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"c'est alors qu'une chaise vivante arriva" :

bazar intérieur extériorisé ici-même, récréation intellectuelle, cabane virtuelle, laboratoire à tout, espace de jeux bien personnel

Bah jvoulais parler de tout et de rien, mais finalement j'ai vachement parlé de la mort… Je sais pas ce qui m'a pris. Mais bon, c'est comme ça hein. | 05 novembre 2007

C'est marrant, mais ce soir, j'ai vachement envie d'écrire. J'ai rien de franchement défini à raconter, mais... Mais j'ai le sentiment d'avoir tout de même à. Oui, envie j'ai envie d'écrire quoi, c'est tout.

J'aime pouvoir improviser.

J'aime pouvoir écrire absolument n'importe quoi et, éventuellement, pouvoir aimer, une fois le texte achevé.

J'aime échapper à ces travaux d'écriture — dont je suis fou — mais, cependant, longs et contraignants...

J'aime échapper à la construction des échaffaudages, du bâtiment en soi, puis du fignolage — qui peut se révéler finalement comme la plus longue des étapes, croyez-en mon expérience — pour, le temps d'un instant, laisser place à la création directe, l'improvisation, la danse, le solo, le... comment dire ?

J'aime ce qui est long et chiant à préparer, surtout lorsque c'est réussi à la fin.

Mais j'aime aussi ce qui est court et, comment dire... fait d'un jet ! Voilà. Fait d'un jet, c'est exactement ça.

J'aime un travail esquissé, gommé, retracé, détaillé, mais un bon gros croquis au feutre, voire au marqueur, ou même à la peinture, fait d'un jet définitif et sans filets, j'adore...

Hum. Oui, voilà pour ça. Et mon blog, c'est ça : c'est mes croquis rapides au marqueur.

Hum. J'écoute radio néo (95.2, de 07h à 14h et de 19h à 23h en région parisienne, ou sur www.radioneo.org (oui, ça mérite qu'on lui fasse de la pub, enfin moi jtrouve)), et, flûte, ça vient de se terminer, mais il y a encore un instant, j'écrivais sous la musique de la dernière pub d'Oxford. Enfin, là c'est un rap qui parle justement de l'écriture, de la création, donc c'est pas mal non plus, mais je suis tenté d'écouter au lieu d'écrire... À propos de musique de pub formidable. Oui parce qu'elle est géniale la musique de la dernière pub d'Oxford, non? J'ai oublié le nom du groupe, mais bon... Bref. Est-ce quelqu'un connait le nom de la chanson, ou de l'artiste, qui est utilisée pour cette pub où on voit tout plein de canapés dans des lieux improbables, là ? Nan parce que, la MUSIQUE de cette pub, mais je la trouve... Géniale !! Enfin bon c'est subjectif, mais j'adorerai à fond pouvoir l'écouter en dehors de la pub...

Jvoulais parler de quoi d'autre? Oh, de toutes façons, il s'agit d'improviser.

Hum. C'est marrant. Je ne suis pas obsédé par l'idée que jvais crever un jour en ce moment. Je ne traverse absolument aucune crise existentielle. Mais, je ne sais pas... Il me semble que j'ai envie d'en parler. J'en suis même pas vraiment sûr.

En fait... Je crois que je me sens démuni. Pas face au fait que je vais crever, mais à comment je dois le prendre.

Ce que je veux dire, c'est que je ne veux pas simplement vivre, penser que je vais être heureux en vivant ça et puis ça, le vivre, voir que ça a ses mauvais côtés, que je suis aussi bien qu'à l'époque où je me demandais si j'étais heureux, et puis crever.

Mais... C'est bizarre.

En fait, je suis triste quand je vois des vies qui ne changent pas, qui, surtout, ne s'améliorent pas, et qui finalement meurent dans des maisons de retraite après avoir longuement regardé la télé et joué à la loterie.

Après... Comment dire ?

Je ne pense pas que...

Je pense que beaucoup de choses se passent à l'intérieur, et qu'au fond, quelqu'un comme moi peut assez facilement profiter des bienfaits de vivre.

Et du coup, je me dis : pourquoi je me casse la tête avec tout ça si, au fond de moi-même, je vais bien ?

 

Hi hi. Quel texte nimportnawak. C'est beau, nimportnawak comme expression, vous trouvez pas ?

Vous savez quoi? Je passe très certainement du coq à l'âne, mais ici je fais ce que je veux. Passons donc du coq à l'âne. Je pense donc qu'il y a deux types de souvenirs :

- ceux qu'on aime vivre et qu'on aime se remémorer.

- et ceux qu'on aime vivre, mais que l'on se remémore sans joie particulière.

Attention ! Je parle vraiment de beaux instants.

C'est-à-dire que... Il y a tous ces souvenirs-tableaux, qui représentent toute une atmosphère absolument délicieuse et qui procurent de la joie rien qu'à y repenser.

Et il y a un de mes plus beaux jours de ma vie, qui, lui, est un tableau qui ne me procure pas vraiment de joie, mais qui au contraire me rend amer de part son incaccessibilité : je ne peux pas le revivre.

Bon, c'est privé, jvais pas raconter, mais... C'est fou. Parce que, sur le coup, j'étais le plus heureux des hommes, je voulais que cet instant finisse jamais, mais il a fini par finir et... Et quand c'est fini, eh bien, c'est fini à tout jamais...

C'est bizarre l'idée d'après la mort. Personnellement, je suis agnostique quant à la vie après la mort. Je ne me positionne pas, quoi.

