Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

"c'est alors qu'une chaise vivante arriva" :

bazar intérieur extériorisé ici-même, récréation intellectuelle, cabane virtuelle, laboratoire à tout, espace de jeux bien personnel

Note autour de tout et rien. | 11 avril 2008

Celui qui tape au hasard sur son clavier est un individu qui enlève progressivement le bandeau lui recouvrant les yeux, et ainsi, apercevant tous les chemins possibles. Et, progressivement, il s'avance sur l'une de ces voies. Parfois, quand il réalise que l'un de ces chemins ne lui plaît pas, il sort des sentiers battus pour rejoindre un autre chemin qui lui correspond plus.

J'ai envie d'essayer d'emprunter des petits chemins de pas grand-chose. J'ai encore ce bandeau sur les yeux : je sais que je marche, mais si j'avance, c'est à l'aveuglette.

Je suis fasciné par l'amour et l'engagement que cela implique. Le jour venu, je me demande comment est-ce que j'arriverai à partager mon temps entre solitude nécessaire, et partage avec l'autre tout aussi nécessaire. Ce sera surement facile. Après tout, si je l'aime, elle me permettra de respirer comme la solitude me permet de respirer. C'est une question de relation, d'osmose. Mais tout de même. Alors qu'il y avait une époque durant laquelle j'y pensais et le désirais constamment, aujourd'hui, c'est presque le contraire : j'ai même du mal à seulement me concevoir en couple.

Je trouve que le monde est rempli d'images magnifiques. J'aimerai réussir à faire plus que prendre certaines de ces images en photo. Je voudrai m'entrainer à les décrire, par écrit. C'est le travail que j'essaierai de faire avec ma future nouvelle. Je sens que ce sera pendant les vacances. Encore maintenant, je vois derrière moi un éclairage magnifique à la lumière naturelle qu'il y a à sept heures du soir, sur une... merde, comme ça s'appelle? C'est pas une pelote, la pelote est ronde... De toutes façons, la lumière n'est déjà plus la même. Mais voilà, j'adore ça. M'extasier devant ce spectacle permanent de ces éclairages ordinaires mais magnifiques, devant ces cadrages à faire tout à fait superbes, devant ces scènes, cette disposition des personnes, ces expressions des corps et des visages qui mériteraient qu'on arrête le temps... Tiens, j'adorerai pouvoir faire comme dans Cashback.

Je suis contemplatif, et j'aime l'être. Je regarde encore derrière moi. Sous la table, une paire de bottes, debout, mais le haut d'une des deux bottes (comment ça s'appelle, le bout d'une botte ??) est rabattue par terre, comme le serait l'oreille d'un chien; un éclairage découpé par une fenêtre hors champ met en scène les bottes dans le sens des deux chaussures, collées l'une contre l'autre. Je pourrais presque prendre mon appareil photo...

Voilà, je viens de les prendre en photo, mais je ne trouve pas le résultat si extra.

Vous savez, dans ce genre d'images magnifiques, j'ai un souvenir assez incroyable d'une tartine de nutella. On était en été, il y a une lumière magnifique, j'avais la tartine ployée dans ma main, et ainsi recourbée, ainsi éclairée, le nutella avait de ces reflets, mais de ces reflets... Bleu, mordorés, truc, machin... C'était MAGNIFIQUE. Ça fait des années, maintenant, mais cette image, je crois que je ne l'oublierai jamais. Hélàs, je n'avais pas d'appareil photo à l'époque.

Une autre chose que j'aime, c'est le silence. Le silence, et la solitude. Mais l'un AVEC l'autre. Être seul dans le bruit et la fureur du lycée, ce n'est pas cool. Mais arriver chez moi, m'apercevoir que seul Chalomé qui fait miaou miaou est là pour m'accueillir, enlever mes chaussures, monter en vitesse les escaliers, laisser tomber mon sac à dos, gesticuler pour faire tomber aussi mon manteau, entrer à l'intérieur des toilettes, baisser le plus calmement possible ma braguette et, ENFIN, me LAISSER évacuer cette terrible charge, me DÉLIVRER de cette effroyable retenue, durant le temps qu'il faut, déjà, déjà ça se savoure; mais ensuite, alors que ma vessie se tient enfin tranquille, que je m'assoie contre mon bureau, que le chat s'assoie sur mes cuisses; savourer cet instant de rien-faire, de tranquillité, et écouter le silence, après le lycée, c'est véritablement un vrai bonheur. (edit : oui, c'est redondant, n'est-ce pas ? Pourtant, je  n'ose ni supprimer "véritablement", ni "vrai"...)

