J'ai trop la dalle.
La dalle.
J'ai envie d'écrire sur la dalle.
J'ai envie d'essayer un truc sur les dalles d'amour.
Les dalleux d'amour.
L'autre jour, ma grand-mère m'a dit qu'elle était "mendiante d'amour", et j'ai trouvé la formule si particulière que je l'ai noté. Mendiant d'amour. Qui n'est pas mendiant d'amour ?
"All you need is Love", les Beatles l'ont dit.
Il y a les dalleux qui n'aiment personne.
Les dalleux qui n'aiment pas mais veulent être aimés.
Il y a les donateurs, les charitables faisant oeuvre de bienfaisance, qui distribuent leur amour à la pelle. Mais qui ne voient rien en retour. Et puis il y a ceux qui voient le retour. Qui voient les sourires d'amour.
Il y a les dalleux d'amour qui attendent le mets rare.
Il y a les dalleux qui font comme s'ils n'avaient pas faim. Parfois, leurs gargouillis les démentent.
Il y a les dalleux qui n'ont pas le temps d'en être : ils mangent, mangent, passent d'un plat à un autre.
Il y a les dalleux qui tournent autour du plat.
Il y a les dom Juan qui tournent autour de leur proie comme des charognards.
Mais la métaphore est mal faite. L'appétit d'amour ne se tourne pas vers un plat, mais vers un serveur. Nous sommes des serveurs d'amour. Nous nous servons d'amour les uns des autres. On se fait s'aimer. On est des bisounours. Parfois.
On se donne la becquée à table, l'un à l'autre. L'amour.
On se sert parfois de l'amitié. On se sert de la fraternité, de la complicité, de l'affection. Parfois, on se contente de pudeur et de platonisme. Parfois aussi, on hésite. À lui donner à manger. Est-ce que je veux lui témoigner mon affection ? Est-ce que cela ne va pas la gêner ? La main serrée autour de la cuillère, on hésite à soulever l'ustensile vers sa bouche.
Parfois, on hésite sur ce que l'on va se donner. On se donne des câlins et de l'amitié, mais on peut avoir envie de se donner autre chose. Parfois, on aborde des plats épicés qui s'approchent de la limite.
Il n'y a pas forcément de retour. On donne parfois à manger à un autre dans l'espoir qu'il finisse par en faire de même avec nous : après tout, on crève la dalle, et cette personne-là ne doit pouvoir que bien cuisiner...
Et puis il y a les systèmes sans retour : A donne à manger à B, qui donne à manger à C, etc.
Alors, parfois, on se donne un petit peu de jalousie.
Parfois, on attend d'attirer l'attention du serveur pour qu'il nous donne en premier la becquée.
Parfois, on aimerait donner une becquée sincère et authentique à l'autre : faute d'être sûr de ce que l'on va donner, on ne donne rien du tout.
Des fois, on ne sait pas trop comment s'y prendre pour donner à bouffer à quelqu'un. On reste bloqué et affamé. Parfois, on affame.
Parfois, plusieurs assiettes nous sont tendues. Nous-même ne savons pas toujours à qui donner notre comestible chair.
Donner à manger. Se donner à manger. Se donner à quelqu'un à manger. Consommer l'amour. Se nourrir d'amour. Se donner par amour. Se donner à manger par amour.
Les yeux dans les yeux, on mange un spaghetti qui font frôler nos deux bouches. On s'aime.
Publié par boiseime à 18:17:24 dans textes | Commentaires (0) | Permaliens
J'en sais rien. Je m'en fous. Je vais vous laisser lire mon blog et puis voilà.
Bonne lecture.
Ah non, attendez...
Tant que j'y suis, autant présenter mon blog aussi. "C'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est une ombre dont le soleil est mon esprit fertile, c'est le reflet de ma personnalité et des méandres de ma personne, "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", c'est des textes absolument relatifs à TOUT et à RIEN; c'est des notes sans le moindre intérêt, des notes curieuses et expérimentales, des notes profondes et denses (sans prétention aucune...), c'est des dessins, plein de portraits, parfois j'essaie de changer; c'est aussi des choses tout à fait inclassables, dans la catégorie "c'est alors qu'une chaise vivante arriva", où mes notes y mélangent dessin, photographie et textes de deux lignes seulement.
Mon blog, c'est mon point de vue humain, mes réflexions à deux balles, mes vagabondages littéraires qui ne m'amènent nulle part, c'est ma merde et c'est aussi un moyen de diffuser mes travaux, c'est une cabane virtuelle où je peux toujours m'occuper, c'est un abri, c'est un refuge où s'accueille et se recueille mon cerveau fatigué ou hyperactif, selon les moments, c'est un espace de jeux bien à moi, et puis surtout, c'est un énorme bazar.
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