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"c'est alors qu'une chaise vivante arriva" :

bazar intérieur extériorisé ici-même, récréation intellectuelle, cabane virtuelle, laboratoire à tout, espace de jeux bien personnel

Mes notes se font rares, alors j'ai essayé de vous gribouiller une chronique… | 06 avril 2008

Un lapin rose sur la tête du président dégringole sur la balustrade dorée.

 Le Monde est pénible. Je pense au Tibet, et je pense à tout le reste.

 En 1968, en Tchécoslovaquie, un étudiant s'est immolé pour protester contre l'occupation soviétique, avec la répression du printemps de Prague.

 Et j'aimerai me rappeler des détails de ce chinois qui a souhaité s'interposer devant un tank, il y a bien longtemps.

 Une fois, un chef de l'État chinois avait fait ses excuses au Tibet, et il a eu vite fait d'être démis de ses fonctions.

 Les gens peuvent être pénibles et faire devenir d'autres gens agoraphobes. En surnombre, ils font devenir certaines personnes misanthropes.

 J'ai vu There will be blood, et Daniel Plainview, ça c'est du misanthrope.

 En ce moment, c'et le blocus pour mon lycée. Je me positionnerai pas sur c'est bien ou mal, ni sur les réformes si c'est bien ou mal; mais... le lycée vide, bon sang. Oui, car j'ai franchi le blocus, et un lycée désert, vraiment, ça laisse rêveur. Quelques âmes errantes pendant les cours. Au lieu des troupeaux de beuglements assourdissants qui empêchent un cours. Des couloirs vides. Un C.D.I tranquille où il fait bon de lire. Une cantine sans queue, sans bordel: une file sans être étouffé par un océan de violents éléphants qui t'écrabouillent la gueule de part et d'autre autour de toi. Une file sans attente de vingt minutes que tu passes comme noyé dans un océan de gens méchants, mal éduqués, cons et débiles profonds qui te foutent en rogne. D'ailleurs, pas de file du tout.

 Une fois à l'intérieur de la cantine, toutes les tables vides. On ne passe pas des heures à chercher une table. Aucun boucan embarrassant qui te fait demander "QUOI ?" quand on te parle. Aucun surveillant qui te dit de te dépêcher de finir de bouffer parce qu'il faut que ça tourne.

 Non, là, c'est simplement désert.

 Bon sang, si seulement ça pouvait être une situation normale : une petite poignée de personnes, pour un lycée immense.

 J'aimerai vivre un jour dans un trou perdu quelque-part sur Terre, dans un endroit à la densité minimale et aux espaces immenses.

 J'aime les gens, j'aime autrui, mai j'aime être tranquille. J'aime être seul. J'aime être libre. J'accepte pourtant, bien sûr, d'aimer les autres. D'être avec eux. De me donner du bonheur grâce à eux. Et j'accepte aussi, malgré moi, d'être dégoûté par certains aspects que nous détenons également, que ce soit dans la queue de la cantine ou lorsque l'on entend parler du grand monde extérieur.

Publié par boiseime à 00:10:30 dans textes | Commentaires (3) |

Le Cousin | 01 avril 2008

- Haaaaa !

Il venait de s'enfiler un magnifique verre de pamplemousse blanc, et le reposait lentement à côté de l'évier. Soudain, devant lui, il vit un cousin collé au mur. Il ne savait plus que cela s'appelait un cousin, et d'ailleurs, il avait oublié si c'était inoffensif, ou bien aussi terrible que les moustiques. Mais il lui semblait que ces bestioles, qui ressemblaient tant aux moustique, partageaient certainement les même vices désastreux. Oubliant tout à fait le jus de fruit — délectable —, il saisit qu'il fallait faire un choix. Puisqu'il ne devait être qu'un espèce de gros moustique, il méritait sûrement la mort. Et, en même temps, il lui semblait que la vie possédait un caractère sacré à respecter; d'autre part, écraser le spécimen de ses mains nues lui était une idée peu enthousiasmante. Durant tout ce temps, le cousin demeurait tout à fait figé. Sachant qu'il fallait agir rapidement, le jeune homme prit l'initiative de prendre un verre. Il prit spontanément celui où il avait savouré le jus de pamplemousse blanc, et se dirigea vers le salon, faute d'avoir trouvé le moindre papier dans son champ vision, devant l'évier. Là, sur la table en désordre, il prit une feuille où sa mère, abstente, avait noté sa liste de choses à faire durant la journée. Il revint au trot dans la cuisine, et, regardant son verre, réalisa : non, je ne vais pas utiliser le verre où j'ai bu mon jus : j'aimerai sûrement, tout-à-l'heure, en reprendre un peu, dans le même verre...

