J'ai envie d'oser ce que je n'ose pas. J'ai envie d'oublier les autres et de suivre mon envie, mon coeur.
J'aimerais m'asseoir sur un banc, tout seul, regarder le ciel, les branches de l'arbre, au-dessus de moi, les oiseaux passer. Respirer. Oublier. M'asperger de sérénité.
Mais je ne le fais pas, parce que ça sonne, alors je monte dans les batiments, comme tout le monde, en direction de l'obligation de faire ce que je n'ai pas envie de faire. En direction de profs qui sont cons. Ou d'élèves qui sont cons. Parfois, souvent, les deux.
J'aimerais faire ce que j'ai envie de faire, sans penser un seul instant à l'affiche que ça me causerait.
Être dans l'instant présent.
J'aimerais être l'enthousiasme que j'ai quand je ressens une envie soudaine d'être.
J'aimerais être ce que mon coeur me dis d'être. Oublier mon esprit, et faire juste ce que j'ai envie de faire, sans penser aux obligations que la société m'impose. j'aimerais dire ce que mon coeur me dis.
J'aimerais ressentir la vie qui m'habite et m'incarne.
J'ai envie de laisser mon coeur agir à ma place. D'oublier les conséquences, et d'être, ici et maintenant. C'est à dire d'être tout court.
Puis j'aimerais aller dans une forêt proche, m'adosser contre un arbre, et attendre qu'il se passe quelquechose d'important. Je resterais immobile, je fermerais mes yeux pour ne pas les rouvrir, oublier le passé, ne pas penser au futur, et être dans le présent, n'être que le reflet de la nature qui m'entourera. Et j'essaierai de ressentir, d'être réceptif au lieu où je serais à l'instant où je serai. De ne plus être que ce qui est. J'absorberais l'air et la nature qui m'entourera grâce à chaque pore de ma peau. Je me recrérais. Je mourrais et renaîtrais, mais dans le même corps.
Je ressentirai la faim et la soif qui commenceront à devenir partie intégrante de moi, car je resterais tout le temps immobile, les yeux fermés, l'esprit le plus ouvert possible à la nature qui commencera à m'habiter, et me laisserai envahir par la vie qui sera là, sur le sol, contre moi, autour de moi. Des araignées commenceront à tisser leur toile sur moi. Les animaux, ne voyant plus qu'une statue, n'auront plus peur de moi. Alors je me transformerais en arbre. Mais avant, je ne serais plus qu'une minuscule petite graine plantée dans la terre, et puis j'en sortirais, et puis je pousserais, pour passer d'un truc vert tout fin, tout petit, à un truc qui grandira, qui grossira, et des branches pousseront, et d'autres branches pousseront aux branches, et d'autres petites branches pousseront aux branches, et j'aurais autant de feuilles au bout de ces branches qu'il y a d'étoiles dans le ciel. Et, à partir de l'automne, mes feuilles ne seront plus que jaune mort sur le sol. Puis au primtemps je bourgeonnerais, et mes feuille repousseront, doucement, pour finalement retomber, et ce sera le cycle des saisons, du temps qui passe, de la vie, qui m'incarneront.
Et puis, adossé contre cet arbre, je me rendrai compte que je ne serai toujours pas mort, que je ne me serais pas réincarné dans l'arbre contre lequel je me serais adossé, que j'aurais toujours été mon corps. Et puis je me rendrais compte de quelquechose. Alors, ayant atteint mon but, je me relèverais, mais je n'y arriverais pas, car j'aurais perdu l'habitude de commander mes menbres.
Et quand j'y arriverais, je marcherais, je trébucherais et tomberais, car j'aurais perdu l'habitude de marcher et de la gravité. Et quand j'y arriverais, je mangerais un tout petit peu, histoire de réadapter mon estomac à la nourriture. Et puis quand je pourrais manger normalement, j'écrirais un livre sur ce qui se serait passé. Ou pas.
Et je deviendrais un sage. Peut-être.
Et j'aurais conscience que je ne suis pas ce que je suis. Que ce qu'il me semble être n'est pas moi, que ça c'est juste ce que ma vie m'a fait être. Que ça, ce qu'il me semblait être moi, n'était qu'absorption de ce qui m'aura toujours entouré. Que ce que je suis vraiment, ce n'est que la vie qui m'habite, mon corps, mon coeur qui fait circuler mon sang, mon sang qui transporte de l'énergie partout dans mon corps, mon cerveau qui commande mes membres, mes nerfs qui me font sentir ce qui me touche et ce que je touche, les connexions entre mes neurones qui me font écrire ce texte, ma chair qui soutient mes os, mes os qui sont la base de la construction que je suis, mes cellules qui se renouvellesnt chaque jour.
La mort n'existe pas, car je n'existe pas. Le moi qui est en moi n'est pas vraiment moi. L'esprit qui me fait penser n'est qu'une machine créée par mère-nature.
Je ne suis que mon corps et l'absorption de mon vécu.
Je ne suis rien mais veux tout être.