Disons que, face à certains témoignages, on peut pas se contenter de dire "mais non c'est n'importe quoi, c'est l'effet des médocs de toutes façons...". Et on ne sait pas non plus quoi dire lorsqu'on entend parler d'une cliente de son père psychothérapeute, qui a une mémoire intérieure d'un officier prussien de la guerre de 14-18. Ou quand une amie de ce même papounet a régulièrement des sorties du corps.

Face à tout ça, je ne peux pas simplement dire : mais non, c'est de la merde.

Je n'admets pas ces faits comme des vérités, mais quand j'en écoute, je pars du principe que c'est possible, sinon ce serait pas possible pour moi de côtoyer ces univers étranges. Je garde donc l'esprit ouvert malgré mon esprit rationnel.

Mon esprit rationnel qui ne se dit pas : "bah oui, c'est possible, bien sûr que ya une vie après la mort, bien sûr que la réincarnation ça existe", tout simplement parce que je ne peux définitivement pas concevoir un corps "spirituel" dans lequel est contenu le corps charnel qu'il nous semble être. Il m'est rigoureusement impossible d'y croire.

Mais je m'en fous, d'y croire ou de ne pas y croire. Ce n'est pas si important.

Mais du coup, puisque je n'y crois pas, ou plutôt que je n'y crois pas spécialement, j'ai plutôt tendance à envisager un néant après la vie.

Et c'est bizarre. Personnellement, je pense que j'ai peur de la mort parce que c'est comme ça que je me l'imagine et que, de cette manière suivante, cette mort m'est tout bonnement absolument inconcevable.

Je ne peux concevoir l'inexistence, le non-être. Ce qui est logique, d'ailleurs. Puisque c'est des choses qui se caractérisent par leur absence de choses. En fait, ce ne sont pas des choses. En fait, si néant il y a après la mort, d'après la mort il n'y a pas. Le néant, ce n'est pas l'absence de sensations, l'absence de conscience, l'absence de pensées. Parce que de la manière suivante, on a tendance à imaginer ça un peu comme une main dont on coupe les doigts. Ce n'est même pas l'absence de tout. Ce n'est pas, tout simplement. Mais ce n'est pourtant pas simple. Parce que forcément que l'on ne peut pas concevoir, que l'on ne peut imaginer : comment voulez-vous crayonner quoique ce soit si vous n'avez pas de support pour dessiner? Comment voulez-vous imaginer quelquechose qui, forcément, ne s'imagine pas, concevoir quelquechose qui, forcément, ne se conçoit pas?

S'il y a néant après la mort (ce qui, au fond de moi, m'est aussi difficile à croire au final que la "vie" après la mort),

il n'y a tout simplement pas d'après la mort, c'est on meurt, et...

Et voilà. Point de suspension on s'arrête là, et on ne lit même pas le "et voilà".

Ce qui est embêtant avec cette théorie, c'est qu'elle rend l'existence totalement absurde.

Ce serait une existence comme ce plus beau jour de ma vie que j'ai mentionné : On savoure, enfin, si on aime vivre on savoure, mais quand on meurt... on meurt et c'est tout.

Ça voudrait dire que... La vie n'aurait de sens que tant que lorsqu'on serait en vie. Mais aussi après sa mort, pour les gens qui nous survivent et qui nous auront connu. C'est à dire que la vie aurait un sens pour soi et pour les autres tant qu'on est en vie, et un sens uniquement pour les autres à partir de sa mort.

 

J'ai envie de m'arrêter là dans cette réflexion. Cependant. Cependant cependant. Ce qui me fascine avec la mort — avec la mort tout court, qu'il y ait un après ou pas (l'inconcevable après, l'inconcevable pas d'après...), c'est la dérision qu'elle rend à tout.

C'est à dire... Au fond... Peu de choses sont graves. Enfin... Les choses qui changent vos vies à jamais le sont, parce que, normalement, vous êtes quand même encore en vie pour un bout moment.

Mais cependant, pas grand-chose n'est grave. Je trouve que, lorsqu'on pense à la mort, ça remet vachement de choses en perspective. Il faut savoir remettre les choses à leur place, c'est-à-dire à leur place de dérision, de bien peu.

J'aime bien, quand je pense à ça. Me dire ça. Que peu de choses sont graves, que ce qui commence finit et que donc, il s'agit de ne pas en faire un plat.

Mais pour en revenir au tout début de ce raisonnement. Au tout début. Je parlais du fait de me sentir démuni face à la mort. Pourquoi je me disais ça ?

Parce que... J'aurais beau penser à la mort et chercher à l'apprivoiser en mon sein — ce qui me semble pourtant très essentiel : il me paraît absolument primordial d'essayer de vivre, tant que l'on peut, dans la perspective de la mort —, si jamais je meurs écrasé par un camion, je mourrais écrasé par un camion et puis point à la ligne. Non seulement je mourrais écrasé par un camion, mais ça se trouve, je n'aurais même pas le temps de réaliser ma mort.

C'est quelque chose qui m'a traumatisé quand j'étais en troisième. J'étais au théâtre, à la mjc. J'ouvrais une malle de déguisements, et puis je sais pas, le truc qui tenait la malle ouverte s'est cassé la gueule, donc la malle s'est soudainement refermée, j'avais juste eu le temps d'enlever mes mains, mais ça avait duré un quart de seconde, et je me suis dit : ça se trouve, je mourrais à cette vitesse. Ça m'a fait incroyablement bizarre d'avoir eu cette pensée. Penser tant de fois à la mort dans sa vie pour ne même pas avoir le temps de la réaliser. Penser tant de fois à la mort dans sa vie pour, de toutes façons, finir par être mort et point à la ligne.

