• Je dois rédiger mon mémoire.

    Je dois avancer sur mon projet pour Geoffroy.

    Je dois concrétiser mon projet pour le module et en faire un petit book.

    Etc.

    Vivement la fin des cours.

    Cet été… Que vais-je faire, cet été ?…

    Cet été, je vais collaborer au récit de Hortense, qui souhaite faire la révolution dans le monde.

    Cet été je vais essayer d'avancer sur d'autres histoires, plus personnelles : essayer de commencer à rédiger l'histoire de Bastien, qui rencontre God's Dog, tout en se faisant harceler par Vampire qui n'est plus amoureux de Clown.

    Je pourrais peut-être essayer de repenser à l'histoire d' "Amour et ses congénères", mais pour ça j'ai largement le temps.

    Ce été, je vais faire plein de croquis d'observation. J'essaierai de me servir davantage de l'aquarelle dans cet objectif.

    Et cet été j'essaierai de dessiner des fictions. J'ai un projet précis : reprendre des notes de blogs, plus au moins vieilles, plus au moins récentes, les adapter en bande dessinée.

    Le dessin peut-il amener quelque-chose au texte ? Puis-je apporter quelque-chose d'intéressant, d'enrichissant, à un texte qui est déjà autonome ?

    On verra.

    Cet été, je lirai des livres. Je lirai le coeur est un chasseur solitaire de Carson McCullers. Ça fera deux ans que je l'emprunte en été et que je ne le lis toujours pas. Je lirai les premiers tomes des Annales du disque-monde. Je lirai des livres d'Hermann Hesse : Narcisse et GoldmundLe loup des steppes

    J'aimerai aussi lire enfin Le langage des oiseaux, d'Attar. Relire Le Tao de Pooh

    Et des bandes dessinées. Plein de bandes dessinées, des tas de bandes dessinées.

    Mais où ? Où vais-je faire tout ça ?

    A villeneuve-le-roi, je ne suis pas spécialement à l'aise pour bosser mes projets. Je préfère sortir à Paris. 

    A Plerguer, si, c'est bien. Mais si Mathurin est là-bas, je n'arriverai jamais à me consacrer à ces projets personnels.

    Il ne resterait plus que Tharon. Mais je ne vais pas y passer tellement de temps que ça.

    Bon. On verra.

    Suis-je capable de rédiger un mémoire en un peu plus d'une semaine ?…

    En attendant cet été, je ne suis rien d'autre qu'un gros fainéant…

    Je n'ai aucune envie de faire tout ce que l'on me demande de faire. Mais je ne fais pas non plus ce que l'on ne me demande pas de faire. En fait je ne fais pratiquement rien.

    Je crains beaucoup mon deuxième bilan… Enfin, assez, on va dire.

    C'est vrai, n'empêche : foncièrement, je suis fainéant. Sinon, je ne glanderai pas autant. Sinon je travaillerai plus, j'essaierai de faire des trucs cools.

    Ai-je ma place en option communication ? Ai-je ma place en atelier illustration ?

    Ma motivation est extrêmement importante, mais j'ai peur de ne pas avoir le talent nécessaire, d'être un imposteur.

    Peut-être que je passe du coq à l'âne, mais je viens de lire Désoeuvré, de Lewis Trondheim.

    Il écrit ça : "en plus, je ne me suis jamais senti dessinateur… j'avais envie de raconter des histoires, j'ai ensuite fait ce que j'ai pu avec mon dessin…"

    Moi non plus, je ne me suis jamais senti dessinateur.

    Quand j'étais petit, je me racontais déjà beaucoup d'histoires. A un moment, je voulais devenir inventeur : ça me permettait de me raconter des histoires dans ma tête, où je me projetais dans mon avenir, dans ma future vie palpitante et extraordinaire d'inventeur avec femme et enfants, qui remontait le temps et tous ces trucs-là…

    Et j'ai compris que c'était ça, que j'aimais : me raconter des histoires. Je ne sais plus quel âge j'avais, mais j'ai voulu devenir réalisateur de cinéma.

    Mais je m'interrogeais. Plus j'avançais, et moins je comprenais l'ordre chaotique des métiers du cinéma… J'ai compris qu'il y avait des scénaristes, que le réalisateur n'écrivait pas nécessairement son propre film. Et puis, il y a le directeur de la photographie, tout ça… Je comprenais de moins en moins ce que le réalisateur lui-même avait à faire là-dedans !… Ce que j'ai réussi à comprendre, c'est que le raconteur d'histoire, là-dedans, ça devait être le scénariste. Alors, je me suis dit ça, je me suis dit : je veux devenir scénariste.

    Et puis, j'ai commencé à m'intéresser à la bande dessinée. Niveau métiers, c'était beaucoup plus simple que le cinéma. Un qui écrit l'histoire, un qui dessine, et ça peut être le même. Beaucoup plus simple !…

    Alors je me suis dit que, pour raconter mes histoires, je ferais de la bande dessinée.

    Mais je trouvais que je ne dessinais pas assez bien. Progressivement, j'ai rabaissé mon ambition : je voulais faire de la bande dessinée, mais en écrivant des scénarios. Je voulais devenir scénariste de bandes dessinées. Je ne me sentais pas assez bon pour pouvoir les dessiner moi-même un jour.