J'aime aussi profiter de la solitude de mon petir logis pour m'accorder une liberté totale : quitter absolument toute retenue, me laisser emplir d'énergie, et la recracher avec une joie et une sensation infinie d'être vivant et dans l'action et dans son corps tout entier, en chantant, criant, beat-boxant, dansant, jouant des percussions sur tout ce que je touche, tout-cela-tout-à-fait-mal-mais-puisque-je-suis-seul... c'est également une certaine idée du bonheur.

J'aime aussi profondément quand je peux profiter de mon C.D.I dans le calme. Mon Dieu, si seulement je pouvais y aller plus souvent... Mais, voilà... Je ne suis en général pas seul, et donc pas libre. Mais, lorsque je vais au C.D.I... Tous ces magazines, je vous le dis, tous ces magazines ! Rien que dans UN numéro de Beaux-arts magazine, je découvre Keith Harring et Louise Bourgeois, j'en apprends un peu plus sur Vlaminck, sur l'art pictural contemporain...

Et tous ces autres numéros d'autres magazines, dont j'aimerai tant trouver le temps pour les lire... Je me demande si ce numéro de Lire, sur la littérature juive, pourrait m'intéresser : je pense que oui, car je m'étais l'année dernière passionner pour leur numéro sur la littérature indienne... Tiens, d'ailleurs, je n'ai toujours pas lu Tagore. Il faudra que je le lise, un jour.

Je suis sûr qu'à quarante ans, je n'aurais toujours pas commencé à véritablement attiser (et satisfaire) ma curiosité pour William Blake.

Il y a tellement de choses. Tellement de choses à écrire, à prendre en photo, à dessiner, à lire, à découvrir, à apprendre... C'est impressionnant.



Bon. Vendredi prochain, soit le 18 Avril, j'ai mon entretien pour la Classe d'Approfondissement en Arts Plastiques à Fontenay-sous-bois. Je devrai amener des travaux originaux. Ça me fait complètement flipper. J'ai terriblement peur de ne pas être admis. J'ai la motivation et tout et tout, mais je ne sais pas si mes travaux seront franchement intéressants... D'ailleurs, vous ne pouvez même pas essayer de me rassurer : la plupart d'entre vous ne les connaissent pas, mes travaux originaux. C'est vraiment horrible, j'ai vraiment peur.

Il faut que j'aille réviser ma philo. Demain, j'ai une explication sur table.

Publié par boiseime à 19:52:30 dans textes | Commentaires (3) |

Mes notes se font rares, alors j'ai essayé de vous gribouiller une chronique… | 06 avril 2008

Un lapin rose sur la tête du président dégringole sur la balustrade dorée.

 Le Monde est pénible. Je pense au Tibet, et je pense à tout le reste.

 En 1968, en Tchécoslovaquie, un étudiant s'est immolé pour protester contre l'occupation soviétique, avec la répression du printemps de Prague.

 Et j'aimerai me rappeler des détails de ce chinois qui a souhaité s'interposer devant un tank, il y a bien longtemps.

 Une fois, un chef de l'État chinois avait fait ses excuses au Tibet, et il a eu vite fait d'être démis de ses fonctions.

 Les gens peuvent être pénibles et faire devenir d'autres gens agoraphobes. En surnombre, ils font devenir certaines personnes misanthropes.

 J'ai vu There will be blood, et Daniel Plainview, ça c'est du misanthrope.

 En ce moment, c'et le blocus pour mon lycée. Je me positionnerai pas sur c'est bien ou mal, ni sur les réformes si c'est bien ou mal; mais... le lycée vide, bon sang. Oui, car j'ai franchi le blocus, et un lycée désert, vraiment, ça laisse rêveur. Quelques âmes errantes pendant les cours. Au lieu des troupeaux de beuglements assourdissants qui empêchent un cours. Des couloirs vides. Un C.D.I tranquille où il fait bon de lire. Une cantine sans queue, sans bordel: une file sans être étouffé par un océan de violents éléphants qui t'écrabouillent la gueule de part et d'autre autour de toi. Une file sans attente de vingt minutes que tu passes comme noyé dans un océan de gens méchants, mal éduqués, cons et débiles profonds qui te foutent en rogne. D'ailleurs, pas de file du tout.

