• (c'est ma vie qui commence)

    C'est marrant, les études changent, mais il y a toujours quelque-chose de semblable.

    Ce que je veux dire avec cette phrase un peu vague, c'est que le boulot que j'avais à faire avant, c'était des devoirs maisons, des dissertations, des choses écrites quoi. Ou alors il fallait réviser pour les contrôles.

    A présent, le boulot que j'ai à fournir relève essentiellement du dessin. Mais c'est toujours la même chose : j'ai la flemme de bosser.

    J'ai terriblement peu envie de faire le boulot pour Carpentier alors que c'est pour après-demain et que ça va me prendre du temps.

    C'est intéressant, ma vie change. Ma colocataire est une bosseuse, qui aime vraiment travailler, qui se donne du mal, qui se cultive, s'enrichit. Axelle (mon autre coloc), c'est pareil. Moi, j'ai la flemme. J'ai commencé à bosser, mais j'ai beaucoup de mal à m'y mettre. Et je ne lis certainement pas Walter Benjamin à cause de telle conférence, je ne lis pas Cocteau, et je ne suis pas sûr de lire l'éloge de l'ombre de sitôt. 

    C'est marrant d'être en coloc, c'est un vrai changement dans ma vie.

    Moi qui est tellement dans ma bulle, je vis en colocation… C'est drôle.

    Et c'est pour ça que ce n'est pas si facile que ça pour moi. Je ne suis pas fait pour vivre en colocation, je suis un "embullé". Du coup, c'est un peu une épreuve, une difficulté… Mais c'est intéressant, ça m'enrichit.

    Et puis, c'est un concours de circonstances. Comme toujours dans la vie. Toute biographie est une longue liste de concours de circonstances.

    Il faut avoir de la chance.

    Cet appart, cette coloc, c'est un peu une épreuve mais c'est surtout une chance énorme.

    Je touche de plus en plus rarement à mon blog. C'est que je m'y retrouve à raconter ma vie alors que ce n'est pas ce que je veux faire.

    Je veux "disserter", réfléchir, écrire des textes poétiques… je ne sais pas. Et puis j'attends des choses qui m'importent vraiment, qui fassent sens, qui mûrissent dans ma tête.

    Mais je me retrouve à raconter ma vie, encore et encore.

    Hier, j'ai trouvé une photo (sur facebook) d'une amie, datant de la seconde, ou bien de la première. 

    C'est pas la seule qui me fasse cet effet. Toutes les photos de cette période me font un drôle d'effet.

    Ça date d'il y a trois, quatre, cinq ans seulement. C'est la "période lycéenne". Comment ça peut sembler aussi loin alors que c'est si récent ?…

    Le bac ne me semble pas si loin, mais si je repense à la première, la terminale… Si je repense à mes amies, la façon dont elle s'habillaient à l'époque… si je retrouve cette photo prise par Agathe, où elle nous a demandés à moi et Carla de nous prendre la main en regardant dans des directions complètement opposées… J'avais les cheveux longs, mon sweat rouge… 

    C'est si loin, tout ça est tellement loin… Et pourtant… Quatre ans ? Quatre petites années…

    C'est très impressionnant… 

    Même si je sais pourquoi ça semble si loin alors que c'est encore si près.

    C'est parce que c'est fini. C'est une période révolue de ma vie, alors que depuis il y a eu la CAAP, une toute petite année dans ma vie mais tellement importante pour moi, tellement enrichissante. Maintenant, les arts-décos, Strasbourg. Ça fait seulement un mois.

    Mais ce petit mois de rien du tout, et cette petite année de rien du tout qu'a été la CAAP, sont des expériences si riches que ce qui date d'avant me semble déjà loin.

    Et puis, il y a le fait d'avoir pris de la distance avec ces personnes dont nous étions si proches à l'époque. Notamment celle qui me procure cet effet lorsque je la vois en photo à l'époque du lycée. Ça me rend nostalgique. On faisait les fous. On s'appréciait, on se ressemblait un peu, on s'attachait en somme, et puis surtout on s'est fait passer pour des fous sur le gazon, on faisait n'importe quoi et tout le monde nous prenait pour des gros débiles, mais c'était drôle, c'était bien. On jouait bien. Il n'y avait que nous deux pour être capables de faire ce qu'on faisait.

    Aujourd'hui on ne se voit plus beaucoup. Aujourd'hui on a terminé le lycée. On trace nos chemins respectifs.

    On garde plus ou moins le contact, mais je trouve que c'est moins drôle. Surtout qu'on change. Celle qu'on retrouve aujourd'hui n'est pas forcément fidèle à celle qui se tapait l'affiche sur la pelouse.

    Comment vont évoluer mes relations sociales, ici ? Cela ne fait que trois semaines que je suis rentré. Est-ce qu'il y a des gens qui vont devenir mes amis ? A quel point ? 

