• Je ne sais pas vraiment coudre, pourtant j'arrive à apprécier cette idée.

    Mon existence comme une bobine de fil. Ton existence comme une bobine de fil.

    Une grand-mère strasbourgeoise qui prend ses dés à coudre et nous emmêle.

    Elle nous tisse ensemble pour fabriquer un pull-over.

    Est-ce que c'est niais si j'écris "je t'aime" sur mon blog ?


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  • J'écoute un morceau qui s'appelle Siboney. C'est bien.

    Je comprends ceux qui disent que l'homme est fait pour vivre en société. En effet, je trouve que c'est vrai.

    Lorsque je me retrouve seul, je me transforme en larve.

    Mes colocataires sont partis de Strasbourg, ma petite copine est partie de Strasbourg… moi, je reste pour passer mon bafa à partir de samedi.

    Aujourd'hui, je me suis enfermé dehors sans faire exprès, j'ai regardé des épisodes de séries télé sur le net, j'ai mangé, je suis sorti au cinéma, j'ai lu deux ou trois bédés… et c'est à peu près tout. Je n'ai pas rangé le désordre que j'ai fait, je n'ai pas envoyé mon dossier pour les arts-décos, je ne me suis pas renseigné pour voir la durée du trajet du bus, pour samedi… etc.

    En fait les relations humaines ça a au moins ceci de cool : c'est moteur.

    Sans les gens je glande…

    Bon, peut-être que j'exagère. Peut-être que si j'avais pas internet, si j'avais un roman entre les mains, si j'avais une histoire que je me décidais à écrire…

    Ouais, mais cela n'empêche. Quand je suis tout seul, je fais pas la vaisselle, je range pas derrière moi… je fais peu d'efforts.

    Ce n'est pas trop bon pour moi de me retrouver comme ça.

    En fait je commence à me sentir fatigué, du coup je sais pas si j'ai envie de continuer à écrire.

    Mais, voilà : je suis beaucoup plus facilement désoeuvré lorsque je suis seul et que je ne sors pas de mon appart. Si je suis seul mais que je sors, ça passe encore. Seul enfermé dedans, par contre… Non, il faut sortir. Demain je sortirai davantage.

    Ce soir j'ai lu Ma circoncision de Riad Sattouf. Dans ce livre, il explique comment l'école en Syrie apprend la violence et la haine. Je ne sais pas où ça en est aujourd'hui, mais lorsqu'il y vivait enfant (j'ai bien peur que ce soit toujours pareil aujourd'hui…), les châtiments corporels étaient institutionnalisés, et les maîtres d'écoles ultra-violents. Et, par ailleurs, prêchaient l'antisémitisme à leurs élèves. Et puis, aussi, il y a la condition des femmes…

    Je me souviens, quand j'étais en terminale, en philo, j'avais dû faire une dissert' autour de la question : "l'histoire a-t-elle un sens ?"

    Ce qui revient à : allons-nons quelque-part, dans une certaine direction ?

    Malgré la mondialisation, chaque peuple, chaque pays, chaque endroit du monde semble prendre des directions différentes…

    La religion a beau prendre de moins en moins d'importance dans les affaires de l'Etat et du domaine public en France, il reste toujours des ultra-orthodoxes juifs conservateurs en Israël pour refuser dans leur école des élèves séfarades, et des islamistes au Moyen-Orient pour confondre Allah et République.

    Les femmes ont beau avoir obtenu l'avortement, la pilule et les pantalons en Occident, elles sont toujours voilées, maltraitées par leurs maris, réduites à l'état d'objets dans d'autres pays.

    On peut appeler ces pays "barbares" mais attention : dans l'étymologie du mot, en grec, est barbare celui qui n'est pas de Grèce.

    Levi-Strauss avait écrit : "est barbare celui qui croit à la barbarie".

    Il faut faire attention avec ces histoires de barbares.

    Et, pourtant, je trouve tout ça barbare, et effrayant. Pourtant, que peut-on faire ? C'est comme si toutes les époques du monde se côtoyaient dans une même période… Il y a tant d'endroits dans le monde où la psychanalyse, Françoise Dolto, les Lumières, et tout ce que vous voulez, semblent encore à mille lieues d'exister ou d'être connues.