Le jeune homme chercha donc un autre verre. Il constata malheureusement qu'il n'y en avait pas le moindre, sale, dans l'évier... Il restait cependant, à côté de l'endroit où il venait de reposer son verre précédemment gorgé de jus, un verre trensparent couleur caramel. Bon. Il ferait l'affaire.
Le jeune homme prit donc le récipient, se concentra, et, constatant que l'espèce de gros moustique était resté au même endroit exactement, l'appliqua autour du cousin, enfermé. Il glissa enfin le papier sous le verre, et pût se permettre de prendre la cage en main dans l'objectif final d'ouvrir la porte de la cuisine, et de laisser filer l'insecte. La porte ouverte, le cousin toujours enfermé, il se questionna à voix haute :

- Est-ce que j'ai raison ? Enfin... Je la laisse vivre, mais, si c'est effectivement la même chose qu'un moustique et qu'il va pour faire souffrir la race humaine, je ne sais pas si je fais bien... Je devrais peut-être la tuer... En même temps, Je trouve que Tolstoï a une manière de penser très intelligente, et sa conception de toute vie comme sacrée, et donc respectable, me paraît tout à fait légitime, et je devrai peut-être le respecter, malgré le fait que, de toutes évidences, tuer ce genre de choses n'est pas un acte criminel... Ce n'est qu'une bestiole qui, sûrement, ne pense pas, ne ressent pas, bref, cet insecte n'est qu'une machine, et elle gagnera plus à être tuée, épargnant ainsi mes propres congénères de mille sangs sucés, que vivante, et emmerdant l'espèce humaine... Ouais... Ouais, mais bon... Même si il semble en effet davantage logique de la tuer, ne pas la tuer, c'est respecter la vie, et respecter la vie, c'est me respecter moi-même... Enfin, je dis pas que je l'épargne juste pour moi, mais... euh... Dans tous les cas, la conception de Toltoï me paraît asez pertinente pour être méditée, et respectée en attendant de peut-être la réfuter...

Le jeune homme, terminant de murmurer tout seul dans sa barbe, leva les yeux au ciel. Enfin, il fit attention au verre caramel :

- Enfin bref, t'en as ptêt marra d'étouffer, toi...

Là, comme pour officialiser la fin de son soliloque; il retira la feuille de papier, laissant s'échapper l'insecte, rentra dans la cuisine, et referma la porte.



Plus tard, la soeur du jeune homme lui dit que ces "espèces de gros moustiques" étaient en fait des cousins, et que ces choses-là sont tout à fait inoffensives, ne suçant pas le sang. Il en conclut qu'il avait bien fait de l'épargner.

Publié par boiseime à 21:03:10 dans textes | Commentaires (0) |

esquisse d'un texte à approfondir | 31 mars 2008

Ho hooo ho

Ho aha hohohooooooo

Hohoooho

Hoha Ohohooooo...

Ohaha !

C'est un type, debout et souriant. Il est réservé et parle peu.

Il chante. Il crie. Il danse. Il gesticule.

C'est un solitaire entouré de gens.

Ses cordes vocales se désaccordent, se défoncent, s'épuisent. Le son vient de son ventre.

Entouré, il ne peut rien faire.

