• Il était un robot qui faisait peur aux gens parce qu'il était un robot, parce qu'il n'était pas vivant, parce qu'il n'était pas naturel; mais qu'il semblait vivant, mais qu'il semblait naturel. Et le robot en souffrait, car il ne voulait pas faire peur, au contraire, il voulait aimer et voulait la tendresse. Mais tout le monde le fuyait, tout le monde avait peur de lui.
        Un jour, le robot devint par le plus grand des hasards un prince charmant. Personne ne savait qu'en fait, c'était le robot, le robot qui faisait peur à tout le monde. Et le robot, quand il se mettait à se conduire comme celui qu'il était réellement, au lieu qu'il semblait être un prince charmant, faisait peur aux gens, de nouveau. Et il devait donc se conduire comme un prince charmant, comme pas lui, pour pouvoir aimer, pour pouvoir la tendresse. Et le robot en souffrait, car on l'aimait pour ce qu'il n'était pas. Et le robot n'avait pas d'audace, et n'osait donc pas crier aux gens: “Je suis le robot! Je suis le robot qui fait peur à tout le monde! Aimez-moi, car vous voyez bien qu'en même temps je suis le prince charmant!”
        Et le robot souffrait et continuait de souffrir, car il n'osait pas avouer qui il était vraiment, il n'osait pas avouer que celui que tous aimaient, c'était celui dont tous avaient peur.



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  • Il était un arbre vert au feuillage marron qui vit un jour passer un homme les jambes en l'air et la tête en bas.
         Il se dit que c'était un homme qui, comme lui, n'était pas comme il aurait dût être. Et l'arbre se donna une bouche pour le lui faire remarquer. Mais l'homme lui répondit qu'il était tout à fait normal, et que s'il s'était ainsi mis à marcher sur ses mains, c'était à cause de son audace. Car il osait être dépressif ou colérique, mais n'osait pas aimer et n'osait pas la tendresse. L'arbre interloqué lui demanda le rapport qu'il ne voyait pas. L'homme lui répondit qu'il n'en voyait pas non plus. L'arbre lui demanda pourquoi, alors, faisait-il cela.
    L'homme lui répondit que c'était pour éviter son problème. L'arbre ne comprenait pas, et voulut des précisions. L'homme lui dit que sa concentration était ainsi pleinement mise à sa marche sur les mains, et qu'il ne pensait ainsi plus du tout à son problème.
        Le problème était que son problème revenait à chaque fois qu'il se remettait à l'endroit, et qu'il se remettait ainsi à penser au fait qu'il osait la colère, qu'il osait la dépression, mais qu'il n'osait pas l'amour, mais qu'il n'osait pas la tendresse; et qu'il se remettait donc à marcher sur ses mains, pour arrêter d'y penser, pour arrêter de souffrir.
         L'arbre comprit.


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