    Bon. C'était la réflexion du vendredi soir à minuit.

    Bien à vous,


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  • Il est presque une heure du mat' et je suis crevé, mais je crois que je suis quand même parti pour une note.

    Il y a plusieurs choses : 

    il y a une semaine jour pour jour (soit le six juin dernier), j'ai eu vingt ans.

    L'autre chose, c'est que je viens de déclarer sur facebook que je suis en couple avec Hannah Lafargue.

    Ça ne vient pas de moi, car j'ai du mal à prendre des décisions graves, et je considère qu'inscrire sur facebook que je suis en couple avec untel ou untel, a quelque-chose d'une décision grave.

    Mais je ne suis pas mécontent d'avoir accepté de le faire.

    Je ne suis pas mécontent car c'est un geste extrêmement fort. En fait, c'est simple : ça rend cette situation officielle.

    OUI, je suis en couple avec Hannah Lafargue. 

    Je le dis aux autres, mais je me le dis aussi à moi-même.

    Lorsque j'inscris ça sur facebook, lorsque je lis sur mon mur "Florian Duchesne est en couple avec Hannah Lafargue", il y a un côté : "wahou !", un côté je-me-rends-compte…

    C'est comme mes vingt ans… Pour l'instant, je ne me rends pas encore compte que j'ai vingt ans. Ça viendra, mais pour l'instant je ne réalise pas du tout.

    Avec ma copine c'est pareil. Je ne me rendais pas compte de manière absolue que j'étais en couple. Enfin, si, mais… C'est bizarre.

    Enfin non. Désolé, c'est très confus ce que je dis.

    Mais c'est exactement comme l'âge. Ou presque. Le fait est que je viens d'avoir vingt ans. Ce n'est pas rien, d'avoir vingt ans. Mais on met du temps à se rendre compte de ce que c'est.

    Être en couple c'est pareil. C'est pas rien, mais on met du temps à s'en rendre compte. Tu tombes amoureux, tu  "traînes" avec elle, vous vous attachez… et puis, un jour, tu lis : "en couple avec Hannah Lafargue". Et, , tu réalises.

    Mince ! Je suis en couple.

    C'est presque encore pire que d'avoir vingt ans…

    Je veux dire… Mes vingt ans, je n'y ai jamais pensé des masses… Quarante, soixante, quatre-vingts ans… Voilà des âges qui vont pratiquement me traumatiser. Mais vingt ans, je n'y ai jamais tellement réfléchi.

    Le couple, c'est une autre affaire.

    Je rêve d'être en couple depuis au moins dix bonnes années !

    Ça fait au moins dix ans, que j'attends ça ! Et là… là, je lis que je suis en couple sur facebook !

    C'est quand même quelque-chose…

    Mais ça se connecte assez bien avec cette histoire d'anniversaire.

    Lorsque je nais en 1990, j'entre au passage dans les années 90. Lorsqu'on est en 2000 ou 2010, pareil, on entre dans une nouvelle décennie, et ce n'est pas rien.

    Quand j'ai eu dix ans, ce n'était pas rien non plus, et je m'en rappelle encore. Deux chiffres dans mon âge !… Ce n'est pas n'importe quoi, quand même.

    C'est la fin de l'enfance, la puberté qui n'arrive plus que dans quelques années…

    La vingtaine, c'est encore pareil, tout un ensemble, encore plus que la majorité.

    Déjà, c'est un deux au lieu du un. C'est pas n'importe quoi, un deux au lieu du un !…

    Et puis, du coup, c'est le passage dans une nouvelle décennie.

    Avoir vingt ans, c'est passer à l'étape suivante…

    Avoir vingt ans c'est entrer dans la vingtaine, c'est entrer dans une période qui va jusqu'à vingt-neuf ans.

    Le collège, c'est dépassé, le lycée aussi. Le C.D.I c'est fini. La filière L c'est fini. La puberté, c'est fini.