 Une fois à l'intérieur de la cantine, toutes les tables vides. On ne passe pas des heures à chercher une table. Aucun boucan embarrassant qui te fait demander "QUOI ?" quand on te parle. Aucun surveillant qui te dit de te dépêcher de finir de bouffer parce qu'il faut que ça tourne.

 Non, là, c'est simplement désert.

 Bon sang, si seulement ça pouvait être une situation normale : une petite poignée de personnes, pour un lycée immense.

 J'aimerai vivre un jour dans un trou perdu quelque-part sur Terre, dans un endroit à la densité minimale et aux espaces immenses.

 J'aime les gens, j'aime autrui, mai j'aime être tranquille. J'aime être seul. J'aime être libre. J'accepte pourtant, bien sûr, d'aimer les autres. D'être avec eux. De me donner du bonheur grâce à eux. Et j'accepte aussi, malgré moi, d'être dégoûté par certains aspects que nous détenons également, que ce soit dans la queue de la cantine ou lorsque l'on entend parler du grand monde extérieur.

Publié par boiseime à 00:10:30 dans textes | Commentaires (3) |

Le Cousin | 01 avril 2008

- Haaaaa !

Il venait de s'enfiler un magnifique verre de pamplemousse blanc, et le reposait lentement à côté de l'évier. Soudain, devant lui, il vit un cousin collé au mur. Il ne savait plus que cela s'appelait un cousin, et d'ailleurs, il avait oublié si c'était inoffensif, ou bien aussi terrible que les moustiques. Mais il lui semblait que ces bestioles, qui ressemblaient tant aux moustique, partageaient certainement les même vices désastreux. Oubliant tout à fait le jus de fruit — délectable —, il saisit qu'il fallait faire un choix. Puisqu'il ne devait être qu'un espèce de gros moustique, il méritait sûrement la mort. Et, en même temps, il lui semblait que la vie possédait un caractère sacré à respecter; d'autre part, écraser le spécimen de ses mains nues lui était une idée peu enthousiasmante. Durant tout ce temps, le cousin demeurait tout à fait figé. Sachant qu'il fallait agir rapidement, le jeune homme prit l'initiative de prendre un verre. Il prit spontanément celui où il avait savouré le jus de pamplemousse blanc, et se dirigea vers le salon, faute d'avoir trouvé le moindre papier dans son champ vision, devant l'évier. Là, sur la table en désordre, il prit une feuille où sa mère, abstente, avait noté sa liste de choses à faire durant la journée. Il revint au trot dans la cuisine, et, regardant son verre, réalisa : non, je ne vais pas utiliser le verre où j'ai bu mon jus : j'aimerai sûrement, tout-à-l'heure, en reprendre un peu, dans le même verre...

Le jeune homme chercha donc un autre verre. Il constata malheureusement qu'il n'y en avait pas le moindre, sale, dans l'évier... Il restait cependant, à côté de l'endroit où il venait de reposer son verre précédemment gorgé de jus, un verre trensparent couleur caramel. Bon. Il ferait l'affaire.
Le jeune homme prit donc le récipient, se concentra, et, constatant que l'espèce de gros moustique était resté au même endroit exactement, l'appliqua autour du cousin, enfermé. Il glissa enfin le papier sous le verre, et pût se permettre de prendre la cage en main dans l'objectif final d'ouvrir la porte de la cuisine, et de laisser filer l'insecte. La porte ouverte, le cousin toujours enfermé, il se questionna à voix haute :