Mais... de toutes façons. La réflexion qu'on peut avoir face à la mort pour appréhender celle-ci doit surtout servir à mieux vivre, je pense. C'est paradoxal, comme idée, penser à la mort pour mieux vivre. Surtout dans l'ocurrence du néant, parce qu'alors, mieux vivre ou pas mieux vivre, ça fait pas grande différence, mais bref...

Penser à la finitude de sa vie doit pourtant servir à soi. Relativiser les choses, par exemples.

Mais... C'est fou. Parce que... Au-delà de toutes les pensées qu'on peut avoir dessus... Je n'arrive pas à me rappeler ce qui... Aaaah... C'était ptêt ça... Oui, enfin bref, quoiqu'il en soit. Vous avez déjà vécu une situation qui vous a fait penser que vous alliez mourir d'ici très incessamment sous peu, genre maxi quelques minutes ?

Parce que... Ça fait réaliser que c'est... enfin, perso en tout cas, ça me fait réaliser que c'est définitivement ce dont j'ai le plus peur.

Ce que je veux dire, c'est que, effectivement, la mort ça aide à relativiser, et pour le coup, il nous arrive des choses et on se dit : bouarf, c'est pas la mort...

Mais, justement, un jour c'est de la mort qu'il s'agira. Et on pourra plus dire "c'est pas la mort".

 

C'est marrant que je parle tant de la mort ce soir, parce que c'était absolument pas ce que je voulais traiter au départ.

Parfois, je relis mon blog, et ya une époque où, sur ces quelques pages web, j'arrêtais pas de parler de la mort. Je traversais ptêt une crise existentielle. Mais, là, ça va, et pourtant ouais, j'ai fait cette note... Je devais en avoir envie.

 

Au-delà de cette histoire de mort...

Comment dire. J'ai envie de parler de la vie, maintenant. Au fait, avant. Quand je disais tout-à-l'heure "vivre dans la perspective de la mort", ce que je voulais dire, c'était vraiment : Traverser la vie en la mettant bien en relation avec la mort, avec sa finitude.

Mais bref. Parler de la vie. Peut-être pas ce soir, au fond...

Je sais pas.

À moins que j'en ai déjà parlé au début.

Bref. Je trouve que l'idée qu'il existe une part divine en toute chose est formidable, mais heureusement, je crois que je n'ai pas besoin d'avoir cette opinion pour me recueillir sur ce qui m'entoure. "Recueillir". Je trouve que ce mot a une connotation super religieuse. Je n'aime pas ça.

Mais bref. Je pense qu'il n'y pas nécessairement besoin de croire en Dieu, de croire en l'âme, de croire en "la part divine en toute chose", de croire en "l'esprit des lieux" etc, si... Comment dire ? Si l'on sait vivre, tout simplement.

En fait, il faut lire "l'homme qui marche" de Tanigûchi, c'est tout. D'ailleurs, ça fait un bail que je l'ai lu. Il faut que je le relise. Ou que je me l'offre. Je préférerai me l'offrir.

De quoi je voulais traiter d'autre?

Hum...

Ah, tiens. Je trouve que les caveaux familiaux, c'est hyper sinistre. Enfin, tout le monde doit déjà le penser sans moi, mais...

Quand on y pense. Un caveau familial. Il reste trois places. T'as un gars. Il fait un fils. Un jour son fils fait un fils. Eh bien, ça a beau être un 'tit bébé, un jour ils seront tous dans le caveau, tous les trois. C'est bizarre, non, d'y penser?

 

Mais arrêtons ça. Arrêtons donc ça. De quoi je voulais parler d'autre ? De plus léger ?

Je crois qu'il me reste seulement à parler de cette bédé que je viens de lire tout à l'heure...

La boucherie, une bande dessinée publiée sur internet, de Bastien Vives.

Je suis trop fatigué pour en parler, mais ça m'a énormément ému, c'est très impressionnant.

Son dessin m'a rendu complètement fou de jalousie, il faudrait interdire aux gens d'être aussi talentueux... Des dessins rapides, juste ébauchés, et pourtant, il y a absolument tout. C'est exactement ce que je recherche. Et puis la mise en scène, et tout...

Bon, jvous préviens, ça raconte rien. Enfin, si. Ça raconte la Relation amoureuse. Mais c'est plus une histoire d'émotions que de narration. C'est spécial, mais moi jtrouve ça bouleversant, et puis voilà, un talent pareil ça rend fou...

Mais, bon, je suis fatigué, j'ai la flemme d'expliquer plus amplement pourquoi j'ai tant aimé son dessin — et puis ce qu'il dessine, mais le dessin est la première chose qui m'a positivement extrêmement choqué.

Tenez : http://la-boucherie.blogspot.com/

voilà, si ça vous intéresse.

Publié par boiseime à 00:38:18 dans textes | Commentaires (9) |

Les journées qui sont si courtes qu'elles finissent lorsqu'on avait prévu d'enfin vraiment les commencer | 31 octobre 2007

Onze heures trente. Je me lève.
J'ouvre la languette du viennois.
Midi. Je prends mon petit-déjeuner. Tartines et tisane.
Je prends ma cuillère.
Je vais devant l'ordinateur. J'ouvre l'Hydromelade, travaille un peu dessus. Vraiment un peu.
La chantilly du viennois est déformée par la cuillère pénétrante.
Je fais un tour du net, me connecte à msn. Je parle avec des gens tout en fouillant le web.
La cuillère plonge au-dessous de la chantilly. Elle s'arrête, frotte le plastique et refait surface en s'accaparant chocolat comme chantilly au-dessus d'elle.
Je dessine sur Corel Painter. Je publie mes dessins sur Blogg.org.
Je referme ma bouche sur la cuillère pleine.
Quatre heures. Je finis par quitter l'ordinateur.
La chantilly s'est légèrement affaissée tandis que ma cuillère replonge.
Je prépare un repas de crudités et déjeune.
Plus ma cuillère plonge, plus la chantilly s'affaisse. Le blanc s'écroule dans le chocolat comme les tours du World Street dans la poussière.
Cinq heures et demie, je vais regarder la télévision : quelques Friends, puis quelques That's seventy Show.
Lorsque j'achève mon yaourt, le sommet du viennois s'est tant affaissé qu'il est au bas du pot.
Je dîne avec papa et Maryse.
Je râcle le pot. Je râcle les traces blanches, les traces marron.
Au dessert, je prends un viennois.

