• J'ai vraiment envie de continuer à me raconter des histoires. Je veux vraiment écrire l'histoire de Bastien et de Vampire. Je veux vraiment dessiner l'aventure de Philibert.

    Je veux vraiment écrire (et dessiner ?…) l'histoire d'Amour et de ses congénères, aux trois grandes époques de sa vie. Je voudrais vraiment un de ces quatre établir un peu cette histoire de fous avec une sorte de Cristophe Colomb/Archimède qui croit pouvoir construire un vaisseau volant… et qui rencontrera un véritable far-west de l'autre côté de la mer, avec un cow-boy qui ne parle jamais poursuivi par un tueur à gages. Et j'aimerai bien mélanger encore plus les genres et y foutre des dizaines de personnages qui viendraient complexifier et faire rebondir l'action. 

     

    Il faut simplement que je me donne du temps. Peut-être cet été (pour les projets les plus pressés).

    Qu'est-ce que je vais faire de ma vie si j'arrête de me raconter des histoires ?…


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  • Peut-être pas ce soir, au fond.

     

    Il y a plusieurs choses. 

    Il y a la beauté éphémère et discrète.

    Et il y a l'immuable solitude.

    Croiser d'autres existences, c'est une aventure.

    J'aime beaucoup l'aventure.

    J'aime croiser des existences.

    Si bien que la solitude me paraît anti-aventurière.

    Elle ne l'est pourtant pas nécessairement (anti-aventurière). Mais il est difficile de la percevoir comme une aventure pour moi et pour l'instant. 

    Alors, sans nouvelles des gens qui me sont des aventures, je m'ennuie.

    Ou pas. Car en ce moment je n'ai plus trop de boulot et je relis tous les Thorgal qu'on a à la maison. Alors ce serait faux de dire que je m'ennuie, parce que se retaper les Thorgal c'est assez chouette en fait.

    Mais voilà, l'idée est là : échanger avec des gens, c'est cool. Écrire des mails à des gens, c'est cool. Planifier des trucs avec des gens, c'est cool. Recevoir des nouvelles des gens et devoir répondre, c'est cool. Mais comme tu n'as pas non plus trente millions d'amis, ce n'est pas cool à chaque fois que tu ouvres tes mails (trente fois par jour, en hyperbolant un peu…)

    Je voulais aussi parler de la beauté.

    Je suis dans le rer et il fait très beau. Alors, si je regarde le plafond du rer, j'y vois le reflet d'une vitre : différentes couleurs, vertes,  bleues ou ce que vous voulez, défilent à toutes vitesse dans le rectangle exposé au plafond. Et puis il y a la lumière qui traverse le wagon.

    Il y a les reflets des gens contre les vitres qui se superposent sur les paysages qui défilent. Ça aussi, c'est beau.

    Leur reflets à tous sur le plafond (oui, encore le plafond).

    Dans la ligne 14 , au démarrage et à l'arrivée du train, à chaque station, les vitres du métro s'additionnent à celles des portes. J'ai deux reflets qui se superposent et dont les tailles varient à toute allure, de façons saccadée. Ça aussi ça me plaît.

    Les reflets, où qu'ils soient, me passionnent.

    Cette beauté de l'infime, d'éléments ordinaires et quotidiens qui se trouvent alors transfigurés, me fascinent, et je les remarque, les relève, y suis attentif et les contemple.

    Ces transfigurations font partie de ce qui m'intéresse, à ce titre, je ne me vois pas les laisser m'échapper de ce que je pourrais faire.

    Prenons une fiction.

    Il est très facile de se satisfaire, dans une fiction, de faire avancer la narration.

    Et il est évident que la narration doit avancer.

    Mais une intrigue est pauvre si elle n'est qu'une intrigue.

    Elle doit contenir ce qui vous intéresse. Ce qui vous fascine, ce qui vous fait réfléchir. Ce que vous admirez. Elle doit contenir une forme de vérité, de réalité, d'authenticité. Que cela fasse "avancer l'intrigue", ou non.

    Mais, voilà : encore une fois, il est difficile d'être attentif à ces détails essentiels.

    Mais j'aimerai véritablement écrire ou dessiner, un de ces quatres, ces reflets, ces faits devant mes yeux, qui me fascinent tant.

    Mais comment voulez-vous dessiner ça ?… Je ne m'appelle pas "meilleur dessinateur du monde"… 

     


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  • Je dois bien avouer que c'est assez merveilleux. Oui, c'est assez merveilleux.

    C'est assez fou. Au début de l'année, je voyais tout un tas de gens dans cette classe qui m'impressionnaient beaucoup. Des gens très sérieux avec un travail respecté. Un truc dans ce genre. Assez vite, en me documentant sur les écoles, je me suis aperçu que c'était Strasbourg que je voulais.

    Ce que j'éprouve en cet instant est une sensation très particulière. Un soulagement et un contentement que je ressens même physiquement, car je tremble quasiment. Je tremble presque. Ce n'était pas gagné d'avance. Ce n'était vraiment pas gagné d'avance.