- Est-ce que j'ai raison ? Enfin... Je la laisse vivre, mais, si c'est effectivement la même chose qu'un moustique et qu'il va pour faire souffrir la race humaine, je ne sais pas si je fais bien... Je devrais peut-être la tuer... En même temps, Je trouve que Tolstoï a une manière de penser très intelligente, et sa conception de toute vie comme sacrée, et donc respectable, me paraît tout à fait légitime, et je devrai peut-être le respecter, malgré le fait que, de toutes évidences, tuer ce genre de choses n'est pas un acte criminel... Ce n'est qu'une bestiole qui, sûrement, ne pense pas, ne ressent pas, bref, cet insecte n'est qu'une machine, et elle gagnera plus à être tuée, épargnant ainsi mes propres congénères de mille sangs sucés, que vivante, et emmerdant l'espèce humaine... Ouais... Ouais, mais bon... Même si il semble en effet davantage logique de la tuer, ne pas la tuer, c'est respecter la vie, et respecter la vie, c'est me respecter moi-même... Enfin, je dis pas que je l'épargne juste pour moi, mais... euh... Dans tous les cas, la conception de Toltoï me paraît asez pertinente pour être méditée, et respectée en attendant de peut-être la réfuter...

Le jeune homme, terminant de murmurer tout seul dans sa barbe, leva les yeux au ciel. Enfin, il fit attention au verre caramel :

- Enfin bref, t'en as ptêt marra d'étouffer, toi...

Là, comme pour officialiser la fin de son soliloque; il retira la feuille de papier, laissant s'échapper l'insecte, rentra dans la cuisine, et referma la porte.



Plus tard, la soeur du jeune homme lui dit que ces "espèces de gros moustiques" étaient en fait des cousins, et que ces choses-là sont tout à fait inoffensives, ne suçant pas le sang. Il en conclut qu'il avait bien fait de l'épargner.

Publié par boiseime à 21:03:10 dans textes | Commentaires (0) |

Sur la bédé, sur la littérature, sur moi par rapport à tout ça, et puis sur mon deviantart et les yeux rouges, à la fin. | 06 mars 2008

J'ai faim. Après cette note, je vais croquer un bout.

Je me sens... Drôle. Soulagé, libéré. Aujourd'hui, j'ai terminé de retravailler L'Hydromelade, mon roman, que j'ai revu de bout en bout tout le long de ces vacances. J'ai écrit ce truc en neuf mois, mais ça va faire bientôt un an et demi que je le retravaille. J'y ai mis mon coeur... Si vous voulez voir l'ouvrage, c'est dans mon bloggroll, le lien est pas difficile à trouver.

Je compte imprimer deux exemplaires pour des proches, et j'hésite à en imprimer d'autres dès maintenant pour les envoyer à des éditeurs. Sinon, j'attends les prochaines vacances.

De toutes façons, je n'espère pas tant le publier. Je sais que j'ai peu de chances. Parce que, si je n'y arrive pas, (et même si j'y arrive, d'ailleurs) je pense que je l'adapterai en bande dessinée, dans quelques temps, quand je serai suffisamment prêt. Comme je ne le suis pas pour l'instant, je compte m'atteler à un autre projet de bédé d'ici cet été, qui sera un vrai projet bédé, mais cela dit moins dantesque pour l'amateur que je suis. Ce sera une transition, un exercice. Il me reste encore l'histoire : il me faut quelque-chose d'assez gros, sans l'être excessivement. C'est embêtant... Même ma nouvelle, dont je travaille le schéma narratif, va commencer à devenir un futur second roman... Je sais pas faire de petites histoires. Je sais écrire des délires pour mon blog, mais des petites histoires... Enfin, j'y arriverai bien.

C'est bizarre, quand même. Je me sens davantage fait pour la bédé, et au lieu d'en faire, j'écris des textes et des romans. Pourtant, je pense que c'est vraiment ça qu'il me faut : si j'étais destiné à la littérature, je lirai plus; alors que je le fais extrêmement peu - je suis le premier à dire que c'est dommage ! J'ai envie de lire des millers et des milliers de bouquins, alors que je les lis au compte-goutte, c'est horrible... Qui sait si, dans vingt ans, j'aurai lu Dostoïevski, ou Tolstoï ? Bon sang, j'espère que oui quand même... Bref. Je lis donc extrêmement peu. Et c'est bizarre d'écrire un roman, quand on ne lit pas plus de romans que n'importe qui d'autre. Parce que c'est vrai que c'est ça qui forge l'écrivain, en partie : lire les autres, c'est déjà un peu apprendre à écrire. On s'en rend encore plus compte lorsqu'on écrit effectivement. Depuis que j'écris mon roman, je ne les lis plus exactement de la même manière : je suis beaucoup plus attentif au style, comment c'est écrit, et je tâche d'en prendre de la graine.