Tout est passé si vite que c'en est absolument hallucinant. Ma journée ne s'est pas écoulée, elle s'est précipitée vers sa fin comme le sommet du viennois amenuisé par la cuillère. Tout est passé si vite que je n'ai pratiquement rien foutu de constructif. J'ai revu un passage de l'Hydromelade, un petit passage, et je n'ai même pas fini. Putain. Putain. Journée stérile.
Ces journées qui passent si vite qu'on s'en retrouve à la fin sans rien en avoir fait m'horripilent profondément.

Publié par boiseime à 22:24:53 dans textes | Commentaires (4) |

Article sur la solitude, sur autrui, et puis sur la vie comme une goutte de vin dans un verre d'eau, mais aussi article se questionnant sur la légitimité qu'il y a à publier cet article. | 24 octobre 2007

C'est drôle. J'ai écrit un article pour ce blog, il y a quoi, une semaine, et je l'avais pas publié. Je l'ai relu, je l'ai retouché, je l'ai alors trouvé finalement intéressant, et pourtant, je ne l'ai toujours pas publié. Pourquoi?
Bah justement, c'est... bizarre.
Je crois que, intéressant ou pas, je n'aime pas publier pour une réflexion "gratuite". Comment dire? Bah... Disons qu'il y a écrire pour écrire, quel que soit le contenu, et écrire par besoin d'écrire.
Et, en ce qui concerne cette note-là, j'ai peur d'avoir un peu écrit pour écrire, et du coup, je ne sais pas... C'est comme si ça corrosait mon article, du coup.
En même temps, des fois, je suis trop compliqué.
Mais justement. Parfois c'est justement parce que je me trouve trop compliqué dans les articles que je veux pas publier...
Je veux dire... Si j'écris pour écrire, et que je fais compliqué pour le fait de faire compliqué... Ça ne fait avancer aucun shmilblick, et mon article manque alors terriblement d'intérêt. Parfois, je commence à écrire tellement compliqué que je ne sais même plus si je pense toujours tout ce que j'écris. C'est-à-dire que, parfois, j'ai l'impression que mes mots m'échappent, qu'ils me dépassent. Parce que je peux avoir le souci d'aborder quelquechose de difficile à aborder, peut-être. Mais justement. Parfois, je veux aborder le difficilement abordable, mais... Est-ce seulement la peine? Est-ce intéressant? Puisque je pense que mon article sera gratuit. Puisque je pense que ma note ne modifiera rien dans ma manière de voir les choses, ni sûrement dans celle des autres. Du coup, le seul sens d'une note est d'assouvir mon envie d'écrire. Mais du coup, quand je l'ai écrit et que j'ai choisi de pas le publier, une fois que je change d'avis, j'hésiter à le publier, bien sûr, puisque le sens le plus important de ma note est assouvi : je l'ai écrit.
Mais je me dis : est-ce que tu penses pas un peu trop? Est-ce que tu pourrais pas te contenter de publier ton truc, puisqu'au tout début tu voulais, et puis basta?
Parce que voilà : si je publie pas une note immédiatement après l'avoir écrit, j'ai vachement de mal à le publier, vu que d'une certaine manière, ça ne sert plus à rien.
Je crois que... Je crois que je vais publier cette vieille note d'au moins une semaine voire plus. Après tout, ça ne me coûte rien, ni à moi ni à personne.
J'ai écrit ça le 17 octobre et j'ai fait un rajout le 20. Ça commence :

C'est drôle. Je suis tout seul chez moi. Ça faisait vachement longtemps. Et je ne sais absolument pas quand quelqu'un m'interrompra dans ma solitude. Ma soeur rentrera-t-elle dans cinq minutes seulement? Ou sera-ce ma mère, qui arrivera dans une heure?
Je ne sais pas, mais un petit coup de "tout seul chez soi", ça me fait du bien. Je me sens... Seul. Seul, et donc libre. Je fais ce que je veux.
Je me sens... Comment dire ? Je me sens enfin comme dans un cocon/espace de liberté.
Enfin, j'ai ma dissert' de philo à commencer...
Mais... Prenons notre temps. Je bosserai bien un peu mon roman. J'ai pensé à un truc à modifier l'autre jour. et puis ma nouvelle, les bases à construire. Ce serait bien que j'essaie de bosser ça un peu.
C'est marrant. Comment j'aime la solitude. Être tout le temps seul, ce n'est pas drôle. Quand j'étais en troisième, j'étais seul, chez moi, du lundi au vendredi, ma mère rentrait le vendredi soir, partait le lundi matin. Et ce n'était pas toujours facile.
Mais de manière occasionelle... Être seul et sans personne autour de soi, vraiment seul, sans le regard de l'autre où que ce soit, putain, on se sent plutôt bien.

