• Ce soir j'ai passé la soirée avec cinq autres personnes. Ma copine, et des amis. On a passé la soirée à papoter. Enfin, surtout les autres. J'ai passé ma soirée à suivre la conversation avec intérêt (parfois), à plutôt m'ennuyer (souvent), puis à beaucoup m'ennuyer quand j'ai commencé à tomber de fatigue.

    Ce qui est drôle c'est qu'Hannah a probablement été la plus bavarde de la soirée. On a un assez petit cercle d'amis mais elle est en fait assez mondaine. Parfois je crois que je ne suis bien qu'avec moi-même. Evidemment, c'est faux : dieu soit loué, je suis également bien avec ma copine. En tout cas aujourd'hui c'est la personne distincte de moi avec laquelle je suis le plus à l'aise. Mais voilà : je suis un vrai ours, quand je passe une soirée en société et qu'on ne fait que parler j'ai le sentiment de perdre mon temps, et de m'obliger à rester là sans bouger.

    Alors je retourne ici, sur ce blog, parce que je me souviens avoir déjà parlé de ça. Je me souviens avoir déjà expliqué ici que j'adorais l'introspection, rester dans mon petit monde à passer simplement du temps avec moi-même. J'espère que je ne suis pas dans une posture narcissique, ça ne me plairait pas. Je ne suis pas un sujet d'admiration pour moi-même, je suis simplement un ami avec qui j'aime toujours passer du temps. Avec les autres gens, c'est plus ou moins compliqué. 

    Alors voilà, je retourne ici pour regarder à l'intérieur de moi-même, pour voir ce que j'ai été à une époque et que je suis toujours. Un rêveur au caractère fondamentalement plutôt solitaire, qui réfléchit tout seul dans son petit coin tranquille.

    Et puis je retombe sur d'autres textes. Qui parlent de vocation, de temps qui passe trop vite, et de la procrastination.

    J'avais écrit ce genre de choses :

    "Balloté par mon présent. Emporté par le courant. Agrippé. 

     C'est la loose.

    Le temps passe et je  n'avance pas."

    Ce qui est étonnant, c'est que c'est toujours pareil aujourd'hui.

    Mais mon sentiment aujourd'hui est plus complexe : j'ai le sentiment de perdre du temps en glandant sur internet, mais je n'ai pas l'impression de perdre du temps en jouant à pokémon ou en regardant une série. Il y a une dimension de plaisir.

    Presque toute ma vie, j'ai voulu faire quelque-chose de moi-même, j'avais de l'ambition. Je ne voulais pas mener une vie "gratuite". Aujourd'hui ça ne me dérange plus, laisser des traces au fond c'est assez préntentieux. Mais le fait est qu'au moment, en gros, où je suis rentré dans une école d'art, je suis soudain devenu très humble.

    Non seulement je ne me sens pas toujours à la hauteur dans cette école (ne serait-ce que dans mon manque de savoir-faire technique, mon manque d'habitudes dans les différents ateliers de l'école), mais en plus je n'arrive pas à travailler beaucoup (ou même assez ?). Et mon travail consiste d'ailleurs dans des choses très humbles, rigolotes et pas très prétentieuses. Et je crois que c'est ce que je veux faire à présent, je n'ai pas d'autres objectifs.

    Mais je ne ressens plus aucune passion pour écrire des histoires ou même simplement dessiner pour dessiner.

    Je suis l'année du diplôme et je ne sais pas si je vais arriver à aller jusqu'au bout. Il y a quelques années, ça m'aurait posé le problème : "mais comment je vais faire pour accomplir ma vocation, mon destin ?" Aujourd'hui mon problème c'est simplement : "comment vais-je gagner ma vie l'année prochaine ?".

    Ça ne me dérangerait pas plus que ça de devenir prof d'arts plats, mais je ne sais pas à quel point ce serait difficile pour moi aujourd'hui de passer le Capes. Et par ailleurs il faudrait peut-être que je passe mon permis de conduire. C'est nul.

     

    Toujours est-il que parfois je me demande si je suis bien à ma place.

     

    Sinon, voilà, je retourne ici, sur ce blog, après l'avoir terminé, "tué", il y a deux ans maintenant (seulement ? J'ai l'impression que c'était il y a une éternité).

    Qu'est-ce qu'il m'arrive ? L'envie, d'un coup, de m'adresser à moi-même. J'aurais pu le faire dans un journal intime, ç'aurait été pareil, mais j'en ai abandonné un en cours il y a des années et je ne sais pas où je l'ai rangé.

    Alors voilà, j'écris ici, il ne doit plus y avoir personne qui traîne dans les parages. Je suis bien tranquille. S'il y a quelqu'un, n'hésitez pas à me dire coucou. 

     

    Je n'arrive pas à retrouver les textes que je voulais relire, mais ce que je voulais relire ou dire, c'est qu'il y a de la liberté dans la solitude. Parfois, il y a juste un poids qui te terrasse, où tu n'as envie de rien. Mais il y a d'autres moments où tu te sens juste enfin libre de faire tout ce que tu veux.

     

    Déjà quand j'étais au collège, j'étais très seul pour une raison extrêmement simple : dans la cour de récré, les gens parlaient, et je n'en avais rien à foutre.

    Une pensée qu'on ne dit pas, qu'on n'adresse pas, qu'on n'écrit pas, elle s'échappe, elle disparaît, elle s'oublie. Quand on traverse un moment où l'on pense à quelque-chose et qu'on souhaite se rappeller qu'on a pensé cette chose, on a envie de la communiquer, ne serait-ce qu'à soi-même.

    C'est ce que je fais ce soir.

    J'ai retrouvé les notes que je voulais relire à la base, c'était celles-ci :

    http://www.blogg.org/blog-34011-billet-autour_de_la_communication__et_plus_specifiquemment_de_la_parlotte-844289.html

    http://www.blogg.org/blog-34011-billet-je_viens_de_danser_sur_mustapha_danse_des_clash_dans_la_rue_en_rentrant_chez_moi_parce_que_la_rue_etait_deserte_et_que_cette_musique_est_trop_bonne_et_du_coup_ca_me_donne_ca-858802.html

    (l'histoire du loup solitaire est presque exactement le récit de ma soirée. Marrant)

    Le pire, c'est que non seulement je ne parle pas beaucoup aux gens, mais la vérité, c'est que je n'écoute pas beaucoup non plus. C'est une autre histoire.

     

    Pour rappel, mon nouveau blog, moins personnel puisque destiné à un public plus large, est par là : chaise-vivante.blogspot.com


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