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"c'est alors qu'une chaise vivante arriva" :

bazar intérieur extériorisé ici-même, récréation intellectuelle, cabane virtuelle, laboratoire à tout, espace de jeux bien personnel

Monsieur le Prince est fatigué d'être un prince et des complications que lui apportent la VIE SOCIALE. | 04 octobre 2008

"Prince ! Comment allez-vous ?!" s'exclama le duc de Chamfleury en s'approchant à grands pas du trône, les bras largement ouverts.

Mais le prince ne sembla pas réagir aux pas du duc. Il portait une robe somptueuse, vermillon, avec des motifs de feuilles d'or disposées avec délicatesse tout le long de son vetêment. Son visage était maquillé d'une poudre blanche intense, et son crâne couvert d'une coiffe aux longs cheveux blancs disposés en rouleaux.

"Fichez-moi le camp. Je ne vous ai pas invité, monsieur le duc."

La mine de Chamfleury passa du large sourire à la déconfiture.

"On m'avait dit que vous n'alliez pas bien, mais là... Messire, vous êtres rude ! "

Le prince le regarda avec défiance un bon momment, pianotant des doigts le bras de son trône.

"Il n'y a rien qui va mal, monsieur le duc. Plutôt si : vous. Pas seulement vous. Tout le monde. Toute la société."

Le duc, les sourcils profondément froncés, la bouche dans une moue bizarre, signifiait bien qu'il ne comprenait rien à son discours.

" Il n'y a rien à comprendre, duc... Rien de rien."

Le prince regarda longuement, songeur, un immense vitrail illuminé à sa gauche, puis il reprit :

"Je suis prince, mais je ne suis pas prince. Je ne me sens pas l'âme pour être prince. Dites-moi ce que je suis, mais ne me dites pas : "vous êtes prince..." Non, prince, cela n'est pas fait pour moi."

"Mais enfin... Prince !"

"Non ! Pas PRINCE !... Je viens de vous le dire !..."

Il fixa le duc avec nervosité. Il continua à se plaindre :

"Et puis un PRINCE, il doit avoir une cour... Une cour, ce sont des courtisans. Eh bien, je n'en veux pas, je n'en veux plus !", s'exclama-t-il en balançant les bras en l'air. "Je voudrais n'importe quoi, du moment que ce serait seul... Je suis fatigué des autres, je suis fatigué de la société, je suis fatigué de vous..."

Le prince soupira. Son soupir se dispersa dans l'air comme les cendres d'un être cher. Les cendres qui étaient un soupir contenaient toutes ses pensées et tous ses rêves.

Une poussière de cendre disait : je voudrais être cosmonaute et aller sur la Lune et me retrouver seul. Une autre disait : Je voudrais voyager dans le désert, me retrouver face à la mer jaune, être seul. Une autre encore disait : je voudrais être sur une caravelle dont je serai l'unique navigateur, ne jamais retrouver terre, et, face à la mer et au ciel, être seul.
Les poussières de cendre allèrent partout. Les poussière de cendres qui n'étaient que particules d'air de soupir se retrouvèrent dispersés partout dans le royaume, s'éloignant du prince.

Le duc finit par prendre congé, troublé. Le Prince, lui, resta sur son trône sans rien faire. Quelqu'un viendrait encore devant lui compliquer sa vie avec des relations humaines nouvelles, et cela l'énervait d'avance. Ils lui compliquaient tous la vie, tous.

 

Publié par boiseime à 19:43:23 dans textes | Commentaires (0) |

À mes lecteurs invisibles, deux. | 25 septembre 2008

Je suis devant un miroir et je sais que vous êtes derrière et que pour vous ce miroir n'est qu'une vitre. Vous me voyez et je ne vous vois pas et vous faites exprès de rester dans l'ombre. je joue des claquettes pour vous mais sans écho je n'ai aucune idée de ce que je suis en train de faire.

Publié par boiseime à 21:41:49 dans c'est alors qu'une chaise vivante arriva | Commentaires (1) |

À mes lecteurs invisibles | 25 septembre 2008

Imaginez-vous un type. Homme, femme, peu importe. Par androcentrisme (ouais jme la pète en faisant des néologismes cohérents !), je me l'imagine plutôt en homme.

Il est seul et il fait des choses. Devant une caméra. Il danse. Il clame des poèmes. Il dessine, peint. Et montre ses productions à la caméra. Puis il diffuse l'enregistrement sur internet, sans plus jamais les voir.