Être seul avec des gens autour, c'est différent. Au lycée, au cdi, je lis tout seul un magazine, c'est bien mais c'est pas la même chose. Être seul dans une maison déserte, juste une fois de temps en temps. Ça me plait.
La solitude dans un endroit désert, c'est comme une page blanche que tu admires. T'oses pas la salir, même si tu sais que ça arrivera tôt ou tard. Ou plutôt, disons que tu n'as le poids de rien du tout. Il n'y a pas de conséquences. AU lycée, si je fais un truc bizarre, les gens vont au moins sourire. C'est une petite conséquence de rien du tout, c'est pas grand-chose, mais n'empêche que quand je suis seul, quand je danse, quand je chante, que je parle tout seul, personne n'est là pour réagir face à ça. Personne n'est là pour porter à conséquence mes propres actes.
J'ai très envie de voir l'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, il a vraiment l'air excellent, mais je ne sais pas si j'aurais le temps, ce week-end.
Je n'aime pas quand on me demande "quoi de neuf ?" ou "tu racontes quoi?". C'est ce que je peux ne pas aimer parfois dans les relations humaines : être obligé de se comporter d'une certaine manière. Trouver quelquechose à dire quand je suis bien dans le silence. Parfois, devoir écouter quand, encore, j'ai besoin de silence, de n'écouter personne. Sentir la présence de l'autre, devoir en tenir compte.
J'aime beaucoup ces personnes avec qui je me sens complètement à l'aise, simplement parce que je ne me sens pas obligé de me conduire de quelques manière que ce soit. Avec qui je ne me sens pas obligé de parler constamment. On peut être silencieux et c'est très bien comme ça.
Il y a aussi un plaisir complètement opposé, mais je ne sais pas si j'ai envie d'en parler. Peut-être pas.
Mais ce stress d'apprendre à connaître quelqu'un. Apprendre à la connaitre, mais aussi apprendre à la cotoyer. Tu espères la croiser, et puis tu ne la croises pas. Tu la croises, mais tu sens qu'il s'agit là d'un silence gênant, il s'agit de dire quelquechose.
Ça peut paraître chiant comme ça, mais finalement ça a un aspect plutôt excitant comme expérience. Enfin, tu sais simplement pas comment ça va progresser. Tu as un tout petit peu peur. Mais tu espères beaucoup. Tu es optimiste.
Mais c'est vrai que c'est chiant parfois les relations humaines. Je ne devrais peut-être pas en parler ici, je vais peut-être effacer, c'est ptet personnel, mais ne pas être invité par une amie cordiale quelquepart quand, au vu de la situation, tu aurais très bien pu l'être. Et tu te demandes pourquoi non. Tu te poses des questions. Ta valeur aux yeux de la personne. Ça te travaille alors que tu ne devrais pas y accorder d'importance. Il suffit d'un rien pour que les relations humaines soient horriblement compliquées.
"Sois solitaire et puis merde". J'avoue que ce serait moins compliqué, m'enfin... N'éxagérons rien. Je fais uniquement étalage des aspects négatifs des relations humaines. Je pourrais parler de tous les bons aspects.
Bref.
C'est marrant. Je pense qu'il y a peu d'ados de mon âge qui ont regardé, et souhaité regarder, "Printemps, été, automne, hiver... et printemps", lundi soir sur Arte. Il doit y avoir peu d'ados qui écoutent Fip presque en permanence. Qui lisent au CDI des articles sur l'expo de Gustave Courbet au grand palais, en ce moment, ou sur celle de Giacometti. Dont Arte est, indéniablement, la chaîne télé préférée. Ces derniers temps, j'ai en effet eu plein d'heures de perm pour aller au CDI. C'est dommage que j'ai moins de temps qu'avant pour aller au CDI. Lire des magazines intéressants. Différents dossiers, articles... Je me cultivais, et j'avais l'impression de me nourrir.
Quand on essaie de créer, c'est bien d'absorber. D'absorber toutes sortes de choses. Respirer tout ce qui te tombe sous la main, le digérer.

Être avec les autres ça peut être un poids parfois. Parfois t'es confronté à des faits que tu ne comprends pas. Parfois tu ne te sens pas libre. Obligé de.
Mais ce qui est drôle aussi, avec autrui, au-delà du fait de devoir s'adapter à l'autre, c'est le miroir qu'incarne autrui. Quand je suis allé en Espagne cet été, avec tout un groupe d'ados, j'ai été complètement fasciné par ce que je voyais de moi à travers ce qu'eux voyaient de moi. Franchement, si j'étais le dernier homme sur Terre, je me paraîtrai super banal, comme mec. Mais en Espagne, je me suis senti super original, super méga cool, et je me suis tapé une bonne crise de narcissisme tellement on m'avait apprécié.
Bon, j'pars loin. De toutes façons, autrui, jle vois bientôt en philo. Enfin, j'imagine.
Faut ptet que j'arrête cette note. J'ai encore des choses à faire. Des choses à faire. J'ai déjà parlé dix mille fois des choses à faire, sur ce blog. Mais c'est vrai que ça me fascine. De la dérision des choses à faire. Je me demande ce qui a vraiment de l'importance. Et à chaque fois que je me dis ça, je me réponds : moi et les autres. Les autres et moi. Les relations humaines, quoi. Mais pas forcément. Ça peut être l'un séparément de l'autre.
Bref. Tout de même, c'est impressionant, la futilité des choses. Enfin, je ne veux pas paraître noir ou quoi, j'espère ne pas donner cette impression, je ne fais que penser, je ne déprime pas, pas du tout, mais, sincèrement : dans vingt ans, qu'est-ce qui me reviendra de mes dix-sept ans? Pas toute mon année, c'est certain.
Et voilà, voilà ce qui me fascine : La vie, c'est comme une goutte de vin dans un verre d'eau. Ça manque beaucoup de concentration. Enfin, je veux dire... En même temps, ça dépend. Ça dépend avec quels yeux tu regardes autour de toi, avec quelles oreilles tu... etc. Bref, il faut lire "l'homme qui marche", de Jiro Taniguchi. Et puis parfois, sans savoir pourquoi, tu te sens exalté, tu vois un rien, tu sens une rose, et c'est parfait. Tu as su sentir le vin, aussi dilué soit-il dans le verre d'eau.
C'est confus, ce que je dis.
Mais... Disons que... Parfois... Je ne sais pas. Comment parler de ça ? Faut-il seulement en parler ?
Peut-être qu'il faut que j'arrête de parler.
Peut-être que faut que j'arrête de déblatérer des conneries.
Peut-être.
Mais... Oh, et puis zut.
Ça a tellement peu d'importance. Et puis surtout, je sais tellement peu si je pense ce que je pense. Ça peut paraître paradoxal, mais parfois j'ai la vague impression de faire comme si je me préocuppais sérieusement de quelquechose, quand ce n'est pas le cas.
Peut-être que je pense à des choses trop compliquées, trop abstraites. Peut-être qu'il faut que je me calme. Que j'arrête de me poser trop de questions.
De toutes façons, raison ou tort... Où est le problème? On s'en fiche.
J'ai une peur terrible d'être en train d'écrire une note absolument merdique et incompréhensible.
Alors qu'après tout : quelle importance?
En fait, ce que je veux dire, c'est que quand t'as des choses à faire, t'es pas content, mais quand t'en a plus et que toi tu peux faire ce que toi tu as envie de faire, tu te retrouves parfois à ne plus avoir envie de faire ces choses-là. Ça remet en question plein de choses je trouve.