    J'ai voulu aller à Picasso. Du fond du coeur. J'y suis allé. J'ai voulu aller à Strasbourg du fond du coeur. Et je vais y aller. Je pense que je suis sur la bonne route.

    C'est tout à fait merveilleux. J'ai aussi été admis à Dijon, à Rennes, à Nantes, à Quimper et à Lorient. Mais, à toutes ces écoles, je dis adieu. Adieu.

    C'est vraiment très bon. Chaque année dans cette prépa, il n'y a qu'une ou deux personnes qui sont admises à Strasbourg. On y est pris au compte-goutte. Et, durant l'année, j'ai pensé : il y a untel. Il y a untel. Il y a untel. Qui ont certainement plus de chances que moi d'être pris. Je ne serais pas pris. Je ne me vois pas parmi les deux personnes par an qui réussissent là-bas. Je me suis trompé. Je me suis sous-estimé. Au cours de l'année, mon travail a incroyablement mûri, et j'ai sû construire un dossier digne d'intérêt. Qui a convaincu toutes les écoles auquelles je me suis présenté. Je n'ai pas tenté les beaux-arts de Paris, je n'ai pas tenté les arts-décoratifs de Paris, je n'ai pas tenté Cergy, mais cela fait que je n'ai été recalé à aucune école. J'en suis plutôt fier.

    Je suis tellement heureux. J'aurais été tellement déçu de ne pas être admis.

    Tout a commencé à se jouer à l'étape de la pré-admission. Avec Camille et Léa, j'étais pré-admissible. Claire ne l'a pas été. Ulysse ne l'a pas été. Ils ont été sept dans la classe, à ne pas l'avoir été. J'étais donc parmi les deux ou trois de la classe, qui pouvaient sans doute entrer à Strasbourg. D'un seul coup, je faisais partie des deux ou trois dont je ne croyais pas pouvoir faire partie. J'étais à deux doigts des arts-déco de Strasbourg. J'en étais à deux doigts ! C'était possible ! C'était possible !

    Et, là, en cet instant : "je suis pris à Strasbourg. Je suis pris à Strasbourg !"

    D'abord, l'épreuve écrite. Henri Michaux m'explique que, lorsque je m'assoupis, que j'arrête d'écouter parler les gens autour de moi, lorsque je deviens le doux rêveur que je suis, c'est mon âme qui s'en va nager, sans trop s'éloigner, relié avec moi par un fil sortant du ventre. Je prolonge ce texte à ma façon, sur le ton de la réflexion.

    L'après-midi, je fais du crayon, de la plume, du feutre-pinceau, de l'aquarelle, je dessine les gens devant moi attablés devant leurs propres dessins, et j'en relie quelques-uns à des créatures plus au moins aquatiques nageant dans l'oxygène ambiant. J'écris des mots extraits du texte. "L'âme adore nager. Elle nage comme les anguilles et les serpents de mer".

    Le lendemain. Deuxième oral. Je parle de ce dessin format raison. Puis : "qu'est-ce qu vous voulez faire, quand vous serez grand ?" Dixit. J'évoque timidement la bande dessinée. On me demande qui est-ce que j'admire. J'évoque Baudoin, Sfar, Trondheim, Guibert, Frederik Peeters. J'oublie Christophe Blain, Dumontheuil, Craig Thompson...

    On me demande si je vois des expos, j'en dis quelques-unes. Y-a-t-il des artistes auquels je sois réellement sensible, qui me touchent particulièrement ? Cette question m'est très difficile. Je peux facilement être touché par une oeuvre plastique, mais il est rare qu'un certain travail me touche réellement davantage que tous les autres. J'essaie de penser à des peintres, car je suis plus facilement touché par le domaine de la peinture. Je parle de ceux à qui j'arrive à penser, sans convoquer tous ceux que j'aurais pu. Je replonge dans le passé, je parle de Van Dyck dont j'ai vu l'expo, de Fragonard lorsqu'il fait le portrait de Diderot, j'explique ce qui me fait aimer. On me demande alors si je connais Franz Haltz et heureusement je l'ai découvert dans l'Histoire de l'art de Gombrich, ce que je dis aussitôt, évoquant la touche affirmée de sa peinture.

    On me demande ce que je veux faire à Strasbourg. Je dis que je suis conscient que la section illustration est ultra-demandée pour peu de places, mais je dis que c'est ce que je veux. Je dis que des auteurs de bande dessinée que j'admire tels que Blutch, Boulet, Lucie Durbiano, Lisa Mandel, sont passé aux arts-déco de Strasbourg. Que des illustrateurs dont j'admire également beaucoup le travail tels que Erwann Surcouf, Natacha Sicault ou Lucie Albon sont également passés par là. J'explique que cela suscite nécessairement en moi le désir de suivre leurs pas, de suivre le même chemin. Deux femmes du jury semblent me comprendre parfaitement, lisent ma motivation, elles me sourient et me semblent même assez émues. Par conséquent, en sortant de la pièce, je suis vraiment très content de mon oral, je pense avoir assuré.

