• Je n'ai rien à dire, rien à révéler, rien à délivrer, juste envie d'écrire. Ma soeur me demande de l'aide pour ses mots croisés, mais je ne vois pas quel est le mot pour "son perçant". Lorsque j'aurai fini cette note, je regarderai sûrement quelques that's seventy show avec elle, en mangeant des cookies trempés dans du jus de fruits. J'ai bien mon expo de philo à préparer, mais il faut juste, en gros, que je finisse son bouquin chelou, et puis je ne pense pas qu'il nous fera passer demain. C'est très drôle, ce qui m'arrive avec mon prof de philo. Depuis qu'on a commencé la conscience, il nous fait enfin véritablement cours, ça fait du bien, et à la fois, c'est un peu déstabilisant, on n'est pas vraiment habitués. Aujourd'hui, on a fait en une heure ce qu'on aurait fait autrement en deux. D'habitude, il ne se passe pas deux heures sans qu'il nous parle de l'homéopathie, d'Apocalypto de Mel Gibson ou de je sais pas quoi d'autre. Le problème, c'est aussi que les élèves s'étaient prêté au jeu, et vas-y que machin raconte que sa mère il lui arrivé ça, et bidule qui parle de ci... Et, bien sûr, le prof de philo ne les arrêtaient pas : le cours s'était transformé en salon de thé. Oh, et puis, les élèves qui chipotent pour un rien, et qui débatent de la ptite bête alors que ça sert à rien! Bref, jusqu'à présent, j'avais du mal en philo, mais, je vous dis, depuis qu'on commence la conscience, mon prof de philo est véritablement devneu un prof de philo... Ce matin, pas UNE SEULE digression sans aucun rapport de toute l'heure... c'est véritablement formidable!
    Hmm. Bref. Oh. Radio néo passe un reprise de "Putain de toi" de Brassens par Olivia Ruiz. Bref. J'ai envie d'écrire pour écrire, et d'écrire comme je peindrais. Oh. Je viens de réaliser quelquechose. J'allais dire "écrire comme je peindrais de l'abstrait". Mais quand j'écris, ce n'est jamais abstrait. C'est très souvent à tendance absurde, mais pas abstrait. En fait, pour de vrai, de l'écriture abstraite ce serait ça :
    Gnabouloujkaramouchki, blastuff, jdanofff, jdaaaaanamoulichka
    Ça, ça c'est de l'écriture abstraite.
    Mais quand j'écris des trucs bizarres, du genre "un poil sortit du nez de l'oreille de la reine d'Angleterre des reinettes à pois", c'est pas abstrait, c'est absurde. Ou surréalite, au choix.
    Donc, j'ai envie d'écrire de manière absurde et surréaliste, parce que j'ai juste envie d'écrire, sans autre désir d'exprimer quoique ce soit de spécial derrière la tête, et que ce genre d'écriture correpond alors très bien je trouve.
    Dix mille idées qui existent, j'en empoigne une.
    Dix mille? Non. Des idées, il y en a une quantité incommensurablissime. Mais je n'en empoigne qu'une.
    L'idée. L'idée est un phénomène de l'esprit, c'est une réaction par rapport à quelquechose qui vous triture le cerveau. Quelque chose qui vous triture le cerveau est donné par une pensée spontanée et bizarre de votre part, mais plus souvent par un événement qui vous arrive (à vous ou à vos oreilles (la vie secrète des oreilles est palpitante, mais c'est peu connu)). Et puis parfois, d'une idée, on en arrive bizarrement à une autre.
    Parce que les idées, c'est des lianes dans la jungle. À force d'avancer, on finit par apercevoir une liane, on s'y accroche, on l'agrippe, on la monte, et puis on voit une autre liane, et là, on joue à Tarzan. Tarzan comme métaphore du créateur. Hum. Bref. Oui, c'est d'ailleurs intéressant à noter, ça : être curieux, c'est important pour avoir des idées. J'ai dit que les idées sont, en gros, des réactions par rapport à des événements. Mais, des événements, ça peut être une bédé, un film, un livre, des magazines : un dossier sur le Japon moderne dans le dernier géo, un article sur les nouveaux solitaires assumés dans le Monde 2, une interview d'un spécialiste des arbres dans le même magazine, un article sur l'intelligence animale dans le nouvel obs, un numéro entier dédié à la littérature indienne dans le magazine Lire; ou encore la télé : une théma sur le vampire sur Arte, avec un document sur Bela Lugosi, une théma sur Gustave Courbet, un mois spécial Kubrick, grâce à quoi vous voyez Full metal Jacket et Docteur Folamour, l'émission géo en général, toujours sur arte (c'est le samedi soir, non ? ça dure une demi-heure et le comédien qui commente le docu est la voix française d'Alan Rickman, vous savez, celui qui joue Severus Rogue dans les films d'Harry Potter (oui d'ailleurs du coup, quand je regarde cette émission, j'ai toujours l'impression que c'est Severus Rogue en personne qui me parle, par exemple, de l'entretien des transsibériens en Russie, ça fait assez drôle je dois dire...)), des docu qui vous ont marqué, comme ce documentaire sur un vieillard de 90 dix ans qui réalise enfin son rêve de voyager au Maghreb, accompagné par son petit-fils réalisateur qui le filme, ce docu sur ce violoniste extraordinaire qui voyage, joue de la guigne à la texane, du classique à l'européenne, et du violon à la manière indienne, bref, cet énorme passionné qui, pourtant, jeune étudiant en musique, s'était volontairement mis le pouce dans une porte avant de la fermer pour éviter de passer un examen pour son jeu de violon, tellement il était dégoûté de son fameux instrument, à cause de ces fameuses études; ou encore, ce documentaire sur ce violoncelliste russe et anti-communiste, qui avait dû partir de Russie, s'exilant, et qui était incroyablement reconnu, mais j'ai oublié son nom.
    Eh bien, voilà, pour avoir des idées, il faut ça, il faut être curieux, il faut pouvoir énumérer autant que ce que j'ai énuméré, mais aussi et surtout, observer tout autour de soi, regarder, y repenser, tracer des mots là-dessus, y réfléchir.
    Avoir de l'imagination, c'est finalement avoir des idées. Et c'est bien connu : quelqu'un qui imagine, quoique ce soit, n'invente rien. Il recrée. Il réinvente. Il casse, brise, reconstruit autrement le monde. Mais il n'invente pas. On n'imaginera jamais un animal qui n'aura strictement aucun lien avec ce qu'on a déjà pu voir, et on ne peut imaginer des couleurs que l'on a pas vu.
    Je trouve ça fascinant de penser à la quantité incroyable de choses passionnantes à propos desquelles je pourrais penser lorsque j'attends quelquechose, je ne sais pas, quand je m'ennuie. Et pourtant, mon esprit tourne souvent autour de lui-même, il trace simplement un sillon, tourne autour d'un ou de plusieurs pot(s), parce que voilà, les idées sont aussi nombreuses que les étoiles d'un ciel, mais il est difficile de toucher les étoiles.
     
