• Je voudrais passer une année sabbatique à lire des livres dans une petite maison dans les bois en Alaska.

    Je voudrais aller sur la Lune pour voir le cosmos d'un peu moins loin,

    pour voir la Terre

    d'un peu moins près.

    Je voudrais aller dans le désert et voir la foule

    de beaucoup plus loin.

    Je voudrais ne pas avoir tant de choses à faire

    Et je voudrais avoir envie de faire ce que je peux vouloir faire

    Lorsque, durant une après-midi, je n'ai aucune obligation.

    Lorsque je me retrouve seul dans ma maison.

    Et je voudrais...

    Je voudrais rencontrer des gens directement avec le coeur.

    Ne pas observer de "radicale différence".

    N'observer que nos ressemblances

    de deux chocolats

    à peine différents.

    J'aimerai que l'avenir soit clair et sûr.

    J'aimerai ne pas perdre tout le temps mon temps.

    J'aimerai vivre dix mille vies à l'intérieur de la mienne.

    J'aimerai que la vie ne soit pas un cycle immuable se répétant sans arrêt

    qui

    sans arrêt

    nous fait faire les même choses

    et qui nous empêche de sortir des sentiers que nous battons

    en tournant en rond.

    J'aimerai mourir riche à l'intérieur.

    J'aimerai rencontrer directement des gens avec le coeur.

    M'isoler des cycles qui nous font tourner en rond

    Pour lire en Alaska

    Aller sur la Lune

    Voir le désert

    Pour mourir

    un peu plus riche

     

    Et en attendant de vivre,

    je continue de rêver.

    (et là, je pense à Brazil de Terry Gilliam...)


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  • Il fait nuit

    Je suis seul  

    Seul dans la maison

    La grande maison 

    Je pourrais

    écrire

    dessiner

    lire

    je pourrais

    partir

    je pourrais

    "avoir le temps"

    prendre du temps

    l'attraper et l'investir 

    Faire des choses

    J'essaie

    Je déchire et froisse un autoportrait

    qui me regarde comme une gueule cassée

    Cette lumière dans le miroir

    Ces couleurs

    ce volume, ce réel,

    cette matérialité de ma tête

    Rien à faire :

    je veux d'abord en passer par les lignes, la forme

    les accomplir d'une manière

    un tant soit peu exacte

    pas moyen

    ne franchis pas l'étape.

    Je barre, déchire, froisse

    puis reprends la barre

    me calme 

    Alors je suis seul dans la grande maison

    tandis qu'il fait tout noir dehors.

    Je me parle,

    joue du théâtre 

    Joue au loup solitaire qui danse et qui chante

    Je n'ai ni chanté ni dansé

    j'ai imité un type bourré

    Je l'ai fait vomir

    je jouais le rôle

    tâchait de tenir mon masque convenablement

    le théâtre me manque

    puis

    dans le noir

    et dans la solitude

    j'ai souhaité écrire du rien

    de l'infime et du futile

    et je me suis adressé

    à quelques amis

    et des anonymes 

     

    J'aurais pu écrire

    autre chose

    J'aurai pu lire

    quelque-chose

    J'aurais pu dessiner

    autrement

    Mais j'ai préféré

    perdre mon temps

     

    Foutu temps

    On te cherche

    On ne te trouve pas

    on t'a

    On te perd

    Moi je te cherche

    et puis je te trouve

    et quand je te trouve

    te perds

    Perds mon temps...

     


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  • I haven't got any story to tell.

     Mais cependant.

    C'est l'histoire d'un cyborg babouin qui fait des choses.

    Et un jour plein de choses vont mal.

    Et ce jour-là il ne sait pas quoi faire.

    C'est donc l'histoire d'un babouin cyborg qui va mal et qui s'ennuie beaucoup. Il va mal parce qu'on lui a demandés de faire des plans et du coup il en a fait. Et il a essayé de les accomplir et ses plans dans lesquels il avait beaucoup d'espoir se sont révélés foireux.

    Ou alors c'est l'histoire d'un étudiant en classe d'approfondissement en art plastique qui s'invente un babouin foireux pour ne pas avoir à raconter sa propre histoire.

    Il n'y a pas que ça dans ma vie actuelle, mais ça touche quand même mon quotidien. Il y a que j'ai rêvé durant presque deux ans d'intégrer une classe que j'ai finalement réussi à atteindre, mais la réalité du rêve se révèle... mmh... cauchemardesque ? C'est un peu fort, mais c'est un peu l'esprit.

     Je devrais m'entretenir avec le prof mais je ne peux pas aller vers lui. J'ai un blocage. Ce serait comme demander de l'aide, et je peux pas. Je ne peux pas demander. Quitte à ce que je me noie, je n'appellerais pas "au secours"...

    C'est crétin, mais je ne fonctionne pas autrement.

    Ce matin c'est la troisième fois qu'il m'a dit qu'on parlerait aujourd'hui, ensemble, de mon travail. Et, comme d'habitude, les autres élèves l'ont assailli toute la matinée et il n'est pas revenu me voir.

    Je n'ai aucun problème d'inspiration. Je vois bien mon travail, et j'arrive à trouver dans ce que je fais à tel moment, des pistes pour mon travail suivant. Mais c'est la réalisation qui déconne. Dans ma tête, c'est merveilleux. Entre mes mains... C'est fragile ! Voir inachevé et en proie d'être laissé à l'abandon. J'ai faits des découpages de têtes collés contre des morceaux de cartons assemblés en un cube. Mais je n'arrive pas à faire de mon cube un cube, ça ne veut pas coller ensemble, et puis des morceaux de têtes se décollent... Bref, c'est archi-foireux.