Rajout (qui date du samedi 20 octobre): par rapport à la vie et tout, la goutte de vin dans le verre d'eau. Je crois m'être rappelé pourquoi je disais ça : Imagine-toi, tout seul, qui prend ton petit-déj devant l'ordi. Imagine-toi le soir, tu rentres du lycée, tu glandes sur l'ordi, sans vraiment faire quoi que ce soit, parce qu'il faut que tu fasses tes devoirs. Imagine-toi dans le couloir, ça a sonné la fin de la récré, mais tu attends ton prof.
Imagine-toi penser à ce que tu dois faire et à ce que tu veux faire. Imagine-toi seul face à ces différentes choses. Imagine-toi qu'il n'y a plus que les choses que tu veux faire à faire, mais que, bizarrement, ce soir, tu n'as pas envie de les faire.
Dans un autre contexte que le mien. Imagine-toi le vieillard qui, dans une maison de retraite, croupit devant une télévision en attendant de mourir.
Imagine-toi un homme mûr, qui travaille, mais n'a pas d'amis, et ne sait pas quoi faire de son temps libre.
Imagine le jeune employé qui passe une heure et demie dans les transports en communs chaque matin. Il y a être seul sans le moindre amoureux ou la moindre amoureuse, selon qui on est.
Et le voilà. Le voilà le verre d'eau.
Et puis il y a la goutte de vin. Tous ces gens. Tes amis, principalement. Il y a quand tu marches, que tu regardes au-dessus de toi le vol groupé des oiseaux, et que tu écoutes en même temps un morceau de Mike Oldfield, par exemple. Il y a quand tu es au chaud toi, dans ton lit, que tu lis une bédé avec le chat contre toi.
Il y a le dernier harry potter en anglais que tu as peut-être lu (peut-être parce que je parle plus seulement de moi, j'essaie de généraliser, mais ptet que vous aviez compris et que c'était pas la peine de le dire...).
Les sorties entre amies. Ta copine ou ton copain, selon ton sexe, selon ta sexualité. Tous ces moments passés avec lui. C'est pas toujours facile, c'est comme un chat, ça a l'air cool mais ça griffe, mais malgré les disputes, malgré les incompréhensions et tout ce que tu veux, la vie sans amour, c'est de la daube. Les câlins entre vous, tous les moments adorés tendrement partagés. Il y a la musique qui nous transporte. Les films qui vous bouleversent. Il y a faire l'amour, je suppose, et puis quand on a un(e) bon(ne) amant(e), ou tout simplement lorsqu'on s'aime. Je m'avance beaucoup, mais je parle pas pour moi mais pour tout le monde, enfin j'essaie.
Il y a ses enfants qui nous font vraiment chier, parfois, mais qu'on aime de tout son coeur. Les moments partagés avec eux, tout ça.

Mais voilà. C'est une goutte de vin dans un verre d'eau. Et lors de notre dernier soupir, c'est bien cette goutte de vin qu'on essaie de retenir ne serait-ce qu'un quart de seconde, je suppose. Alors, quand on y pense, on passe quand même un sacré bout de temps dans notre vie à se contenter d'exister.

 

Voilà, là ça finit. Maintenant c'est le Florian du 24 Octobre qui parle. Encore maintenant, j'hésite à publier. J'hésite j'hésite. Bon, allez... ça coûte rien de le faire. Qui sait, je vais ptet finir par le supprimer, de toutes façons.