    {Edit fait juste après publication : c'est drôle, je comptais écrire un truc absurde, et finalement, j'ai gratté une petite réflexion... Comme quoi, j'aime diriger mon blog de manière très spontanée et intuitive.}
     
    2° édit : pourquoi le texte s'est réduit en largeur? C'est seulement moi ou tous les blogs? 
    3° edit : en fin de compte, avoir des idées, c'est digérer celles des autres. Bon, ça fait une jolie phrase, mais ça pas vrai parce que c'est pas que ça, il ne s'agit pas que d'idées d'autrui, c'est plutôt simplement des faits. Enfin c'est quand même pas faux, c'est juste pas complet. Et puis ça reste un joli aphorisme je trouve.

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  • Vous savez ce qui m'arrive, parfois, quand j'écris sur mon blog ? Je n'ai pas d'exemples précis en tête... Quoique si, maintenant, par exemple. Mais bref. Parfois, soit je n'ai pas envie d'écrire sur mon blog parce que je n'ai pas la tête à ça, à cause d'une certaine chose très précise, soit j'écris sur mon blog à cause de cette chose, mais, comme c'est très personnel, je ne peux pas me permettre d'en parler ici, ce qui fait que j'écris une note parce que j'avais envie d'en écrire une autre. Hi hi. C'est paradoxal, hein? Oui, effectivement, c'est aussi très compliqué à comprendre...

    Je crois que dans le cas ici présent, c'est un peu des deux.

    C'est un peu des fois ça aussi quand j'écris des textes que j'improvise pas tant que ça, puisqu'ils peuvent métaphoriser une situation ou des événements personnels, que, évidemment, je ne vais pas expliquer...

    Du coup, là, par exemple, j'ai bien envie de faire une petite note sur mon blog, mais je ne peux pas vous raconter mon gros problème de ces jours-ci, c'est trop personnel pour être publié sur internet. Et, du coup : que vais-je écrire?

    Que vais-je écrire, cette fois?