    Lorsque j'ai vingt ans, j'ai tout ça qui se termine de manière très officielle.

    Je suis un jeune homme. Je ne suis plus un ado, je suis un jeune adulte. Un jeune adulte, vous vous rendez compte ?… C'est fou ça quand même.

    Pour moi être réellement adulte c'est être indépendant. Je ne suis pas indépendant puisque je dépends de l'argent que me versent mes parents.

    Donc je suis encore loin d'être vraiment adulte. Cependant, je suis autonome, ce qui est différent. Et donc je suis un jeune adulte (c'est-à-dire pas tout à fait un)

    Quand j'avais dix ans, j'étais pas encore ado. A dix-neuf ans c'est une affaire qui commence à se terminer, même si c'est difficile de déclarer la fin de l'adolescence : on ne sait pas trop quand ça s'arrête et quand ça commence, ces choses-là.

    Pour la vingtaine je sens que ça va être le même genre. Enfin j'espère. Aujourd'hui je suis un tout jeune adulte, autonome mais pas indépendant. Qu'en sera-t-il quand je serai au bord de la trentaine ? Quand j'en aurai vingt-neuf ?

    Il s'agit de mettre les choses en perspective.

    Eh bien, j'espère bien que je serai alors vraiment adulte. Et il y aura à nouveau des choses de terminées. Les études, seront terminées. Ouille ouille ouille ! Voilà qui me fera un drôle de choc…

    Ça me fera drôle, d'avoir trente ans.

    Et puis, donc, j'ai une copine.

    Bon…

    J'ai dit que ça faisait au moins dix ans que j'attendais ça. D' "être en couple".

    Ben, c'est vrai.

    Quand j'étais petit et que je rêvais de devenir inventeur je me souviens très bien comme cela me permettait d'imaginer mon avenir, tout à fait palpitant, avec ma femme et mes enfants.

    Depuis vraiment tout petit j'ai rêvé mon avenir, j'ai rêvé de ces scènes importantes de ma vie. Je me suis "rêvé" mourir des tas de fois, je me suis "rêvé" avec mes enfants, leur apprenant des choses, essayant de répondre à leurs questions… Je me suis "rêvé" célèbre, répondant à plein d'interviews. Et je me suis rêvé, beaucoup, beaucoup beaucoup, avec une femme.

    Son visage n'était jamais bien fixe.

    Cette année, je suis entré à l'école des arts-décoratifs que je désirais tant, j'ai eu vingt ans, et je suis devenu en couple.

    C'est un joli combo.

    J'ai le sentiment que mes rêves se réalisent très progressivement et c'est extrêmement agréable.

    J'ai le sentiment d'avoir attendu Hannah très longtemps. Et je suis profondément étonné d'avoir rencontré une personne qui me corresponde autant. Qui corresponde à ce point à la manière avec laquelle j'envisage mon avenir.

    Mes parents se sont séparés quand j'avais deux ans et demi. Je ne voyais plus mon père que durant les vacances et il me manquait.

    Je crois que c'est à cause de ça que je tiens beaucoup à avoir des enfants. Je veux avoir la présence qu'il n'a pas pu avoir tout à fait avec nous.

    Je n'ai pas souffert de voir mes parents séparés l'un de l'autre, mais j'ai souffert de les voir se séparer de nous ponctuellement.

    Je ne veux pas revivre ça, et depuis toujours j'ai un rêve d'avenir assez précis de ce côté-là.

    Dont le personnage féminin est évidemment un point clé.

    Aujourd'hui j'ai l'impression d'avoir trouvé la "femme-clé"… si l'on peut dire.

    Même si cela peut sembler très hâtif, très téméraire, de le dire maintenant, c'est véritablement ce que je ressens.

    Mais, c'est vrai. J'ai le sentiment qu'une porte m'est ouverte. La porte de mes rêves s'ouvre. Elle ne se serait pas ouverte avec une autre fille.

    Avec Hannah, cela me semble pourtant être une évidence.

