Il fait nuit
Je suis seul
Seul dans la maison
La grande maison
Je pourrais
écrire
dessiner
lire
je pourrais
partir
je pourrais
"avoir le temps"
prendre du temps
l'attraper et l'investir
Faire des choses
J'essaie
Je déchire et froisse un autoportrait
qui me regarde comme une gueule cassée
Cette lumière dans le miroir
Ces couleurs
ce volume, ce réel,
cette matérialité de ma tête
Rien à faire :
je veux d'abord en passer par les lignes, la forme
les accomplir d'une manière
un tant soit peu exacte
pas moyen
ne franchis pas l'étape.
Je barre, déchire, froisse
puis reprends la barre
me calme
Alors je suis seul dans la grande maison
tandis qu'il fait tout noir dehors.
Je me parle,
joue du théâtre
Joue au loup solitaire qui danse et qui chante
Je n'ai ni chanté ni dansé
j'ai imité un type bourré
Je l'ai fait vomir
je jouais le rôle
tâchait de tenir mon masque convenablement
le théâtre me manque
puis
dans le noir
et dans la solitude
j'ai souhaité écrire du rien
de l'infime et du futile
et je me suis adressé
à quelques amis
et des anonymes
J'aurais pu écrire
autre chose
J'aurai pu lire
quelque-chose
J'aurais pu dessiner
autrement
Mais j'ai préféré
perdre mon temps
Foutu temps
On te cherche
On ne te trouve pas
on t'a
On te perd
Moi je te cherche
et puis je te trouve
et quand je te trouve
te perds
Perds mon temps...
Publié par boiseime à 20:43:36 dans textes | Commentaires (3) | Permaliens
I haven't got any story to tell.
Mais cependant.
C'est l'histoire d'un cyborg babouin qui fait des choses.
Et un jour plein de choses vont mal.
Et ce jour-là il ne sait pas quoi faire.
C'est donc l'histoire d'un babouin cyborg qui va mal et qui s'ennuie beaucoup. Il va mal parce qu'on lui a demandés de faire des plans et du coup il en a fait. Et il a essayé de les accomplir et ses plans dans lesquels il avait beaucoup d'espoir se sont révélés foireux.
Ou alors c'est l'histoire d'un étudiant en classe d'approfondissement en art plastique qui s'invente un babouin foireux pour ne pas avoir à raconter sa propre histoire.
Il n'y a pas que ça dans ma vie actuelle, mais ça touche quand même mon quotidien. Il y a que j'ai rêvé durant presque deux ans d'intégrer une classe que j'ai finalement réussi à atteindre, mais la réalité du rêve se révèle... mmh... cauchemardesque ? C'est un peu fort, mais c'est un peu l'esprit.
Je devrais m'entretenir avec le prof mais je ne peux pas aller vers lui. J'ai un blocage. Ce serait comme demander de l'aide, et je peux pas. Je ne peux pas demander. Quitte à ce que je me noie, je n'appellerais pas "au secours"...
C'est crétin, mais je ne fonctionne pas autrement.
Ce matin c'est la troisième fois qu'il m'a dit qu'on parlerait aujourd'hui, ensemble, de mon travail. Et, comme d'habitude, les autres élèves l'ont assailli toute la matinée et il n'est pas revenu me voir.
Je n'ai aucun problème d'inspiration. Je vois bien mon travail, et j'arrive à trouver dans ce que je fais à tel moment, des pistes pour mon travail suivant. Mais c'est la réalisation qui déconne. Dans ma tête, c'est merveilleux. Entre mes mains... C'est fragile ! Voir inachevé et en proie d'être laissé à l'abandon. J'ai faits des découpages de têtes collés contre des morceaux de cartons assemblés en un cube. Mais je n'arrive pas à faire de mon cube un cube, ça ne veut pas coller ensemble, et puis des morceaux de têtes se décollent... Bref, c'est archi-foireux.
Quant à mon prochain travail, (qui sera à base de découpage/collage aussi) je le ferais bien simplement sur du carton, mais ça ferait brouillon. Alors est-ce que je passe à la toile ?... mais, si je passe à la toile, il me faudra acheter de la toile, construire mon châssis... Étapes de toutes façons inévitables, certes, mais est-ce que c'est vraiment ce qui conviendrait pour ce travail-là ? En même temps, quoi d'autre ? Si je n'utilise ni du carton ni de la toile, qu'est-ce que j'utilise ?...
Du papier rigide ?...
...
Durant mon dernier travail, je me suis vraiment éclaté en découpant et on disposant mes assemblages de têtes. Je me suis marré, j'ai rigolé tout seul, j'expérimentais avec plaisir les voies possibles d'assemblages pour ces visages. Puis, je passe au collage. Puis je passe à l'assemblage du cube. Et, des fois, durant ces étapes, tout ne va pas comme je veux. J'ai alors les nerfs à vif. Je ne m'emporte pas, mais j'ai vraiment les nerfs à vif.