Publié par boiseime à 20:50:04 dans textes | Commentaires (4) |

Un article traitant de tout et de rien, sur des petites choses de rien du tout. | 19 octobre 2007

La musique a quelquefois quelquechose de profondément impressionant. Je veux dire... C'est fou. C'est fou tout ce que ça peut véhiculer. Les émotions, les atmosphères, certaines sensations...
Un jour, il faudra que je lise Belle du Seigneur. Mais je l'ai chez mon père. Une fois, j'avais ouvert le livre à un endroit avec une marque-page, et j'avais lu une page. Ça m'a beaucoup impressionné. C'était un passage très beau, avec beaucoup d'émotions, de rythme, de sensations... Et je pense que les écrivains jouent de la musique avec des mots. Que les musiciens écrivent des nouvelles avec des instruments et des notes.
Tout à l'heure, j'avais le chat sur les genoux, c'était bien. Imaginez : j'étais tout seul (ma soeur vient d'arriver, et d'ailleurs je viens de faire une interruption dans ma note pour l'accueillir, mais alors que vous lisez il n'y a aucune interruption, c'est la magie de l'écriture), l'unique lumière de la lampe, la musique de Radio néo, le bruit des touches contre le clavier, le chat sur les genoux.
Mais le chat n'est plus là et ma soeur est arrivée. C'est bien, c'est très bien, mais c'est absolument pas la même atmosphère.
L'autre jour, j'ai failli écrire une note. Mais, d'une part je trouvais que je traitais de choses trop privées, même si cela ne contenait pas de détails, et d'autre part, il me semblait que j'écrivais principalement parce que ça fait plus de deux semaines que j'ai pas fait de note, et du coup mon texte manquait sûrement d'intérêt.
Je ne dis pas que je ne suis pas en train d'écrire parce ça fait un bail que j'ai pas fait de note, mais j'ai quand même assez envie d'écrire, ce soir, même si je n'ai rien de bien précis à exprimer.
Dans mon essai de note d'il y a deux jours, il me semblait que je parlais vachement pour rien dire, que je pensais trop pour rien penser, que je me triturais le cerveau pour que dalle. En fait, je parlais de la vie en général (entre autres), mais c'était si abstrait et confus que ça n'avait vraiment aucun intérêt.
Et puis c'est bien de parler un peu des petites choses.
Une fois, j'ai pensé à écrire un truc sur les bruits d'écriture, et puis je l'ai encore jamais fait.
J'adore écrire en musique. C'est super Néo (95.2). C'est ce que je suis en train d'écouter, là. Là, c'est une chanson plutôt hip-hop, qui dit qu'on dit que les blancs savent pas danser mais que c'est faux. Je me demande c'est quel groupe. Quand je cite le texte ça doit avoir l'air drôlement naze, mais en fait la musique est super chouette. J'aime bien Fip, aussi, 105.1. C'est une putain de chaîne musicale, fip.
Les bruits d'écriture. J'allais partir sur les bruits d'écriture.
J'adore le bruit du critérium sur le papier. Scritchscritchsscritch. Vous ne connaissez pas mon écriture. Enfin, pour la plupart d'entre vous, inconnu(e)s que je ne rencontrerai probablement jamais, vous ne connaissez pas mon écriture. À moins que je la prenne en photo. C'est une idée. En fait, elle me fait penser à... Comment ça s'appelle, cet appareil? Vous savez, la machine qui sent les pulsations du pouls, et qui fait actionner une aiguille qui va de gauche à droite de manière plus au moins large, pour calculer les pulstations, et donc le stress et tout, un truc comme ça. Ça fait des zigzags. On voit ça des fois dans les films, avec les détecteurs de mensonge.
Et ben, moi, mon écriture, ça me fait penser à ces zigzags retransmettant les pulsations du pouls et leur intensité, là.
J'aime le bruit du stylo sur une enveloppe marron trouvée un peu au hasard, ou celui du stylo sur mon journal intime, quand j'en tenais un, le soir, avec la lumière artificielle, la musique.
Le bruit du clavier.
Je ne me rappelle plus de tous les bruits auquels j'avais pensé.
De quoi d'autre je comptais vous parler? Je ne sais plus du tout.
Il y a sûrement autre chose...
Je veux dire... De public. Non parce sinon j'aurai beaucoup plus de choses à dire, et c'est ptêt parce que j'ai la tête pleine de toutes ces choses-là que ça faisait un petit moment que je faisais plus de notes.
Je l'ai déjà dit, que j'adorerai avoir un appareil photo incrusté dans l'oeil?
Regarder constamment autour de moi est un super plaisir. Je vais bientôt devoir y aller, le poisson est cuit. J'ai complètement oublié de le surveiller.
Mais prenons notre temps.
Hier, j'étais chez ma grand-mère. Je me rappelle de l'image de ma grand-mère rentrant dans sa propre véranda, véranda illuminée, alors qu'elle sortait d'un sombre couloir, et il y avait à la fois elle, cadrée dans la véranda, entre les pans du couloir, avec la porte vitrée grande ouverte contre un mur du couloir, et un miroir pas loin non plus. Je pouvais voir ma grand-mère de dos, rentrant dans sa véranda baignée de soleil, son reflet dans la porte vitrée, et son reflet dans le miroir. Je tenais une photo magique.
J'adore son jardin. Elle a un superbe arbre à kiwis. Chez elle, c'est un sacré désordre, mais c'est parce qu'elle se sert de son habitat comme d'un grand atelier. Tous ces objets et ces travaux artistiques tout partout, avec la fenêtre qui éclaire tout superbement, et tout ça... Et puis les expressions de ma grand-mère, quand elle parle, et ses rides comme des lignes traçant un cercle fissuré autour de ses yeux, de sa bouche. Elle a beaucoup de rides, mais de belles rides. Bref, un jour, il faudra vraiment que je prenne mon appareil photo en allant là-bas.
Tout à l'heure, aussi, j'étais allongé sur le lit qu'on a installé dans le salon, et j'avais le pot de fleur en face de moi, avec la porte vitrée en face du pot. L'éclairage sur le pot, avec le pot lui-même, tout abîmé, presque rocheux... Bon sang, la série de photos que j'aurai pu faire. Mais j'avais la flemme de chercher mon appareil.
J'adore m'arrêter sur une image, même un quart de seconde, et essayer de la retenir. J'adore. J'aime. C'est drôle.
Est-ce que je vous ai dit qu'au lycée, ça m'arrivait de tellement aimer une photo pas-photo (puisque pas prise) que je faisais semblant de la prendre en cadrant avec mes mains et en disant clic?
 