Dès lors qu'il lance ses enregistrements sur internet, il ne peut plus y avoir accès et perd le contact avec. Il n'a internet que pour envoyer ses vidéos. Il n'a aucun moyen de faire quoique ce soit d'autre avec.

Cet homme vit dans la maison détruite de l'artiste Raynaud.  Le carrelage blanc tout partout, sur tous les murs. Un espace vide, blanc, carrelé, seul dans une maison qui est à l'abri du monde.

Vivant dans cette maison marginale et extrême, il ne voit personne. Il est en contact avec le monde par ses enregistrements, et c'est tout.

Il passe son temps à recueillir les sensations que lui procurent ce blanc, ce carrelage, ce rien-d'autre-que-ça. Et en partant de cela, de l'énergie que cela peut lui procurer, il peint, dessine, pense, dit, déclame, devant sa caméra.

Reste en contact avec le monde.

Mais ses enregistrements partent sans s'en retourner. Ayant perdu contact avec le monde, il ne peut savoir comment sont reçus ses enregistrements. Il pense, il dit, il écrit, il peint, il dessine, il envoie tout cela au monde, puis est destiné à se demander, piteux, de quelle manière ses productions sont reçues. Y a-t-il seulement qui que ce soit qui regarde son travail ? Et si oui, qu'en pense-t-on ? Au fond, ce qu'il veut savoir, c'est qu'est-ce qu'il produit. Il écrit ceci. Pour lui, ce n'est qu'un "ceci". Mais pour le lecteur, qu'est-ce ?

Sans réponse de quiconque, il a l'inmpression d'envoyer des cris aux montagnes qui lui refuseraient même le moindre écho. Il a l'impression de voir disparaître une part de lui-même dans un gouffre. Sans conscience du public, il n'envoie pas ce qu'il fait sur internet, mais jette dans une poubelle à l'abris des regard.

Publié par boiseime à 21:39:52 dans textes | Commentaires (7) |

Esquisse de tête | 17 septembre 2008

Publié par boiseime à 15:51:08 dans dessins | Commentaires (0) |

Si j'étais un géant j'enleverai les os de la viande humaine avant de la mettre dans ma bouche | 17 septembre 2008

Je mange un filet de hareng avec des légumes. Les arêtes du hareng sont comestibles, mais désagréables à la bouche, alors j'essaie de les enlever comme je peux.

Naissent, à un moment donné, plusieurs géants dans ma tête. Ils sont tellement grands que nous en sommes minuscules à côté d'eux. Ils mangent et dans leurs assiettes il y a quelques humains bien appétissants. Une des géantes, avec son couvert, tâche d'écarter deux morceaux de chair : elle trouve dans sa viande quelques os. Elle essaie de les enlever, mais chaque os reste profondément accroché dans la chair.

"Mais ! Qu'est-ce que tu fais ?! Ces os sont minuscules, tu peux très bien les manger !" s'exclame un autre géant.

"Oui mais c'est désagréable dans la bouche..."

"Bon... Fais comme tu veux..."

Publié par boiseime à 15:17:33 dans c'est alors qu'une chaise vivante arriva | Commentaires (2) |

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Présentation



Adolescent de sexe masculin, j'ai eu 18 ans le 6 Juin. Le reste est dit dans mon blog, qui peut peut-être être considéré comme une grande rubrique "moi"...

J'en sais rien. Je m'en fous. Je vais vous laisser lire mon blog et puis voilà.

Bonne lecture.

Ah non, attendez...
Tant que j'y suis, autant présenter mon blog aussi. "C'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est une ombre dont le soleil est mon esprit fertile, c'est le reflet de ma personnalité et des méandres de ma personne, "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est des textes absolument relatifs à TOUT et à RIEN; c'est des notes sans le moindre intérêt, des notes curieuses et expérimentales, des notes profondes et denses (sans prétention aucune...), c'est des dessins, plein de portraits, parfois j'essaie de changer; c'est aussi des choses tout à fait inclassables, dans la catégorie "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", où mes notes y mélangent dessin, photographie et textes de deux lignes seulement.

Mon blog, c'est mon point de vue humain, mes réflexions à deux balles, mes vagabondages littéraires qui ne m'amènent nulle part, c'est ma merde et c'est aussi un moyen de diffuser mes travaux, c'est une cabane virtuelle où je peux toujours m'occuper, c'est un abri, c'est un refuge où s'accueille et se recueille mon cerveau fatigué ou hyperactif, selon les moments, c'est un espace de jeux bien à moi, et puis surtout, c'est un énorme bazar.

 

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