Son corps s'épuise. Ses muscles s'épuisent. Ses jambes et ses bras, et son buste et sa tête, vont dans tous les sens.

Il fait du beatboxing amateur.

Il est tout seul chez lui.

Le vide autour. Juste lui. Seul et en vie.

C'est la liberté.

Il crie, chante, beatboxe, danse, gesticule, bouge. Il devient feu et lave. Il devient pure énergie. Il devient en vie. Il devient libre. Les autres n'existent pas : il est seul; il est libre.

La pièce s'emplit de bruit, tandis qu'il s'anime. 

Publié par boiseime à 21:41:41 dans c'est alors qu'une chaise vivante arriva | Commentaires (0) |

Rien : juste des remarques que je voulais formuler | 19 mars 2008

J'ai peur de mourir sans avoir lu Thoreau, et notamment Walden. Sans avoir lu plus d'Hermann Hesse (notamment Le Jeu des Perles de Verre). Sans avoir lu Tolstoï ou Dostoïevski (notamment L'Idiot). Sans avoir relu le Tao de Pooh. Sans m'être passionné davantage pour les philosophies orientales. Heureusement, je vis curieux, alors je me dis qu'il y a de l'espoir.

Il y a effectivement ce problème des livres, mais dès l'année prochaine je pense, chaque mois, j'achèterai pas mal de magazines en kiosque... Pas n'importe lequels. Certains articles de magazines sont comme Arte : ils rendent moins cons. J'aimerai bien mourir le moins con possible. Je ne comprends pas les gens pas du tout curieux. La curiosité, le plaisir d'apprendre, c'est tellement important.

Publié par boiseime à 18:47:24 dans c'est alors qu'une chaise vivante arriva | Commentaires (3) |

Into the Wild | 18 mars 2008

Cela fait une éternité que je ne parle plus ni films ni livres sur ce blog. J'ai dû le faire une ou deux fois, au tout début de mon blog, et puis j'ai progressivement compris que ce blog n'allait pas contenir ce genre d'articles. C'est, par ailleurs, un excellent genre d'article, mais il n'appartient pas à "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est comme ça. Cela dit, je vais faire une exception aujourd'hui, cependant limitée car je ne compte pas excessivement disserter là-dessus. Voilà, je viens d'aller voir Into The Wild. Ce film est non seulement grandiose, magnifique, bon, excellent, génial, il est aussi riche de sens. Ce film, ce n'est pas seulement des personnages attachants, une aventure incroyable, des images époustouflantes, une réalisation excellente; ce n'est pas seulement du pur divertissement, peut-être plaisant, mais quelquepart faux, c'est aussi un truc qui vous fait penser et réfléchir à dix mille trucs, pendant, et après la séance; qui nous fait réfléchir — ou tout au moins me fait réfléchir — sur le sens de la vie, sur le bonheur, sur autrui, sur la société... Et ça m'a même remis en question. Je pourrais presque dire — bon, presque — que ce film a changé ma vie, mais je crois que ce serait exagéré, au moins parce que l'on ne peut savoir la qualité d'un pain au chocolat que lorsqu'il a refroidi (je trouve ça complètement faux, mais c'était formulé comme ça je ne sais plus où et l'idée de la phrase est bonne).

Cela dit, je suis un petit cinéphile en herbe, qui va voir en moyenne un film par semaine (en moyenne, hein, ça peut être plus ça peut être moins), alors si je vous parle là d'Into the Wild alors que je ne parle jamais ici des films que je vois, c'est que c'est quand même pas de la merde.

Lorsque j'ai entendu parler pour la première fois de la sortie du film, j'étais assez fasciné par l'idée. Je ne sais pas qu'est-ce que vous ressentez par rapport à ça, mais pour moi, retourner vivre dans la Nature la plus sauvage, c'est un fantasme. Un fantasme, car le fantasme se rêve sans jamais, jamais se réaliser : c'est le propre du fantasme. Et oui, vraiment, retourner à la vie sauvage, c'est le rêve que je suis certain de ne jamais accomplir. Donc voilà : j'allais voir mon fantasme vécu par quelqu'un qui était assez révolté et clairvoyant pour franchir le pas. Expérience intéressante, je pensais.