    Bon. Tout cela est bien privé, et ce n'est pas forcément très malin de faire des déclarations sur mon blog, public…

    Mais les faits sont là : j'ai l'impression que, ces derniers mois, je ne suis pas seulement devenu "en couple", ce que j'attendais depuis infiniment longtemps. J'ai le sentiment d'avoir également rencontré la clé qui doit m'ouvrir la porte de mes Rêves. Je trouve cela tellement extraordinaire que cela me soir arrivé.

    Bon. Je vais m'arrêter là, ça ira comme ça…

    (bien entendu, ce dont il s'agit, c'est de s'engager sur une voie, et comme je l'ai déjà écrit par ici, s'engager sur une voie, c'est renoncer aux autres.

    Je me suis engagé sur la voix des arts plastiques, j'ai donc renoncé à vouloir devenir, euh, comptable, coiffeur ou acteur de cinéma. En ce moment j'ai encore l'impression d'être dans un engagement, progressif, officieux, mais réel. Et donc, je me sens renoncer aux voies alternatives. Je ne serais jamais pédé par exemple. (désolé, mais je viens de lire "comme des lapins" de Ralf Konïg, je vous le recommande vivement d'ailleurs))

     

    Il y a plein de gens qui ont l'air de trouver ça extrêmement dur de rester amoureux longtemps.

    Il y en a qui balancent : "l'amour dure trois ans". Du côté de ma mère j'ai l'impression que ça fait plutôt sept.

    N'empêche que Gaston c'était l'homme de la vie d'Ayala. Et Papi Pierre celui de mamie Gisèle.

    C'est beaucoup trop tôt pour essayer de se promettre quoi que ce soit, beaucoup trop tôt pour se donner des pronostics. Beaucoup trop tôt pour vouloir décider que l'avenir sera comme-ci et comme-ça.

    Et puis d'ailleurs ma soeur m'a envoyé un très beau poème sur l'amour qui dure dans l'indéterminé.

    Et c'est vrai, l'amour est fatalement indéterminé, quand bien même il dure toujours.

    Alors je ne vais pas essayer de décider des choses à l'avance. D'ailleurs je n'aime justement pas le mariage à cause de ça : pourquoi se marier alors que l'amour est fatalement indéterminé ? Les mariages sont faits pour ceux qui veulent s'aimer toujours mais parmi les mariés il y en a qui y arrivent et d'autres qui n'y arrivent pas : le mariage n'aide pas.

    Et il y a des couples qui s'aiment toujours et jamais ne se marient.

    Bref. Ne pas essayer de s'avancer "pour toujours". 

    N'empêche. Je suis optimiste à propos de cet "indeterminé".


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  • Je viens de regarder une émission sur Tracks, dédiée à Dennis Hopper.

    Juste après sa mort, c'est sur France Inter que j'ai pu écouter une interview de lui, dans l'émission Eclectik.

    C'est drôle. Jveux dire : c'est pas drôle, puisqu'il est mort…

    Mais…

    C'est drôle de le voir à 74 ans, le visage ridé, le cigare dans la bouche… la barbe taillée, excepté le bouc, et les cheveux courts. Et le sourire.

    Ce type s'est noyé dans l'alcool et la drogue à un point assez extraordinaire est terrible. Il a touché le fond.

    Il s'est passionné pour le métier d'acteur de manière très sincère et touchante. Quitte à entrer très jeune sur la liste noire des acteurs d'Hollywood pour ne pas s'être entendu avec un réalisateur plutôt classique, et contraignant ses acteurs à des directions assez rigides !…

    Il a pris du peyotl a dix-huit ans. Il a touché au LSD car il devait jouer dans un film un dealer de LSD et voulait savoir ce que cela faisait avant de jouer son rôle.

    Dennis Hopper a réalisé Easy Riders.

    Il y a des gens, on ne peut pas les imaginer lorsqu'ils étaient enfants. Il y en a d'autres qui sont difficiles à accepter comme vieux !

    Comment un type comme Dennis Hopper, avec le parcours qu'il a eu, peut-il avoir atteint 74 ans ?

    Il n'avait plus touché à l'alcool ou aux drogues dures depuis vingt-cinq ans. Il a certainement changé. Il a dû s'assagir.