Pour moi, voilà comment on apprend (que ce soit pour la littérature ou la bédé) : en observant les autres, et en s'exerçant.

C'est en forgeant qu'on devient forgeron, mais c'est aussi en regardant comment les autres forgent.

J'ai les deux, mais pour deux disciplines différentes, c'est couillon : je lis moins de livres que je n'aimerai, mais j'ai écrit un roman, je commence donc drôlement à m'exercer; et je lis un quantité non négligeable de bédés - quoique ça a énormément changé... Aujourd'hui, j'en lis extrêmement peu comparé à avant. Il y avait une époque ou j'allais à la médiathèque d'à côté deux fois par mois, en empruntant huit albums à chaque fois. C'était il y a des années. Aujourd'hui, je change mes bédés à la médiathèque une fois tous les deux mois, n'en empruntant que quatre... Sans compter les achats : ça fait des mois et des mois que je n'ai plus acheté la moindre bédé, mais comme ma soeur travaille et vit chez nous, elle a un fort pouvoir d'achat et achète les bédés qu'il m'est vraiment essentiel de lire (soit les Donjon, en fait... Enfin, surtout).

Alors qu'avant, j'allais à Virgin et m'achetai facilement cinq bédés. La fréquence, par contre, je sais plus...

Bref, j'étais très gourmand en la matière, et j'ai freiné. C'est que je manque davantage de temps, sans compter que ces derniers temps, j'ai lu des gros pavés assez considérables et assez longs à lire... (ce qui ne va pas s'arrêter tout de suite puisque, lorsque j'aurai fini American Gods de Neil Gaiman, un livre, (ce qui n'est pas près d'arriver puisque je n'en suis qu'au chapitre trois) je lirai l'énormissime et considérable Watchmen, au scénario du géniallissime Alan Moore - oui, j'aime bien les -issimes)

Bon, je compense mon manque de lecture actuel en ne lisant, par contre, que d'excellentes bédés, je n'ai plus de temps à perdre comme avant pour les autres. Et, ce que je veux bien sûr dire, c'est que les bédés que je lis, j'essaie - J'essaie ! De les étudier... J'aime acheter mes bandes dessinées, pour pouvoir les étudier à longueur de temps quand je veux. Et je vois comment les dessinateurs font leurs bédés. Je vois les différents styles, les différents moyens, les différents partis pris, et j'admire autant les bandes dessinées de Cristophe Blain que celles de Joann Sfar, que celle de l'incroyable Frederik Peeters, de l'incroyable Emmanuel Guibert, de l'américain Craig Thompson... Tous, je les admire, et j'étudie précieusement leurs bandes dessinées, de sorte que, lorsque je m'attellerai à la bédé, j'aurai déjà un certain acquis : tout comme un écrivain apprend d'abord en lisant attentivement des livres, un auteur complet de bédé aura appris en lisant tout aussi attentivement des bandes dessinées. Évidemment, cela ne suffit pas, et extrêmement souvent, la bande dessinée s'est énormément enrichi en s'alimentant de gens qui n'avaient pas baigné dans la bédé : Edmond Baudoin, que j'admire considérablement, n'avait quasiment jamais lu de bédés lorsqu'il s'y est mis, et David B. était surtout un grand féru de littérature : mais justement, ça a nourri la bédé.
J'aimerai penser que ça peut marcher en sens inverse. J'aimerai que ma boulimie de cinéma et de bande dessinée alimente l'originalité de mon écriture. Mais je ne sais pas si c'est le cas.


Bref, toujours est-il que je pense quand même qu'il est essentiel d'étudier des auteurs sérieux pour avoir, soi-même, des bonnes inflences qui nous construisent. Mais, évidemment, il ne s'agit pas uniquement de ça. Il faut aussi, bien sûr, en faire, ce qui vraiment va nous apprendre.

Or, j'en ai pas encore beaucoup fait. Alors que j'ai écrit un roman et travaille à en mettre peut-être un second en chantier, niveau bédés, je commence vraiment à peine... En fait, c'est la première fois que m'y attelle très sérieusement, avant c'était pas vraiment un entraînement très considérable... En art plastique, soit trois fois par semaine, je travaille ainsi à faire de VRAIES planches, depuis plusieurs mois. Ça me fait un premier échauffement.

