• Hans, la suite.

    Hans pleurait beaucoup trop pour son âge. Il n'avait jamais pu s'en empêcher. Tout le monde se moquait de lui, son père avait honte, mais rien n'y faisait, Hans pleurait. À seize ans, tout le monde trouvait ça pathétique.
    Hans pleurait parce qu'il pleurait. Ce n'était pas de sa faute, il était sensible, c'est tout. Ce n'était pas de sa faute s'il avait les yeux humides en voyant un clochard. Ce n'était pas non plus de sa faute s'il pleurait en pensant à sa mère. Ce n'était pas de sa faute s'il pleurait parce qu'il n'avait pas d'amis. Ce n'était pas de sa faute, si sous sa couette, alors qu'il n'arrivait pas à dormir, il aurait bien aimé quelqu'un pour lui dire "Pourquoi tu peux pas dormir? À quoi tu penses?" et qui lui caresserait l'épaule, qui le prendrait dans ses bras et le collerait. Hans aurait aimé avoir des gens qui l'aiment. Mais Hans était toujours tout seul, caché derrière un mur invisible qui l'empêchait d'aller vers l'autre. D'où venait ce mur? Pourquoi l'avait-il?
    Il ne savait pas. Alors Hans pleurait. Et si demain Hans mourrait, qui pleurerait pour lui? Hans ne savait pas. Hans n'arrivait pas à ne pas pleurer. Pleurer lui faisait du bien. C'était un soulagement. La libération d'un poids. Mais le poids revient, alors il repleure. Mais ce n'est pas vraiment ça. Non, le poids ne revient pas vraiment, parce qu'il ne part pas vraiment. Non, le poids est toujours là en fait, même quand il pleure, seulement, quand il pleure, il oublie le poids. Le poids fait semblant de partir. Mais il ne part pas. Et ne revient donc pas. Le poids est toujours là, tout le temps.

    Là, Hans est en France, pour deux semaines, dans une famille qui est gentille, mais la frontière linguistique est difficile à dépasser. En France, il se sent encore plus seul que d'habitude. Mais il ne pleure pas trop. Ou discrètement, quand il est tout seul, à l'abri des regards. Par contre, il écrit beaucoup, il a beaucoup de choses à raconter. Voyager en France lui fait bizarre. Comme il ne connaît personne, il se sent un peu confronté à lui-même, plus que d'habitude. Et puis il constate les différences par rapport à l'Allemagne.
    Son correspondant a le même âge que lui, il apprend l'allemand. Il devrait bientôt aller lui-même en Allemagne, chez Hans. C'est lui qui le guide, en France. Il emmène souvent Hans à Paris.
    Le correspondant de Hans a une petite soeur, mais elle ne connaît pas un mot d'allemand, alors ils ne se sont jamais vraiment parlé. Et puis elle est jeune. Pas tellement, mais quand on est ados, la différence d'âge parait plus grande que plus tard. Mais elle a l'air gentille.

    Est-ce que je continuerais? J'en sais rien du tout. De toutes façons, c'est de l'impro totale, si je continue je ne sais pas du tout où ça va m'emmener.

    Et bien sûr, comme d'habitude, la photo n'a aucun rapport avec le texte, c'est juste ma mère qu'avait fait du jus avec des poivrons marinés et je trouvais que ça pouvait faire une photo magnifique, alors j'ai insisté pour qu'elle reste comme ça, le temps de prendre sa main avec le verre de jus.

  • Commentaires

    1
    Mardi 11 Avril 2006 à 15:50
    ben
    même si tu sais pas où ça mène tu devrais continuer, parce que c sympa, et pis c marrant de pas savoir où l'on va! lol bonjour chez touah!^^
    2
    Mardi 11 Avril 2006 à 16:08
    bonjour
    à toi aussi! Et au fait, je viens d'aller sur ton blog et j'ai écouté la musique, et j'aime bien, c'est quoi? Et sinon, comment t'arrives à mettre de la musique sur ton blog? Faut que je réessaie mais à priori je crois pas y arriver… Et sinon oui, c'est marrant de pas savoir où on va.
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