    Dennis Hopper a dû devenir quelqu'un d'un petit peu différent de Dennis Hopper.

    Mais comment un type dont l'esprit et le comportement aussi jeune peut-il devenir vieux ? 

    Evidemment, il n'a pas dû devenir vraiment vieux.

    Il y a toujours des gens vieux qui nous racontent leur propre étonnement de se retrouver vieux. Je peux le comprendre.

    Il y a des vieux qui font vraiment jeunes. Dennis Hopper à 74 ans fait encore très jeune. Il est ridé, mais on reconnait parfaitement le type complètement fou qui a pu tenter toutes sortes d'expériences. Qui a sans doute été rebelle, sensible et peut-être intransigeant.

    C'est comme… Tiens, ma soeur par exemple. Celle qui s'appelle Gwenaëlle. Je pense qu'à soixante-dix ou quatre-vingt ans, il y aura encore cette flamme en elle qui nous empêchera presque de distinguer en elle une personne âgée. Enfin, on verra.

    Moi je pense qu'on m'acceptera très facilement comme un vieillard, mais ce n'est pas grave. Tant pis si je ne "brûle" pas comme Dennis Hopper. Tout ce que j'espère c'est d'éviter la sénilité et la décrépitude totale.

    C'est comme Patti Smith, aussi… Regardez-la, chanter "Because the night", regardez-la avec Robert mapplethorpe, habillée avec un jean délavé et troué.

    Comment des gens aussi passionnés peuvent-ils vieillir ?

    Imaginez un instant Kurt Cobain ayant lui-même atteint ses 74 ans… Cette image n'a-t-elle pas quelque-chose de profondément étonnant et fou ? et en même temps… presque apaisant. Franchement, imaginez Kurt Cobain ayant atteint 74 ans… Cette image est presque belle… mais je ne sais pas trop.

    C'est fou, ces gens passionnés qui vieillissent malgré tout.

    Evidemment, ils ne vieillissent qu'à l'extérieur.

    C'est impressionnant ces gens qui vieillissent à l'extérieur et qui restent pourtant les même à l'intérieur. Toujours aussi enflammés, ou presque. Peut-être un petit peu moins, tout de même.


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  • Je dois rédiger mon mémoire.

    Je dois avancer sur mon projet pour Geoffroy.

    Je dois concrétiser mon projet pour le module et en faire un petit book.

    Etc.

    Vivement la fin des cours.

    Cet été… Que vais-je faire, cet été ?…

    Cet été, je vais collaborer au récit de Hortense, qui souhaite faire la révolution dans le monde.

    Cet été je vais essayer d'avancer sur d'autres histoires, plus personnelles : essayer de commencer à rédiger l'histoire de Bastien, qui rencontre God's Dog, tout en se faisant harceler par Vampire qui n'est plus amoureux de Clown.

    Je pourrais peut-être essayer de repenser à l'histoire d' "Amour et ses congénères", mais pour ça j'ai largement le temps.

    Ce été, je vais faire plein de croquis d'observation. J'essaierai de me servir davantage de l'aquarelle dans cet objectif.

    Et cet été j'essaierai de dessiner des fictions. J'ai un projet précis : reprendre des notes de blogs, plus au moins vieilles, plus au moins récentes, les adapter en bande dessinée.

    Le dessin peut-il amener quelque-chose au texte ? Puis-je apporter quelque-chose d'intéressant, d'enrichissant, à un texte qui est déjà autonome ?

    On verra.

    Cet été, je lirai des livres. Je lirai le coeur est un chasseur solitaire de Carson McCullers. Ça fera deux ans que je l'emprunte en été et que je ne le lis toujours pas. Je lirai les premiers tomes des Annales du disque-monde. Je lirai des livres d'Hermann Hesse : Narcisse et GoldmundLe loup des steppes

    J'aimerai aussi lire enfin Le langage des oiseaux, d'Attar. Relire Le Tao de Pooh

    Et des bandes dessinées. Plein de bandes dessinées, des tas de bandes dessinées.