Tout à l'heure, j'ai fait la sieste dans le salon, sur le lit qu'on a installé, en écoutant Fip, et c'était franchement délicieux.
Et un peu plus tard, j'ai mangé plein de petites choses en regardant un épisode de That's seventy show sur internet.
Alors que je voulais bosser mon roman cet aprèm. J'avais même commencé et puis finalement j'avais pas envie. J'y travaillerai ce week-end.

Publié par boiseime à 21:00:17 dans textes | Commentaires (0) |

Non, je n'ai pas pris de champignons hallucinogènes ce soir. Texte donc sur la réalisation que la vie n'est pas seulement une putain de routine de merde mais aussi un énorme courant absolument hallucinant quand on y pense qui fait que tu n'es pas un | 03 octobre 2007

Parfois, je réalise que ma vie n'est pas mon quotidien. Parfois je réalise qu'il n'y a pas que la vie (dans le sens où elle a un début et une fin) et j'ai une envie incroyable de réaliser ce que je suis, c'est-à-dire non pas qui je suis, mais me rendre compte du courant de vie en moi qui fait que je ne suis pas encore un cadavre. Et alors je veux crier bouger danser sauter regarder autour de moi voir le monde sentir les odeurs écouter les bruits (selon que je veux profiter de la vie qui est en moi en captant ce qui m'entoure ou que je veux en profiter pour expérimenter non pas mes sens mais mon corps et toutes ses capacités dûes à cette putain de vie qui m'habite).
BREF ÊTRE EN VIE C'EST SENSATIONNEL. Parfois la vie c'est juste mon quotidien, parfois c'est l'attente à la cantine, mes devoirs à faire, c'est du glandage devant l'ordi, c'est oublier mes manques, c'est attendre devant un cours, c'est attendre que mon prof de philo parle enfin de philo au lieu des mormons ou de "28 semaines plus tard", c'est contempler incroyablement envieux l'art de Craig Thompson et me demander si je serai aussi talentueux quand j'aurai son âge, c'est lire des bédés, penser à lire ces bouquins qu'on a pas le temps de lire, parfois la vie c'est une spirale qui se répète sans cesse jusqu'à ce que ce soit une autre spirale qui s'installe aussi en routine, bref la vie c'est une routine, BREF, LA VIE, PARFOIS, ON SE DIT QUE C'EST PAS FRANCHEMENT SENSASS parce que voilà, ça a rien de fascinant, tellement que tu vénères le sommeil, qui est comme un abri, et tu veux pas te lever, et tu veux pas vivre; et puis parfois tu chantes "Ha! pIness- to BE alive! (bruits bizarres après, genre beat-boxing amateur)" alors que tu n'as strictement aucune raison, simplement, t'es heureux, t'as aucune raison d'être heureux, mais tu réalises que la vie n'est pas ton quotidien, n'est pas ta spirale, n'est pas ta routine, n'est pas tous ces moments où tu attends, on passe sa vie à attendre, n'est pas des moments perdus, n'est pas tous ces moments où tu ne trouves pas de temps pour toi, n'est pas non plus tous ces moments où tu as tellement de temps pour toi que tu ne sais pas quoi faire ce que tu détestes puisque tu n'es pas en vie dans l'objectif de passer ton temps à le faire passer plus vite, dans ce cas-là autant crever; tu réalises que la vie, voilà, c'est ne pas être mort, alors tu tâches de profiter et tu passes un putain de moment à retourner chez toi alors que le soir est tombé, que tu rentres du ciné, que d'abord tu écris un poème dans ta tête sur tout ce que tu vois, tout ce que tu entends, et qu'ensuite tu chantes un truc bizarre assez fort devant les voitures défilant sur la route.

Publié par boiseime à 20:58:25 dans textes | Commentaires (1) |

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Présentation



Adolescent de sexe masculin, j'ai eu 18 ans le 6 Juin. Le reste est dit dans mon blog, qui peut peut-être être considéré comme une grande rubrique "moi"...

J'en sais rien. Je m'en fous. Je vais vous laisser lire mon blog et puis voilà.

Bonne lecture.

Ah non, attendez...
Tant que j'y suis, autant présenter mon blog aussi. "C'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est une ombre dont le soleil est mon esprit fertile, c'est le reflet de ma personnalité et des méandres de ma personne, "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est des textes absolument relatifs à TOUT et à RIEN; c'est des notes sans le moindre intérêt, des notes curieuses et expérimentales, des notes profondes et denses (sans prétention aucune...), c'est des dessins, plein de portraits, parfois j'essaie de changer; c'est aussi des choses tout à fait inclassables, dans la catégorie "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", où mes notes y mélangent dessin, photographie et textes de deux lignes seulement.

Mon blog, c'est mon point de vue humain, mes réflexions à deux balles, mes vagabondages littéraires qui ne m'amènent nulle part, c'est ma merde et c'est aussi un moyen de diffuser mes travaux, c'est une cabane virtuelle où je peux toujours m'occuper, c'est un abri, c'est un refuge où s'accueille et se recueille mon cerveau fatigué ou hyperactif, selon les moments, c'est un espace de jeux bien à moi, et puis surtout, c'est un énorme bazar.

 

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