Pendant ce temps-là, tous les autres élèves semblent s'épanouir et se faire plaisir dans leur travail plastique.
Moi, je commence à me demander ce que je fais là (un petit peu). Est-ce qu'après tout je n'aurais pas pu me simplifier la vie en faisant des trucs un peu moins vraiment artistiques, un peu plus à ma taille de dessinateur, genre un MANAA ?
Et pourtant, mais si ce n'est pas ma passion première, l'Art m'intéresse. Après, est-ce que j'adore en pratiquer... Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je ne sais pas si je suis fait pour ça.
Et puis un MANAA, je ne sais pas comment c'est, mais j'aurais peur qu'on me fabrique un dessin formaté. Un peu de technique c'est bien, mais un dessin purement technique, pour moi... Non. En même temps, je ne sais pas de quoi je parle : je ne sais vraiment pas comment c'est, une MANAA.
Et puis, je persiste à croire que la plupart des auteurs de bandes dessinées n'ont pas fait des MANAA et des DMA ou des BTS mais ont fait des écoles de Beaux-art, d'Art-déco, qu'ils sont passés par Strasbourg ou Angoulême... Lucie Albon et Natacha Sicauld ont même fait les deux dans leur cursus, Strasbourg ET Angoulême.
Bien sûr, je suis en train de faire des généralités, mais bon...
Et en même temps, je ne sais même pas comment c'est Strasbourg. Je crois qu'il y a un truc relié genre à l'illustration après le tronc commun. J'imagine que ça devrait déjà être moins chiant que ce que je fais cette année (et qui pourtant était un rêve important à réaliser depuis mon année de première...), mais, bon.
Ou alors, les choses finissent par s'améliorer pour moi. Peut-être je finis par parler au prof et je remonte la pente. Ce serait cool. Mais tant que je joue à Bob le bricoleur, je ne serais jamais dans mon élément.
Et pendant ce temps-là, en Écosse, un certain Scott fait sa grosse commission en lisant le Sunday Mirror.
(dans une prochaine note, je vous parle de ma fascination pour Batman)
Publié par boiseime à 21:24:34 dans textes | Commentaires (3) | Permaliens
Je viens de relire quelques notes de mon blog. Des notes de l'année 2006. Je voulais continuer ma relecture mais il fallait que je fasse une nouvelle note pour dire ce que ça me fait. Et ça fait bizarre. J'ai un peu évolué, depuis. Je n'arrêtais pas de me relater plein de questionnements métaphysiques. Assez intéressants, d'ailleurs. Enfin jtrouve. Mais ça n'apporte pas grand-chose, j'ai dû finir par faire le tour du sens de la vie et de la mort, alors je ne fais plus de notes de ce genre mainteant. Même dans mes pensées je suis vachement moins métaphysique, puisque je tournais en rond, toujours les même trucs dans la tête...
Autre chose des notes de 2006 que je viens de remarquer, c'est que je n'arrêtais pas de me plaindre de mon célibat et de ma solitude. En 2006, j'étais en quelle classe ?... Seconde ? Si oui, alors c'est vrai que j'étais assez seul.
Je me suis fait davantage d'amis en première.
Aujourd'hui, je reste solitaire, mais j'ai quelques vrais amis.
Ça fait bizarre de relire à quel point je me sentais seul en 2006. Rétrospectivement, ça me fait presque pitié.
C'est cool, d'avoir un blog. Pouvoir remonter le temps, voir les traces qu'on laissait à l'époque, nous laissant nous observer comment nous étions à cette époque-là, comment nous ne sommes plus.
C'est bizarre. On ne cesse jamais d'évoluer. Je relis les débuts de mon blog et j'observe que ce que j'étais à l'époque est déjà différent de ce que je suis aujourd'hui.
En photo, moi justement à seize ans. je m'y tape la pose, mais c'était toujours comme ça à l'époque, je me prenais toujours en photos avec des poses ou des grimaces...
Publié par boiseime à 20:38:18 dans textes | Commentaires (1) | Permaliens
C'est un type dans sa bulle qui observe le monde. Comme il s'ennuie il s'imagine vivre tout un tas d'aventures, où il rencontre plein de personnages incroyables. Comme il se les imagine, ces aventures sont toujours merveilleuses. Seulement, il ne se confronte jamais au réel, soit, à l'essentiel.
(Cette phrase que je viens d'écrire me fait penser à La Rose pourpre du Caire de Woody Allen, film sensible, touchant et mélancolique, qu'il faut absolument voir et qui parle exactement de ce thème-là.)
Publié par boiseime à 18:37:23 dans c'est alors qu'une chaise vivante arriva | Commentaires (0) | Permaliens
J'imagine que l'article que je viens de publier précédemment, tel quel, doit paraître un peu bizarre.
En fait, il parte très simplement du fait que je trouve moi-même les relations humaines peu simples, mais comme je ne voulais pas raconter ma vie, j'ai fait de mon impression un texte un peu bizarre qui n'a plus trop de rapport avec moi.