     

    Alors, j'attends les résultats. Tout peut encore arriver. Pas d'illusions. Je peux être pris, je peux aussi ne pas l'être. C'est tout à fait possible. Alors j'attends. C'est horrible d'attendre, mais j'attends, comme l'année d'avant j'avais attendu les résultats pour fontenay-sous-bois avec impatience.

    Finalement, ils donnent leurs résultats avec une semaine d'avance.

     

     

    L'année prochaine, je vais à

     Strasbourg !

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • J'aime partir d'aliments.

    Alors il y a une banane, un baba-au-rhum, un milk-shake, une tomate farcie, un poulet rôti, un canard laqué, une glace à la fraise, une tablette de chocolat, une tarte au chèvre et aux épinards.

    Si je m'étais arrêté après "une banane", il n'y aurait eu qu'une banane. Mais j'ai continué. Ce qui fait que banane se confond avec les autres. Banane est sur un pied d'égalité avec les autres aliments, et son importance en est sans doute minimisée. Disons que banane se retrouve fondue dans la masse.

    Mais le fait que j'ai continué ma liste ne fait pas que rendre banane plus anonyme. Cela la relie à d'autres.

    Banane peut être seule, elle est cependant en contact avec d'autres. Banane peut entrer en contact avec le baba-au-rhum, avec la tablette de chocolat, avec la tomate farcie, avec le poulet rôti. Elle a la possibilité de le faire.

    Créer des contacts a des incidences. Ces contacts portent leur poids, leur importance. Ils peuvent être plus au moins lourds.

    Il y a les contacts qui se tissent au quotidien. Ils sont légers à porter car se tissent jour après jour. On apprend à connaître l'autre très progressivement, et peut-être même que ce n'est qu'après un certain temps qu'on se sentira à l'aise avec une personne, que l'on se mettra à apprécier particulièrement.

    Il n'y a pas que ces contacts-là. Si la banane est rangée au même endroit que la tomate (pas encore farcie), elle peut par contre être davantage éloignée du baba-au-rhum, du milk-shake, du canard laqué… La rencontre est alors plus fortuite, amenée par la chance, le destin. Elle n'en est que plus précieuse. Si banane n'apprécie pas le canard laqué, alors elle aura peut-être simplement la chance de ne pas le revoir. Peut-être la banane appréciera davantage baba-au-rhum. Et, malgré la distance, peut-être la banane et le baba-au-rhum essaieront-ils de se revoir. S'ils se revoient, c'est alors dans l'appréciation de leurs concordances. Ils sentent qu'ils sont en accord sur certaines choses, qu'ils sont prêts à s'apprécier. Qu'ils veulent se connaître. La différence est immense par rapport à une relation se tissant de façon obligée. Il y a des amitiés qui se créent entre des personnes qui se côtoient jour après jour parce que le hasard les réunit ensemble dans leurs vies. Il y a des amitiés qui se créent entre des personnes qui se côtoient une fois, qui auraient pu ne jamais se revoir de leur vie, mais qui décident de traîner ensemble. Il y a alors une véritable décision. Un vrai effort, à influer sur le cours des événements. C'est quelque-chose qui est absent dans un rapport se tissant au quotidien, où l'on n'a pas le choix, où l'on ne décide pas (de revoir ou non une personne).

    Si la banane a donc véritablement la volonté de tisser une amitié avec le baba-au-rhum, ce n'est pourtant pas pour ça que son amitié avec la tomate (qui doit devenir farcie) en a moins d'importance.

    Car il est assez difficile de créer une relation profonde avec une personne que l'on ne peut côtoyer au quotidien. La tomate partage les joies et les peines de la banane, supporte l'ensemble de ses humeurs. Elle est là quand banane est bizarre, excentrique, lorsqu'elle est triste, lorsqu'elle est heureuse… Ils se connaissent, éventuellement par coeur. 

    Mais la banane ne connaîtra jamais le baba-au-rhum, ou le canard laqué, ou le milk-shake, par coeur. Leur relation pourra rester superficielle, car ne se voyant qu'occasionnellement, ils ne pourront se connaître véritablement l'un l'autre.

    Il existe donc des relations sans rapprochements. 

    Des relations entre individus intéressés pour connaître leurs existences respectives, mais qui ne sauront les partager ensemble. 

    Baba-au-rhum ne connaîtra jamais banane comme tomate la connaît.

     

    {À part ça, je n'ai pas travaillé mon projet pour Saint-Denis ce week-end, et donc demain je vais mourir (mais pas seul)}


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  • Dans une de mes histoires il y aura Vampire. Vampire est un vampire. Il ne se voit pas dans le miroir ni dans quoi que ce soit. N'ayant jamais l'occasion de voir son reflet il se sent comme un fantôme immatériel. Il se sent mort. Il compense en suivant les gens à la nuit tombée pour mordre les plus goûteux. C'est un malade. Il mord les gens comme une bête, il fait pisser le sang. Se prend pour un chasseur. Il a quelque-chose d'un psychopathe.

     

    (illustration à venir)


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