
Tic Tac Tic Tac
Tic Tac Tic Tac
Tic Tac Tic Tac
Le pendule qui bascule de gauche à droite, le tic et le tac, les minutes qui s'écoulent.
Tic Tac.
Pourquoi est-ce j'écris toujours dans mon blog quand je devrais faire d'autres choses?
C'est comme s'accrocher à une branche pendant toute sa jeunesse.
Condamné à faire mes devoirs tous les soirs. À lire des livres que j'apprécie mais que je n'aime pas à avoir à lire de manière obligée.
Il est sept heures et demie et j'ai toujours pas attaqué mes devoirs. Alors que j'aurai encore des choses à faire après.
Ça me soûle. C'est pas possible comme ça me soûle.
Je ne supporte pas les obligations.
J'ai des obligations : je consacre mon temps à glander, à ne pas bosser, mais à pas faire des choses importantes non plus parce qu'il faut que je bosse. Parfois, je finis par bosser. Et après, c'est le soir, tout ça, jvais bientôt me coucher, je suis crevé. Je ne fais pas ce que j'ai envie de faire et c'est très chiant. Je ne suis pas libre et ça me fait chier. Et le temps passe. La journée passe, la semaine passe, le mois passe, et qu'est-ce que c'est dans ma vie ? Un certain nombre de pages noircies dans mes cahiers. J'aimerai pouvoir retenir le temps. Arrêter le tic et stopper le tac. Tenir le pendule vertical. Le pendule qui arrête de marcher. Sa jambe unique qui se repose droite, comme un spationaute dans sa couchette verticale. Arrêter le tic, arrêter le tac, arrêter la tige qui tangue, et il serait 19h40 pendant cinq heures. Ça, ce serait bien. 19h40, pendant cinq heures. J'aimerai bien.
Et en même temps... Même cinq heures... Mercredi est passé si vite. Mon week-end est passé si vite. Dire que je n'ai plus touché à Harry Potter depuis le jour de la rentrée! Vous voyez, c'est ça, l'école : un gros stop qui vampirise tout ton temps libre. Tout ton temps. Ton temps titanesque tout entier mastiqué par le lycée.
J'aimerai bien voir Cash Back. Ça a l'air bien.
J'aimerai chaque soir, avant de me coucher, pouvoir me dire : aujourd'hui, j'ai fait au moins une chose que je m'étais, moi-même, programmé.
J'aimerai pouvoir finir Harry Potter. J'aimerai commencer une bédé. J'aimerai lire La Maison des feuilles et American Gods. Aller voir King of California, à Paris. Reconstruire cette nouvelle ratée que j'avais commencé cet été.
Les semaines passent, passent, j'ai toujours pas touché à Harry Potter, à ma nouvelle, à mes projets.
Balloté par mon présent. Emporté par le courant. Agrippé.
C'est la loose.
Le temps passe et je n'avance pas.
Voilà. Voilà, c'est ça. C'est ça, que je cherchais à dire, c'est ça mon pot : le temps passe, et pas moi. Et je suis sûr que ya plein de gens comme ça. Ya plein de vieux qui n'ont pas vu leur vie passer.
Le temps passe et je n'arrive pas à aller aussi vite que lui. Je traîne, j'ai un point de côté, je suis épuisé, je râle, et lui souffle : "Attends! Putain, attends..."
Mais le temps est un marcheur qui ne s'arrête jamais, qui s'accélère quand tu voudrais qu'il ralentisse, qui ralentit quand tu voudrais qu'il s'accélère. Et, en plus, il ne retourne jamais sur ses pas.
Bon. Maintenant, il faudrait ptêt que je me fasse vite fait cette petite fiche sur la méthode de dissertation philosophique.
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