Bref, donc voilà la donne : Pour apprendre, il faut étudier et s'entraîner. Et mon problème, c'est que j'ai fait les deux, mais pour deux disciplines différentes : j'ai bien étudié mes chères bédés, mais me suis encore peu entraîné; et j'ai écrit un roman, mais n'en lis pas suffisamment à mon goût.

Bon, je pense que cela dit, les choses vont s'équilibrer : si je ne vais peut-être pas lire plus, je commence à lire plus attentivement, et si je ne me suis jamais beaucoup entraîné à faire des bédés, maintenant, je commence, et j'accélèrerai le pas en été, comme j'en ai déjà parlé.

Bon. Je commence à parler depuis longtemps, et j'ai vraiment faim. Je change de sujet sans en changer : je vais vous parler de ces derniers jours, durant lesquels j'ai donc retravaillé mon roman.

L'autre jour, j'avais bossé un passage assez chiant à retravailler, c'était si embêtant que j'y suis allé très lententement, en alternant avec beaucoup de glandouille sur le web. Du coup j'avais bossé que quelques pages. Et puis le soir, j'ai repris le travail. Ayant dépassé le passage un peu chiant, j'y suis allé moins mollo, j'ai bossé pendant des heures sur mon ordi et je me suis couché à trois heures du mat'. Le lendemain, j'ai voulu vous écrire une note pour décrire ma douleur en me métaphorisant en un zombie aux yeux empourprés. Parce que j'ai passé ma journée à avoir atrocement mal aux yeux. C'est allé de mal en pis : au cours de la soirée, j'avais l'impression d'avoir des cils coincés dans mes deux yeux. C'était vraiment pénible. Du coup, je n'avais pas bossé mon roman de la journée; mais j'en ai profité pour alimenter mon compte Deviantart (je vais vous en reparler). Le lendemain encore, mes yeux me piquaient encore un petit peu, mais c'était quand même très largement mieux.

Bon. Maintenant je vous parle vite-fait de mon compte Deviantart, alors ? Okay. Comme vous avez pu le voir à chacune de mes notes (sauf mes notes de dessineux), je prends pas mal de photos. Eh bien, comme je ne peux pas mettre toutes mes photos ici, vu que je souhaite qu'elles restent des compléments à mes articles, et vu qu'en plus j'essaie en général que ça ait un rapport avec les dit-articles, tout ça fait que je ne publie pas TANT de photos que ça, en tout cas, pas autant que j'en prends, et même pas autant que j'en prends des vraiment belles.

Donc dernièrement, j'ai commencé à lâcher la bride grâce à deviantart : je me suis créé un compte, où j'ai commencé à mettre mes belles photos. Maintenant que ce deviantart commence à avoir un petit peu de contenu, qu'il propose des photos à voir, quoi, je peux vous le révéler, c'est pourquoi je m'apprête à mettre http://boiseime.deviantart.com dans mon bloggroll.

Voilà voilà. Pardonnez-moi pour cette longue note d'introspection, je vous laisse à vos occupations.

Publié par boiseime à 22:18:55 dans textes | Commentaires (1) |

Dialogue sur la mort entre ma chaise vivante et ma personne. | 26 février 2008

Contrairement aux manières usuelles, je ne m'asseyais point sur ma chaise. Non, parce qu'elle était vivante, vous comprenez. Elle m'avait bien expliqué la chose telle qu'elle était : j'avais un joli cul, c'était certain; mais cela ne devait pas signifier qu'il était son genre, et encore moins qu'elle appréciait qu'il s'étale ainsi sur sa tronche, comme l'aurait fait un raz-de-marée sur un pauvre îlot. Est-ce que moi, j'aurais aimé que quelqu'un étale son cul sur ma figure? Eh bien, ce n'est pas confortable, et bien que certains fessiers soient forts soyeux, on y étouffe, on s'y étrangle, on y meurt. C'était là son discours, et depuis qu'elle m'a déclaré ça fort solennellement, j'ai dorénavant la politesse de la respecter, et de ne plus siéger sur son trône.