    Bon.

     


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  • Commentaires

    1
    Solveig
    Lundi 26 Octobre 2009 à 12:56
    Stégosaure (je savais pas quoi mettre)
    Ca se passe toujours un peu de la même manière. Il y a des flux de personnes qui se succèdent, rien ne stagne jamais ; même une fois les études terminées des amis déménagent, partent à l'étranger, se marient, partent. Mais ces personnes ne disparaissent pas pour autant, il faut même lutter contre le défaitisme mélodramatique, le fameux "oublions" qui clôture toute relation pour donner à tout un petit quelque chose d'inéluctable, ne plus faire l'effort. Ils continuent à vivre, on est souvent heureux de les recroiser, parfois pas... Mais on oublie déjà bien assez de choses comme tu as dû t'en rendre compte. C'est suffisamment difficile de se souvenir de son nom. Cela dit c'est vrai qu'on est toujours surpris, au bout du compte, de réaliser qu'en votre absence ou la leur, ces personnes qui constituaient une part de vous ont changé, se sont transformées, que vous même êtes très différent mais c'est toujours l'autre qui semble "n'être plus le même". Sortir d'un cadre, c'est toujours un renouveau, ça peut être positif comme négatif. Les nouveaux arrivants dans notre existence ne connaissent pas encore nos qualités, nos forces, mais de la même manière on se retrouve dégagés d'un bon nombre d'à priori (sauf quand ils se révèlent exacts). C'est vrai que c'est amusant, la collocation, car on se retrouve à vivre avec des gens qu'on a connu par une voie finalement différente de celle de l'amitié. On ne connait pas mais on apprend. Il faut apprendre, même, car on devient directement le quotidien de quelqu'un qui ne vous connaissait pas, sans passer par la case observation ou par la distance. Quand on est d'un naturel embullé, justement, c'est peut-être d'autant plus intéressant d'en faire l'expérience.
    2
    boiseime Profil de boiseime
    Lundi 26 Octobre 2009 à 21:38
    bronchiausaure
    Tu as tout à fait raison sur tout ce que tu dis. Bien sûr, il y a les amis qu'on arrive à revoir régulièrement, ne serait-ce qu'une fois par an, mais qui au moins restent des amis à long terme. Les deux commentaires que tu m'as postés sont tous les deux vraiment riches et intéressants. Je n'ai pas répondu à ton commentaire sur Narcisse, mais il m'a beaucoup intéressé, et ce que tu y dis sur la connaissance de soi, ta rectification à propos de Narcisse, tout ça était très intéressant. Donc voilà, je te remercie beaucoup pour tes commentaires. Par ailleurs, je me demandais : qui es-tu ? Est-ce que tu es une simple anonyme du net qui a croisé ce blog par hasard, ou as-tu eu vent de ce blog par un intermédiaire ? Je suis curieux là-dessus car tu ne sembles pas atterrir sur mon blog par hasard, mais je ne connais pas de Solveig. Je suis juste curieux, donc !
    3
    Solveig
    Lundi 26 Octobre 2009 à 21:48
    Ptéranodon
    De rien ! J'apprécie beaucoup ton blog ; j'en lis pas mal mais j'en connais assez peu qui sont intéressants dans le genre "blablas et méditations personnelles" alors il m'est très plaisant de réagir ici ; ça m'a presque donné envie de faire pareil ! Mais tout compte fait je préfère réagir aux propos de quelqu'un d'autre, c'est plus amusant. Allez, un peu de régularité, diantre !
    4
    Carla
    Lundi 26 Octobre 2009 à 23:25
    Nostalgie?
    Mon grand et cher Florian, Je profite d'une petite pause pour prendre de tes nouvelles depuis le temps: j'espère que tout se passe pour le mieux de ton côté et que Strasbourg te plaît vraiment! Tu sais, cet article me fait un peu peur, me vexe un petit peu, me rend triste... Les changements au cours de ces trois-quatres dernières années sont tout de même oufs, mais sache que ton amie, la folle de la pelouse avec qui tu invoquais le Dieu du Soleil voir même celui des égouts, celle qui était toujours partante pour s'afficher, quelles qu'en soient les conséquences, n'est pas morte; j'imagine bien qu'elle te manque mais elle est juste un peu plus timide et n'a plus autant l'habitude d'agir de la sorte, parce que tu n'est plus là et que étais en quelques sorte, son stimulant d'affichage, je dirais. J'espère que tu me considères toujours comme une bonne amie malgré tout ça, parce que pour moi, tu es et seras toujours LE GRAND FLORIAN, et je suis vraiment contente de te compter parmi mes amis les plus proches, même si on n'est plus les mêmes. Enfin bon, c'était la déclaration du lundi soir...! Je te souhaite beaucoup de courage pour les arts-déco, et j'espère te revoir très prochainement! Bisous
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