    Quant à mon prochain travail, (qui sera à base de découpage/collage aussi) je le ferais bien simplement sur du carton, mais ça ferait brouillon. Alors est-ce que je passe à la toile ?... mais, si je passe à la toile, il me faudra acheter de la toile, construire mon châssis... Étapes de toutes façons inévitables, certes, mais est-ce que c'est vraiment ce qui conviendrait pour ce travail-là ? En même temps, quoi d'autre ? Si je n'utilise ni du carton ni de la toile, qu'est-ce que j'utilise ?...

    Du papier rigide ?...

    ...

    Durant mon dernier travail, je me suis vraiment éclaté en découpant et on disposant mes assemblages de têtes. Je me suis marré, j'ai rigolé tout seul, j'expérimentais avec plaisir les voies possibles d'assemblages pour ces visages. Puis, je passe au collage. Puis je passe à l'assemblage du cube. Et, des fois, durant ces étapes, tout ne va pas comme je veux. J'ai alors les nerfs à vif. Je ne m'emporte pas, mais j'ai vraiment les nerfs à vif.

     

    Pendant ce temps-là, tous les autres élèves semblent s'épanouir et se faire plaisir dans leur travail plastique.

    Moi, je commence à me demander ce que je fais là (un petit peu). Est-ce qu'après tout je n'aurais pas pu me simplifier la vie en faisant des trucs un peu moins vraiment artistiques, un peu plus à ma taille de dessinateur, genre un MANAA ?

    Et pourtant, mais si ce n'est pas ma passion première, l'Art m'intéresse. Après, est-ce que j'adore en pratiquer... Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je ne sais pas si je suis fait pour ça.
    Et puis un MANAA, je ne sais pas comment c'est, mais j'aurais peur qu'on me fabrique un dessin formaté. Un peu de technique c'est bien, mais un dessin purement technique, pour moi... Non. En même temps, je ne sais pas de quoi je parle : je ne sais vraiment pas comment c'est, une MANAA.

    Et puis, je persiste à croire que la plupart des auteurs de bandes dessinées n'ont pas fait des MANAA et des DMA ou des BTS mais ont fait des écoles de Beaux-art, d'Art-déco, qu'ils sont passés par Strasbourg ou Angoulême... Lucie Albon et Natacha Sicauld ont même fait les deux dans leur cursus, Strasbourg ET Angoulême.

    Bien sûr, je suis en train de faire des généralités, mais bon...

    Et en même temps, je ne sais même pas comment c'est Strasbourg. Je crois qu'il y a un truc relié genre à l'illustration après le tronc commun. J'imagine que ça devrait déjà être moins chiant que ce que je fais cette année (et qui pourtant était un rêve important à réaliser depuis mon année de première...), mais, bon.

     

    Ou alors, les choses finissent par s'améliorer pour moi. Peut-être je finis par parler au prof et je remonte la pente. Ce serait cool. Mais tant que je joue à Bob le bricoleur, je ne serais jamais dans mon élément.

     

     

    Et pendant ce temps-là, en Écosse, un certain Scott fait sa grosse commission en lisant le Sunday Mirror.

     

    (dans une prochaine note, je vous parle de ma fascination pour Batman)


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  • Je viens de relire quelques notes de mon blog. Des notes de l'année 2006. Je voulais continuer ma relecture mais il fallait que je fasse une nouvelle note pour dire ce que ça me fait. Et ça fait bizarre. J'ai un peu évolué, depuis. Je n'arrêtais pas de me relater plein de questionnements métaphysiques. Assez intéressants, d'ailleurs. Enfin jtrouve. Mais ça n'apporte pas grand-chose, j'ai dû finir par faire le tour du sens de la vie et de la mort, alors je ne fais plus de notes de ce genre mainteant. Même dans mes pensées je suis vachement moins métaphysique, puisque je tournais en rond, toujours les même trucs dans la tête...

     Autre chose des notes de 2006 que je viens de remarquer, c'est que je n'arrêtais pas de me plaindre de mon célibat et de ma solitude. En 2006, j'étais en quelle classe ?... Seconde ? Si oui, alors c'est vrai que j'étais assez seul.

    Je me suis fait davantage d'amis en première. 

    Aujourd'hui, je reste solitaire, mais j'ai quelques vrais amis.

    Ça fait bizarre de relire à quel point je me sentais seul en 2006. Rétrospectivement, ça me fait presque pitié.

     C'est cool, d'avoir un blog. Pouvoir remonter le temps, voir les traces qu'on laissait à l'époque, nous laissant nous observer comment nous étions à cette époque-là, comment nous ne sommes plus.

    C'est bizarre. On ne cesse jamais d'évoluer. Je relis les débuts de mon blog et j'observe que ce que j'étais à l'époque est déjà différent de ce que je suis aujourd'hui.

     En photo, moi justement à seize ans. je m'y tape la pose, mais c'était toujours comme ça à l'époque, je me prenais toujours en photos avec des poses ou des grimaces...


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  •  

    C'est un type dans sa bulle qui observe le monde. Comme il s'ennuie il s'imagine vivre tout un tas d'aventures, où il rencontre plein de personnages incroyables. Comme il se les imagine, ces aventures sont toujours merveilleuses. Seulement, il ne se confronte jamais au réel, soit, à l'essentiel.

     

     

     

    (Cette phrase que je viens d'écrire me fait penser à La Rose pourpre du Caire de Woody Allen, film sensible, touchant et mélancolique, qu'il faut absolument voir et qui parle exactement de ce thème-là.)


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