    Mais où ? Où vais-je faire tout ça ?

    A villeneuve-le-roi, je ne suis pas spécialement à l'aise pour bosser mes projets. Je préfère sortir à Paris. 

    A Plerguer, si, c'est bien. Mais si Mathurin est là-bas, je n'arriverai jamais à me consacrer à ces projets personnels.

    Il ne resterait plus que Tharon. Mais je ne vais pas y passer tellement de temps que ça.

    Bon. On verra.

    Suis-je capable de rédiger un mémoire en un peu plus d'une semaine ?…

    En attendant cet été, je ne suis rien d'autre qu'un gros fainéant…

    Je n'ai aucune envie de faire tout ce que l'on me demande de faire. Mais je ne fais pas non plus ce que l'on ne me demande pas de faire. En fait je ne fais pratiquement rien.

    Je crains beaucoup mon deuxième bilan… Enfin, assez, on va dire.

    C'est vrai, n'empêche : foncièrement, je suis fainéant. Sinon, je ne glanderai pas autant. Sinon je travaillerai plus, j'essaierai de faire des trucs cools.

    Ai-je ma place en option communication ? Ai-je ma place en atelier illustration ?

    Ma motivation est extrêmement importante, mais j'ai peur de ne pas avoir le talent nécessaire, d'être un imposteur.

    Peut-être que je passe du coq à l'âne, mais je viens de lire Désoeuvré, de Lewis Trondheim.

    Il écrit ça : "en plus, je ne me suis jamais senti dessinateur… j'avais envie de raconter des histoires, j'ai ensuite fait ce que j'ai pu avec mon dessin…"

    Moi non plus, je ne me suis jamais senti dessinateur.

    Quand j'étais petit, je me racontais déjà beaucoup d'histoires. A un moment, je voulais devenir inventeur : ça me permettait de me raconter des histoires dans ma tête, où je me projetais dans mon avenir, dans ma future vie palpitante et extraordinaire d'inventeur avec femme et enfants, qui remontait le temps et tous ces trucs-là…

    Et j'ai compris que c'était ça, que j'aimais : me raconter des histoires. Je ne sais plus quel âge j'avais, mais j'ai voulu devenir réalisateur de cinéma.

    Mais je m'interrogeais. Plus j'avançais, et moins je comprenais l'ordre chaotique des métiers du cinéma… J'ai compris qu'il y avait des scénaristes, que le réalisateur n'écrivait pas nécessairement son propre film. Et puis, il y a le directeur de la photographie, tout ça… Je comprenais de moins en moins ce que le réalisateur lui-même avait à faire là-dedans !… Ce que j'ai réussi à comprendre, c'est que le raconteur d'histoire, là-dedans, ça devait être le scénariste. Alors, je me suis dit ça, je me suis dit : je veux devenir scénariste.

    Et puis, j'ai commencé à m'intéresser à la bande dessinée. Niveau métiers, c'était beaucoup plus simple que le cinéma. Un qui écrit l'histoire, un qui dessine, et ça peut être le même. Beaucoup plus simple !…

    Alors je me suis dit que, pour raconter mes histoires, je ferais de la bande dessinée.

    Mais je trouvais que je ne dessinais pas assez bien. Progressivement, j'ai rabaissé mon ambition : je voulais faire de la bande dessinée, mais en écrivant des scénarios. Je voulais devenir scénariste de bandes dessinées. Je ne me sentais pas assez bon pour pouvoir les dessiner moi-même un jour.

    Et puis, vers quatorze-quinze ans, j'ai fait plus d'efforts. J'ai commencé le croquis d'observation. Je me suis dessiné dans le miroir. J'ai dessiné les gens autour de moi. J'ai dessiné d'après photo. J'ai commencé à apprendre à avoir un coup d'oeil, à faire attention aux choses, à assimiler.

    Progressivement, j'ai commencé à m'améliorer, de plus en plus. A nouveau, comme en primaire, on me disait que je "dessinais bien". J'impressionnais les gens.

