi, tes mots sur la bouche, tes yeux écarquillés,
tu te verras toi,
mais tu n'es que chair.
Le désespéré de Courbet est une énième version de Narcisse, qui s'exclame : ce n'est que chair !
Publié par boiseime à 18:18:10 dans textes | Commentaires (0) | Permaliens
"Demain" est un coffret magique.
"Demain" ne s'ouvre pas, n'arrive pas, mais se rêve.
"Demain" est exactement comme tu veux.
"Demain" change selon ton humeur.
"Demain" est une nappe de brouillard adorable, te voilant la face, t'autorisant à fermer les yeux, à t"endormir, rêver.
"Demain" est exactement comme tu veux.
"Demain" est un coffret démoniaque.
"Demain" te terrifie.
"Demain", tout peut arriver, surtout le pire.
"Demain" va peut-être te manger, te dévorer tout cru, t'annihiler.
"Demain" te terrifie.
"Demain" est le spectacle inconnu, caché derrière le rideau rouge.
Un spectacle que tu attends, que tu fantasmes, que tu espères, qui te fait peur, qui t'effraie, qui te terrifie.
Ou qui te fait trépigner d'envie.
"Demain" est un bel inconnu dont tu perçois au loin la silhouette.
Tu attends demain.
Tant qu'il est demain, il est caché.
Tant qu'il est caché, il porte tous les visage du monde.
Derrière son masque, "demain" t'échappe.
Mais un visage bien déterminé est parfois préférable.
Vivement "aujourd'hui".
Publié par boiseime à 21:24:27 dans textes | Commentaires (0) | Permaliens
(note déclenchée par "The secrets of the night" par Tok tok tok, introuvable sur deezer)Publié par boiseime à 18:43:55 dans textes | Commentaires (0) | Permaliens
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J'en sais rien. Je m'en fous. Je vais vous laisser lire mon blog et puis voilà.
Bonne lecture.
Ah non, attendez...
Tant que j'y suis, autant présenter mon blog aussi. "C'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est une ombre dont le soleil est mon esprit fertile, c'est le reflet de ma personnalité et des méandres de ma personne, "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est des textes absolument relatifs à TOUT et à RIEN; c'est des notes sans le moindre intérêt, des notes curieuses et expérimentales, des notes profondes et denses (sans prétention aucune...), c'est des dessins, plein de portraits, parfois j'essaie de changer; c'est aussi des choses tout à fait inclassables, dans la catégorie "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", où mes notes y mélangent dessin, photographie et textes de deux lignes seulement.
Mon blog, c'est mon point de vue humain, mes réflexions à deux balles, mes vagabondages littéraires qui ne m'amènent nulle part, c'est ma merde et c'est aussi un moyen de diffuser mes travaux, c'est une cabane virtuelle où je peux toujours m'occuper, c'est un abri, c'est un refuge où s'accueille et se recueille mon cerveau fatigué ou hyperactif, selon les moments, c'est un espace de jeux bien à moi, et puis surtout, c'est un énorme bazar.
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