Bref. Si je ne m'asseyais pas sur elle, sachez que je lui parlais. Parce, depuis que je la connais; — enfin... depuis que je sais qu'elle est vivante; — j'ai eu le temps d'apprendre qu'elle était une chaise fort aimable. Bon, vous me direz, je n'ai strictement aucune idée de comment sont les autres chaises... Enfin, il me semble... Il me semble qu'elles sont... Des êtres inanimés. Alors, cette chaise-là... MA chaise... Je ne crois pas pouvoir la comparer aux autres. De par la flamme de vie qui la parcourt, elle n'est presque plus une chaise. En tout cas, c'est une chaise hors du commun, atypique, marginale, euh; un spécimen unique en son genre, disons. Donc voilà, cela pour dire qu'elle est incomparable à ses pairs. Au fond, ma chaise est tout, sauf une chaise.

Considérez un peu la chose : étant vivante, cela porte à conséquence, et tout, absolument tout, change ! Un objet est un être inanimé. Ma chaise est vivante. Elle n'est donc pas inanimée. Peut-on encore la considérer comme un objet ? Eh bien, vivante ou non, elle en reste une chaise. Ma chaise est donc un paradoxe. Et puis, ma chaise parle. Elle me dit "je", me donne du "tu". Elle communique. Elle a donc une conscience, d'elle-même, du monde extérieur, d'autrui. C'est formidable!

Mais au fond, ma chaise, si elle est une chaise, n'en garde que l'aspect. Car la chaise est un objet et un objet se caractérise par sa fonction. Or, ma chaise, elle, se caractérise par TOUT, SAUF par sa fonction ! La fonction d'une chaise étant que l'on s'y assoit. Et ma chaise, — c'est insensé ! —, ne veut pas de postérieur sur son chef. Ma chaise, ainsi, n'a pas de fonction. Elle est comme nous tous, êtres humains : elle ne sert à rien. Elle sert à elle-même. Ma chaise pense "je", a foi en son existence, et sait qu'un jour elle mourra, tout comme un jour elle prit conscience de son existence, c'est-à-dire naquit.

   - Quel effet ça te fais, de savoir que tu vas mourir ? lui demandai-je une fois.

   - Quelle question ! Eh bien... Je ne sais pas, moi. Ça me fait... bizarre, je suppose, m'expliqua la chaise. Je sais que je suis doté d'une finitude, et que je ne serai pas toujours vivant comme aujourd'hui. Je serai un jour un cadavre, c'est-à-dire dans mon cas une vulgaire chaise cassée, un objet inanimé sans vie."

Voyant que cela me plongeait dans des abîmes de réflexions, elle me renvoya l'ascenseur :

   - Et toi?

   - Moi ? Oh... Je ne sais pas. Ça me fait peur aussi. C'est assez étrange : je prends la conscience de ma finitude comme une arme à double tranchant : la considération de ma finitude m'aide à valoriser le présent, la vie, et je savoure mon existence avec un plaisir absolument incroyable, me délectant de tous mes sens et de ma conscience. Mais, d'un autre côté... Je ne sais pas. C'est très bizarre. S'il n'y a pas d'après, il n'y a pas d'après, point barre, alors je ne peux pas vraiment dire que je n'ai pas envie, un jour, de ne plus vivre, parce que ce jour-là il n'y aura plus de jour ni d'envies. Pourtant, je ne sais pas... Je ne sais pas. Je crois que j'ai peur de la mort quand je m'imagine en face, ou quand je me mets dans la perspective d'un après sans après, ce qui est totalement absurde."

Ma chaise hocha son dossier pour montrer qu'elle m'écoutait. Un ange passa, que j'abattis en remarquant :

  - Tu sais, chaise, mes parents croient à la réincarnation...

  -Ah oui ?

  -Oui... Et je pense qu'ils n'ont pas forcément tort. Quand je pense aux expériences aux frontières de la mort, je ne peux me dire que tout cela est faux, c'est juste impossible, il y a trop de preuves en leurs faveurs... Et, surtout, de surcroît, je n'ai pas envie que cela soit faux ! Mais... Mais je pense à la naissance, à la vie prénatale, à la conception d'un enfant: je pense au spermatozoïde et à l'ovule, je pense à la cellule, qui se divise, je pense à l'embryon, je pense au fœtus, et... Et, lorsque je pense à l'âme, quand j'essaie de la concevoir parmi tout ça, ça me paraît tout simplement absolument absurde; et cela fait que je ne parviens pas à concevoir une vie après la vie.