    J'au revu mes ambitions à la hausse : j'avais bien travaillé, je m'améliorais nettement, j'étais sur la bonne voie. Si je continuais comme ça, je pourrais atteindre un niveau respectable. Donc, je ne voulais plus devenir simplement scénariste : j'envisageais de pouvoir devenir auteur complet !…

    Et j'ai continué à travailler mon dessin, de plus en plus, toujours un peu plus. Lentement mais sûrement, je ne cesse de m'améliorer.

    Mais voilà. Je suis dans la cour des grands. Je suis aux arts-décoratifs de Strasbourg, où beaucoup de monde veut aller en illustration. Où soixante personnes ont été gardées parmi peut-être un bon millier.

    Je ne suis pas le seul à aimer dessiner…

    Et, autour de moi… Autour de moi, beaucoup de talent. Un niveau assez conséquent, une certaine aisance chez certains, qui suscitent mon admiration et me font sentir petit.

    Mais je suppose qu'il y a une différence de moteur entre certains d'entre nous.

    Mon plaisir de raconter des histoires est plus important que mon plaisir à dessiner. Mon plaisir à dessiner est subordonné à celui de raconter.

    Et, à ce stade, je lis donc ces lignes de Trondheim : "je ne me suis jamais senti dessinateur… j'avais envie de raconter des histoires, j'ai ensuite fait ce que j'ai pu avec mon dessin…"

    Mais plus loin dans son livre, Trondheim écrit également ces lignes :

    "Le plaisir est la motivation, la source d'énergie essentielle chez moi… et sans doute chez de nombreux auteurs. Elle nous vient la plupart du temps d'une adolescence assez solitaire, alors, il fallait bien s'occuper. Et se raconter des histoires, en bande dessinée ou autre, était un moyen facile de s'entourer d'amis, d'une vie sociale fictive et de se retrouver au centre d'un univers dont nous étions totalement maître."

    Il est évident que je me reconnais parfaitement dans cette description… 

    Bien sûr, que j'étais solitaire, que j'étais introverti. Bien sûr que j'étais renfermé vers moi-même et que c'est pour ça que j'ai développé un univers intérieur avec plein de mondes et de personnages. 

    Si je n'avais pas eu l'enfance que j'ai eue, si je n'avais pas eu l'adolescence que j'ai eue, si mon tempérament s'en était trouvé très différent, il est évident que je n'aurais pas passer tant d'années à me raconter les histoires de Zack, Rob, Alec, Jules, Morgan, Sejuil, Boriak et tout ça, parcourant leur planète à la recherche du Boulchmack Ultime… Il est évident que je n'aurais pas raconté l'histoire d'un caillou blanc qui tombe amoureux d'une étoile, ou l'histoire de Gabriel et Balthazar, deux anges reclus dans une pièce avec une petite fille.

    Si j'avais été normal, jamais toutes ces choses ne m'auraient traversé le crâne.

    Lewis Trondheim est pertinent, mais enfonce le clou : "en fait non, la raison pour laquelle je travaille est pour passer le temps, et principalement passer du temps hors de la réalité. Cette fuite de la réalité est-elle saine ? Doit-elle ou peut-elle être combattue ? Est-elle semblable à celle du lecteur qui cherche aussi une échappatoire à la réalité?"

    Oui, évidemment… évidemment que lorsque j'écrivais l'histoire d'un train qui ne s'arrête pas, qui va jusqu'au cosmos, et que le personnage rencontre une femme et tombe amoureux et réciproquement, évidemment qu'alors je fuyais la réalité.

    Toutes mes histoires n'étaient qu'évasion et fuite, c'est sans doute une évidence.

    Aujourd'hui, je ne me sens plus dans cette posture. Bien que je veuille toujours raconter des histoires, je ne le fais pourtant plus. 