Alors je fais un deuxième article autour du même thème qui me raconte un peu plus moi et pas un prince qui n'a aucun rapport.
Je partage avec mon prince le besoin de désert, de mer ou de cosmos afin d'être vraiment tout seul.
C'est parce que... Eh bien, ce n'est pas simple, et en fait si, parce que le gros point, c'est très simplement ça : il y a des jeunes cool qui ont trente six millions d'amis, pas des animaux mais des jeunes comme eux, trentre six millions d'amis comme eux sur facebook et qui s'invitent tout le temps à des fêtes, ce sont donc des jeunes cool qui sortent tout le temps, boivent, fument, rencontrent tout le temps des gens. Des jeunes overbookés qui savent tout le temps où sortir et avec qui.
Et bien, je n'en suis pas. Je ne suis pas comme ça, mais alors pas du tout.
Je n'ai pas trente six millions d'amis, je ne suis pas cool, je ne fume pas, je ne me bourre pas la gueule, personne ne m'invite à des teufs, je ne suis pas populaire, ou plutôt : JE CONNAIS PLEIN DE GENS, MAIS JE NE LES CONNAIS PAS. J'ai des amis mais je suis solitaire, je n'ai jamais seulement véritablement flirté avec une fille vu que je suis tellement une sorte de sans-amis sauvage qui ne se rapproche de personne.
Alors, voilà : je suis sauvage. JE SUIS SAUVAGE. Et je ne vais pas à des teufs et je suis sans-amis. Je sors tout le temps, très souvent, beaucoup. Par hasard, je suis sorti deux fois pour voir des amis cette semaine. Mais je vais au cinéma SEUL, je vais voir des expositions SEUL, je traîne dans Paris SEUL, je fais tout ce que je peux vouloir faire SEUL, et j'emmerde tous ces gens aux trente six millions d'amis qui font toujours tout avec eux.
Ça n'a aucun rapport, mais le second problème c'est que je suis dans cette classe de prépa Art dans laquelle j'ai voulu rentrer avec bonheur et impatience depuis presque deux ans, et que je me retrouve face à des gens qui font des projets monumentaux avec plein de choses et tout, alors que moi, je suis un DESSINATEUR, pas un PLACTICIEN INSTALLATEUR ou je sais pas quoi; mais surtout, je ne suis pas DÉBROUILLARD, je ne suis pas un type CAPABLE qui fait plein de trucs DE SES MAINS, je suis au contraire un type complètement incapable de rien qui ne sait jamais comment faire le moindre truc qu'il n'a jamais fait avant sans aide, et me voilà dans cet atelier où je suis censé être le contraire de moi-même, CAPABLE et DÉBROUILLARD...
Donc voilà. J'ai des amis (et il y en a qui lisent mon blog, c'est pour ça que je le souligne, jvoudrais pas les dénigrer quand même (je pense surtout à Carla et Clémence en fait (spécial cassdédi à vous, yo), niveau amis je ne suis pas sûr que les autres suivent mon blog ) ), mais voilà... et deuxièmement, je suis un dessinateur et pas un installateur, mais voilà aussi... C'est tout caca...
Vous pourrez me demander : pourquoi j'en fais tout un plat ? Si je suis content de faire des trucs seul, pourquoi suis-je énervé des autres ?
Je crois que c'est tout simplement que je reste malgré tout en contact avec ces jeunes cool qui ont trente millions d'amis, et ce n'est peut-être pas facile pour moi de lire à travers eux que je suis un jeune introverti et sauvage qui n'est pas forcément comme les autres, soit simplement, qui est ASOCIAL.
Enfin voilà quoi, jl'ai déjà dit mais... c'est tout caca.
Publié par boiseime à 20:15:58 dans textes | Commentaires (3) | Permaliens
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J'en sais rien. Je m'en fous. Je vais vous laisser lire mon blog et puis voilà.
Bonne lecture.
Ah non, attendez...
Tant que j'y suis, autant présenter mon blog aussi. "C'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est une ombre dont le soleil est mon esprit fertile, c'est le reflet de ma personnalité et des méandres de ma personne, "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est des textes absolument relatifs à TOUT et à RIEN; c'est des notes sans le moindre intérêt, des notes curieuses et expérimentales, des notes profondes et denses (sans prétention aucune...), c'est des dessins, plein de portraits, parfois j'essaie de changer; c'est aussi des choses tout à fait inclassables, dans la catégorie "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", où mes notes y mélangent dessin, photographie et textes de deux lignes seulement.
Mon blog, c'est mon point de vue humain, mes réflexions à deux balles, mes vagabondages littéraires qui ne m'amènent nulle part, c'est ma merde et c'est aussi un moyen de diffuser mes travaux, c'est une cabane virtuelle où je peux toujours m'occuper, c'est un abri, c'est un refuge où s'accueille et se recueille mon cerveau fatigué ou hyperactif, selon les moments, c'est un espace de jeux bien à moi, et puis surtout, c'est un énorme bazar.
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