    Et puis, vers quatorze-quinze ans, j'ai fait plus d'efforts. J'ai commencé le croquis d'observation. Je me suis dessiné dans le miroir. J'ai dessiné les gens autour de moi. J'ai dessiné d'après photo. J'ai commencé à apprendre à avoir un coup d'oeil, à faire attention aux choses, à assimiler.

    Progressivement, j'ai commencé à m'améliorer, de plus en plus. A nouveau, comme en primaire, on me disait que je "dessinais bien". J'impressionnais les gens.

    J'au revu mes ambitions à la hausse : j'avais bien travaillé, je m'améliorais nettement, j'étais sur la bonne voie. Si je continuais comme ça, je pourrais atteindre un niveau respectable. Donc, je ne voulais plus devenir simplement scénariste : j'envisageais de pouvoir devenir auteur complet !…

    Et j'ai continué à travailler mon dessin, de plus en plus, toujours un peu plus. Lentement mais sûrement, je ne cesse de m'améliorer.

    Mais voilà. Je suis dans la cour des grands. Je suis aux arts-décoratifs de Strasbourg, où beaucoup de monde veut aller en illustration. Où soixante personnes ont été gardées parmi peut-être un bon millier.

    Je ne suis pas le seul à aimer dessiner…

    Et, autour de moi… Autour de moi, beaucoup de talent. Un niveau assez conséquent, une certaine aisance chez certains, qui suscitent mon admiration et me font sentir petit.

    Mais je suppose qu'il y a une différence de moteur entre certains d'entre nous.

    Mon plaisir de raconter des histoires est plus important que mon plaisir à dessiner. Mon plaisir à dessiner est subordonné à celui de raconter.

    Et, à ce stade, je lis donc ces lignes de Trondheim : "je ne me suis jamais senti dessinateur… j'avais envie de raconter des histoires, j'ai ensuite fait ce que j'ai pu avec mon dessin…"

    Mais plus loin dans son livre, Trondheim écrit également ces lignes :

    "Le plaisir est la motivation, la source d'énergie essentielle chez moi… et sans doute chez de nombreux auteurs. Elle nous vient la plupart du temps d'une adolescence assez solitaire, alors, il fallait bien s'occuper. Et se raconter des histoires, en bande dessinée ou autre, était un moyen facile de s'entourer d'amis, d'une vie sociale fictive et de se retrouver au centre d'un univers dont nous étions totalement maître."

    Il est évident que je me reconnais parfaitement dans cette description… 

    Bien sûr, que j'étais solitaire, que j'étais introverti. Bien sûr que j'étais renfermé vers moi-même et que c'est pour ça que j'ai développé un univers intérieur avec plein de mondes et de personnages. 

    Si je n'avais pas eu l'enfance que j'ai eue, si je n'avais pas eu l'adolescence que j'ai eue, si mon tempérament s'en était trouvé très différent, il est évident que je n'aurais pas passer tant d'années à me raconter les histoires de Zack, Rob, Alec, Jules, Morgan, Sejuil, Boriak et tout ça, parcourant leur planète à la recherche du Boulchmack Ultime… Il est évident que je n'aurais pas raconté l'histoire d'un caillou blanc qui tombe amoureux d'une étoile, ou l'histoire de Gabriel et Balthazar, deux anges reclus dans une pièce avec une petite fille.

    Si j'avais été normal, jamais toutes ces choses ne m'auraient traversé le crâne.

    Lewis Trondheim est pertinent, mais enfonce le clou : "en fait non, la raison pour laquelle je travaille est pour passer le temps, et principalement passer du temps hors de la réalité. Cette fuite de la réalité est-elle saine ? Doit-elle ou peut-elle être combattue ? Est-elle semblable à celle du lecteur qui cherche aussi une échappatoire à la réalité?"

    Oui, évidemment… évidemment que lorsque j'écrivais l'histoire d'un train qui ne s'arrête pas, qui va jusqu'au cosmos, et que le personnage rencontre une femme et tombe amoureux et réciproquement, évidemment qu'alors je fuyais la réalité.

    Toutes mes histoires n'étaient qu'évasion et fuite, c'est sans doute une évidence.

    Aujourd'hui, je ne me sens plus dans cette posture. Bien que je veuille toujours raconter des histoires, je ne le fais pourtant plus. 

    Joann Sfar a l'habitude d'expliquer sa façon de produire ses bandes dessinées, par les personnages qui sont dans sa tête et qui lui parlent. Il explique que dans sa tête, il y a Petit Vampire, Grand Vampire, le loup-dragou, l'homme-arbre, le professeur Bell, Ossour Hyrsidoux, Petrus Barbygère, Humpty Dumpty, le chat du Rabbin, le malka des lions…

    Tous ces personnages sont présents à l'intérieur dans sa tête, et lorsqu'ils lui parlent, alors il leurs consacrent des bandes dessinées. Et parfois ils se terrent dans un coin, muets, et il interrompt telle série plusieurs années…

    Pour ma part, je ne sais pas si j'ai des personnages qui me parlent dans ma tête. Ce qui est sûr, c'est qu'en ce moment, c'est plutôt calme.