   - Ce qui est extrêmement logique.

   - Oui. Et, en même temps... Peut-être qu'il s'agit de points de vue. Peut-être que ma conception de l'âme est faussée, peut-être qu'elle est absurde simplement parce qu'il n'y a en effet pas d'insertion de l'âme dans le corps, ou je ne sais pas quoi. Mais... Dans ce cas-là, comment est l'âme ? Et comment se couple-t-elle avec le corps ? Non, vraiment, tout ça me surpasse.

   - C'est bien normal.

   - Et toi, chaise ? Crois-tu en l'âme ?

   - Eh bien, sur cette question, ma position est agnostique. Pour faire simple, je ne me bile pas là-dessus.

Songeur, je gardai le silence. Puis je dis :

   - Au fond... Mourir, c'est prendre un transatlantique vers un autre monde qui a au moins une chance sur deux de couler à pic..."



(NB : c'est super chiant, j'arrive pas à faire apparaître mes tirets à la publication de la note... Alors que j'en utilise plein, forcément. J'ai du les remplacer par des petits tirets. Jme demande pourquoi les ptits marchent et pas les grands. )

Publié par boiseime à 16:40:21 dans textes | Commentaires (0) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| >>

Présentation



Adolescent de sexe masculin, j'ai eu 18 ans le 6 Juin. Le reste est dit dans mon blog, qui peut peut-être être considéré comme une grande rubrique "moi"...

J'en sais rien. Je m'en fous. Je vais vous laisser lire mon blog et puis voilà.

Bonne lecture.

Ah non, attendez...
Tant que j'y suis, autant présenter mon blog aussi. "C'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est une ombre dont le soleil est mon esprit fertile, c'est le reflet de ma personnalité et des méandres de ma personne, "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est des textes absolument relatifs à TOUT et à RIEN; c'est des notes sans le moindre intérêt, des notes curieuses et expérimentales, des notes profondes et denses (sans prétention aucune...), c'est des dessins, plein de portraits, parfois j'essaie de changer; c'est aussi des choses tout à fait inclassables, dans la catégorie "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", où mes notes y mélangent dessin, photographie et textes de deux lignes seulement.

Mon blog, c'est mon point de vue humain, mes réflexions à deux balles, mes vagabondages littéraires qui ne m'amènent nulle part, c'est ma merde et c'est aussi un moyen de diffuser mes travaux, c'est une cabane virtuelle où je peux toujours m'occuper, c'est un abri, c'est un refuge où s'accueille et se recueille mon cerveau fatigué ou hyperactif, selon les moments, c'est un espace de jeux bien à moi, et puis surtout, c'est un énorme bazar.

 

musique du moment


Découvrez Fabulous Trobadors!

Août

DiLuMaMeJeVeSa
     12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31      

Compteur

Depuis le 20-12-2005 :
130647 visiteurs
Depuis le début du mois :
7457 visiteurs
Billets :
367 billets

Rechercher

Album

Tags

   Bonheur   Dieu   Florilège   Littérature   Portrait imaginaire   absurde   amour   anniversaire   aplat   art   artiste   autrui   avenir   bazar   bazar de l'esprit   bazar trous jean progression   besoin d'écrire   blabla   bordel de merde   bédé   bédé vénérée   carabosse   chiens   claude chabrol   contemplation   courbet   danse   demain   dessin   dessins   dodo   déboires   délire   film   gaiman   gribouillis   griboullis   grâce   halloween   hommage   imprévus   intellectuel   internet   introspection   journées   kangourou   l'Hydromelade   le guépard   le temps qui passe trop vite photo favorite humeur du jour   lecture   liberté   ligne claire   livres   majorité   masque   maturité   mort   musique   mère   météo   note courte   note gratuite   noël   nuages   pensée sur la création   pffff   photo   phrase inutile avec photo que j'apprécie   portnawak   poème autour des tgv   pub   racontage de life   racontage de life inutile   rapidité   relativité   responsabilité   rides   rien à dire   réalité   rêve   secret   sexe   soeur   soir   solitude   stérilité   sur le futur   sur le futur qui devient passé   tableau   temps   travail a domicile internet   trop cool   très très gros bazar   vie   vieillesse   Éloge   à propos u fait d'être vivant ce qui n'est pas rien tout de même   émotions   énergie  
  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03