    Joann Sfar a l'habitude d'expliquer sa façon de produire ses bandes dessinées, par les personnages qui sont dans sa tête et qui lui parlent. Il explique que dans sa tête, il y a Petit Vampire, Grand Vampire, le loup-dragou, l'homme-arbre, le professeur Bell, Ossour Hyrsidoux, Petrus Barbygère, Humpty Dumpty, le chat du Rabbin, le malka des lions…

    Tous ces personnages sont présents à l'intérieur dans sa tête, et lorsqu'ils lui parlent, alors il leurs consacrent des bandes dessinées. Et parfois ils se terrent dans un coin, muets, et il interrompt telle série plusieurs années…

    Pour ma part, je ne sais pas si j'ai des personnages qui me parlent dans ma tête. Ce qui est sûr, c'est qu'en ce moment, c'est plutôt calme.

    C'est simple : j'ai un pied dans la réalité. J'ai une vie. Je fais des expériences, découvre, m'épanouis. Si l'on pouvait excepter les "maux" scolaires, alors je pourrais dire que je suis heureux actuellement.

    Mais je ne pense pas pour autant abandonner mes histoires. Ce n'est pas que je compte particulièrement fuir à nouveau la réalité dans quelques années.

    Mais je crois que les histoires ne sont pas simplement ça. Que je les lise ou que je veuille les écrire, pour moi, une histoire doit au contraire m'éclairer sur un aspect du réel. Je veux qu'une histoire m'apprenne quelque-chose, en garder quelque-chose en moi. Si j'écris une histoire, c'est parce que je me pose des questions, et que je veux interroger quelque-chose. Je veux faire des histoires pour m'aider à réfléchir, peut-être pour voir certaines choses un tout petit peu plus clair…

    Bref, je ne renonce à rien. Je ne renonce pas à raconter des histoires. Je ne renonce pas à aller en illustration.

    Et j'évite de penser à ce que je ferai si je ne suis pas pris dans cet atelier. On verra bien ça l'année prochaine…

    Pour l'instant, ce qu'il me faut, c'est écrire ce foutu mémoire, et m'occuper de tout le reste. Il faut que je m'efforce d'avoir la note la moins pire possible à mon bilan. Même si je ne me suis pas encore épanoui du tout dans l'école cette année, je dois faire encore quelques efforts avant que l'année ne se termine…

    Vous savez, je ne vous ai pas expliqué, mais dans Désoeuvré, le propos de Lewis Trondheim est celui-là : "dépassé un certain âge, je risque de ne plus faire que de la merde."

    C'est absolument terrible, car à travers tout l'argumentaire et les problèmatiques débattues dans ce livre, je me suis reconnu par rapport à mon blog.

    C'est la cinquième année que je tiens ce blog, et si mes notes sont de plus en plus rares, c'est par peur de tourner en rond.

    En cinq ans, j'ai déjà abordé beaucoup de choses, sur ce blog. Parfois ce n'est pas simple de ne pas se répéter. Bien qu'en cinq ans, j'ai changé, et mes réflexions ont changé. Et puis, ma motivation a évolué.

    Bref, le portrait brossé par Trondheim du dessinateur de bédé de soixante berges qui n'arrive plus pondre quoique ce soit d'original, me fait un peu penser à moi, maintenant, avec vous.

    Je crois que quelque-chose est plus au moins en train de se terminer.

    Ces derniers mois, il y a quelque-chose qui se tarit, qui s'épuise, sur ce blog.

    Il n'y a q'une seule solution, et c'est le renouvellement.

    Ça ne sert à rien de changer de blog, si c'est pour faire le même style de blog ailleurs.

    Ma première étape pour repartir à zéro, pour ne plus avoir peur de tourner en rond, est celle que j'ai abordé plus tôt dans cet article : l'adaptation en bande dessinée de certaines notes de blog.

    Etape que je compte entamer cet été.

    Je ne dis pas que ce blog est mort, hein. Ceci n'est certainement pas un dernier article. Je vous avoue simplement que je le sens devenir progressivement moribond… Et qu'il me faut envisager quelque-chose de nouveau et qui me soit inédit.

    Quelque-chose de risqué…

    Il faut que je dorme, je tombe vraiment de fatigue. La nuit dernière j'ai dormi quatre heures pour un exposé d'anglais pour lequel je ne suis finalement même pas passé…

    Bien à vous,

    l'auteur du blog


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