    C'est simple : j'ai un pied dans la réalité. J'ai une vie. Je fais des expériences, découvre, m'épanouis. Si l'on pouvait excepter les "maux" scolaires, alors je pourrais dire que je suis heureux actuellement.

    Mais je ne pense pas pour autant abandonner mes histoires. Ce n'est pas que je compte particulièrement fuir à nouveau la réalité dans quelques années.

    Mais je crois que les histoires ne sont pas simplement ça. Que je les lise ou que je veuille les écrire, pour moi, une histoire doit au contraire m'éclairer sur un aspect du réel. Je veux qu'une histoire m'apprenne quelque-chose, en garder quelque-chose en moi. Si j'écris une histoire, c'est parce que je me pose des questions, et que je veux interroger quelque-chose. Je veux faire des histoires pour m'aider à réfléchir, peut-être pour voir certaines choses un tout petit peu plus clair…

    Bref, je ne renonce à rien. Je ne renonce pas à raconter des histoires. Je ne renonce pas à aller en illustration.

    Et j'évite de penser à ce que je ferai si je ne suis pas pris dans cet atelier. On verra bien ça l'année prochaine…

    Pour l'instant, ce qu'il me faut, c'est écrire ce foutu mémoire, et m'occuper de tout le reste. Il faut que je m'efforce d'avoir la note la moins pire possible à mon bilan. Même si je ne me suis pas encore épanoui du tout dans l'école cette année, je dois faire encore quelques efforts avant que l'année ne se termine…

    Vous savez, je ne vous ai pas expliqué, mais dans Désoeuvré, le propos de Lewis Trondheim est celui-là : "dépassé un certain âge, je risque de ne plus faire que de la merde."

    C'est absolument terrible, car à travers tout l'argumentaire et les problèmatiques débattues dans ce livre, je me suis reconnu par rapport à mon blog.

    C'est la cinquième année que je tiens ce blog, et si mes notes sont de plus en plus rares, c'est par peur de tourner en rond.

    En cinq ans, j'ai déjà abordé beaucoup de choses, sur ce blog. Parfois ce n'est pas simple de ne pas se répéter. Bien qu'en cinq ans, j'ai changé, et mes réflexions ont changé. Et puis, ma motivation a évolué.

    Bref, le portrait brossé par Trondheim du dessinateur de bédé de soixante berges qui n'arrive plus pondre quoique ce soit d'original, me fait un peu penser à moi, maintenant, avec vous.

    Je crois que quelque-chose est plus au moins en train de se terminer.

    Ces derniers mois, il y a quelque-chose qui se tarit, qui s'épuise, sur ce blog.

    Il n'y a q'une seule solution, et c'est le renouvellement.

    Ça ne sert à rien de changer de blog, si c'est pour faire le même style de blog ailleurs.

    Ma première étape pour repartir à zéro, pour ne plus avoir peur de tourner en rond, est celle que j'ai abordé plus tôt dans cet article : l'adaptation en bande dessinée de certaines notes de blog.

    Etape que je compte entamer cet été.

    Je ne dis pas que ce blog est mort, hein. Ceci n'est certainement pas un dernier article. Je vous avoue simplement que je le sens devenir progressivement moribond… Et qu'il me faut envisager quelque-chose de nouveau et qui me soit inédit.

    Quelque-chose de risqué…

    Il faut que je dorme, je tombe vraiment de fatigue. La nuit dernière j'ai dormi quatre heures pour un exposé d'anglais pour lequel je ne suis finalement même pas passé…

    Bien à vous,

    l'auteur du blog


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  • Alain Souchon, je t'aime.

    Tim, je t'aime.

    Lewis Trondheim, je t'aime.

    Aude Picault je t'aime.

    Neil Gaiman je t'aime.

    Alan Moore je t'aime.

    Joann Sfar je t'aime.

    Hayao Miyazaki, je t'aime.

    Edmond Baudoin je t'aime.

    Osamu Tezuka je t'aime.

    Serge Gainsbourg je t'aime.

    Bill Watterson, je t'aime.

    J.K Rowling, je t'aime.

    Malcolm X, je t'aime.

    Tom Waits, je t'aime.

    Leonard Cohen, je t'aime.

    Woody Allen, je t'aime.

    Roald Dahl, je t'aime.

    Buster Keaton, je t'aime.

    (ça m'a pris, comme ça)


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  • Vivement Juin.

    Plus l'année passe et plus je crois que j'en ai marre.

    Plus j'ai de travail, moins j'arrive à le faire.

    Plus j'ai du travail que je n'arrive pas à faire, plus je glande.

    Tant que je ne sors pas, je ne fais rien qui soit intéressant.

    Je perds du temps. Beaucoup de temps.

    Je n'apprends rien, je traîne. Traînasse.

    En Juin ils doivent me dire si je vais en communication.

    S'il y a refus je ne sais pas ce que je fais.

    Il faut que je travaille mais pour moi ce n'est jamais facile.

    Je ne développe pas. J'ai faim.


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