Le film, à mon sens, contient donc une réflexion là-dessus, et comporte toute une remise en question du système de vie moderne; ça m'a même fait penser à un conte lu il y a longtemps, où le peuple d'un royaume entier boit de l'eau qui rend fou : seul le roi reste sage. Il boit cependant l'eau pour rester comme les autres. Ici, Alex (le personnage principal) ne compte pas boire l'eau qui rend fou. Il compte rester sage, voire le devenir. Il se guérit de la folie, ouvre les yeux. Il va donner du sens à sa vie.

Et, là, bien sûr, on se dit qu'on est tous fous. Que nous sommes tous aveugles.

Mais ce n'est qu'une partie de ce que j'ai assimilé du film.

L'autre partie, je ne vais pas vous l'expliquer, je vais vous la résumer dans un épisode du film : Le héros lit un passage d'un roman (je n'ai pas réussi à voir lequel au générique, mais j'aimerai vraiment le lire) où le narrateur déclare que le bonheur, c'est la campagne, de la musique, des livres, la nature; et si possible une femme à aimer et qui nous aimerait en retour, avec qui faire quelques enfants. Voir le personnage lire ça, ça m'a vraiment, vraiment ému, très bizarrement peut-être même plus que les passages les plus émouvants du film.

Alors voilà, le bonheur ne se trouve pas forcément au fin fond de l'Alaska. Et puis le héros dit ça : "Happiness is real only shared"

Combien de fois j'ai pu me dire ça dans ma vie. De temps en temps, alors que je passe du temps avec mes proches, je prend intérieurement du recul, je savoure le tableau, et je me dis que c'est cela qui est précieux.

 

La vie un sens. Ou elle peut en avoir un.

Bon, vous voyez, je n'approfondis pas beaucoup mon commentaire, je viens de me relire et je me dis que c'est peut-être mal creusé, mais voilà la donne : il faut voir ce film. Ça vous bousculera peut-être moins que moi, mais ça ne peut tout de même pas vous laisser indifférent.

 

p-s : ah, et puis j'ai de plus envie de lire Thoreau sinon. Au moins d'en savoir plus sur lui et sa littérature. 

Publié par boiseime à 22:57:00 dans allez voir/lire ça | Commentaires (2) |

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Présentation



Adolescent de sexe masculin, j'ai eu 18 ans le 6 Juin. Le reste est dit dans mon blog, qui peut peut-être être considéré comme une grande rubrique "moi"...

J'en sais rien. Je m'en fous. Je vais vous laisser lire mon blog et puis voilà.

Bonne lecture.

Ah non, attendez...
Tant que j'y suis, autant présenter mon blog aussi. "C'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est une ombre dont le soleil est mon esprit fertile, c'est le reflet de ma personnalité et des méandres de ma personne, "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est des textes absolument relatifs à TOUT et à RIEN; c'est des notes sans le moindre intérêt, des notes curieuses et expérimentales, des notes profondes et denses (sans prétention aucune...), c'est des dessins, plein de portraits, parfois j'essaie de changer; c'est aussi des choses tout à fait inclassables, dans la catégorie "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", où mes notes y mélangent dessin, photographie et textes de deux lignes seulement.

Mon blog, c'est mon point de vue humain, mes réflexions à deux balles, mes vagabondages littéraires qui ne m'amènent nulle part, c'est ma merde et c'est aussi un moyen de diffuser mes travaux, c'est une cabane virtuelle où je peux toujours m'occuper, c'est un abri, c'est un refuge où s'accueille et se recueille mon cerveau fatigué ou hyperactif, selon les moments, c'est un espace de jeux bien à moi, et puis surtout, c'est un énorme bazar.

 

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