    Je n'ai pas envie d'écrire soudain sur un sujet auquel je ne pensais pas du tout un instant avant, en tout cas. J'ai l'impression d'être hypocrite quand je réfléchis sur un truc alors qu'au fond je n'y pense pas si souvent ou en tout cas ce n'est pas mon problème du moment.

    Du coup, j'aurai plutôt envie de faire une impro littéraire. Ce serait plus ça, mon envie substitutionnelle (bah oui, puisqu'elle substitue ma véritable envie de traiter d'une certaine chose).

     

    Eh, mais au fond, c'est intéressant, ça! Parler du fait de ne pas pouvoir parler d'une certaine chose — dont on a envie de parler, mais parler quand même.

    Héhé. Ça devient un peu compliqué.

    Ouais, ça me donne envie d'improviser un truc, tout ça.

    Oui...Ya plein de choses dont j'aimerai parler dans une grosse impro.

    C'est l'histoire d'un créateur qui adore manger, mais il n'a pas toujours le temps. L'histoire d'un créateur qui attache trop d'importance à penser, qui attache trop d'importance à ses problèmes. C'est l'histoire de ce créateur qui réfléchit trop, qui cherche un sens à tout, tout en trouvant tout absurde.

    Ce serait l'histoire d'une langue qui parle et qui parle, mais sa véritable envie n'est pas de gesticuler dans sa bouche, c'est de coller et d'enlacer un congénère, dans une autre bouche.

    C'est deux personnes qui parlent et qui parlent et qui veulent s'embrasser.

    C'est deux personnes qui ne parlent pas, qui ne parlent pas, ne parlent pas, et qui se demandent si l'autre veut vraiment faire sa connaissance.

    C'est deux personnes qui ne se parlent pas et qui se regardent.

    C'est l'histoire de deux yeux qui se croisent mais qui ne savent pas lire le langage des yeux.

    C'est le créateur de tout à l'heure, qui vit, vit, vit, vit, et puis s'enferme dans une bulle, ne bouge plus, pense.

    C'est l'histoire de ses pensées comme des vers sortant progressivement d'un cadavre. C'est l'histoire de ses pensées comme des feuilles qui poussent au printemps.

    C'est l'histoire d'un petit bonhomme qui avance, avance, et qui tout en avançant, réfléchit aux raisons le poussant à avancer.

    C'est l'histoire d'un autre petit bonhomme qui sait ce qu'il veut mais n'est pas courageux. C'est l'histoire d'un petit bonhomme qui attend. C'est l'histoire d'un bonhomme qui sait ce qu'il attend, mais qui aimerait bien passer son temps en attendant.

    C'est l'histoire de deux êtres qui ne se lisent pas dans leurs têtes, qui ne savent pas ce que l'autre veut. C'est l'histoire de relations humaines trop compliquées. C'est l'histoire d'un vermicelle et d'un autre vermicelle, ils pataugent dans la soupe.

    C'est l'histoire d'un ptit bonhomme qui tape son ordinateur à coups de doigts, qui le tape et défoule dans ses coups d'écriture tout ce qui fait que.

    C'est l'histoire d'un chat qui passe sa journée à jouer, dormir, ronronner, embêter les gens, et qui ne pense pas à proprement parler.

    C'est l'histoire d'un tit bonhomme qui a le désavantage de penser, ce qui bien sûr complique tout.


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  • 22:04. Devant mon écran. Lumière de la lampe. Silence.

    Et puis c'est à peu près tout, parce que les choses auquelles je pense ne vous concernent pas.

    Imaginons.

    Imaginons un homme. Dans une voiture. Sur l'autoroute. Il fait nuit. Il est une heure du matin. Il écoute Fip. Il est seul. Il se sent légèrement fatigué, mais il tient fort bien. La musique illumine le noir de la nuit, tandis que sa tête est mi-pleine mi-vide. À la fois il ne pense à rien. Il est concentré sur sa conduite. Sur la nuit, ses phares. Et la musique.

     

    Et à la fois, il a la tête pleine comme une bouche dont la langue et les dents hésiteraient entre quels mots prononcer, parmi toutes les possibilités.

    Il pense surtout à ses problèmes actuels. Il pense à ses problèmes, puis se laisse happer par la musique, par la noirceur de la nuit, par la lumière de ses phares; mélancolique.

    Dans la noirceur de la nuit

    Et le bruit de la musique

    L'homme pense.

     


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  • J'aime le mot "bonobo". Je veux dire, auditivement parlant. Ça sonne bien.

    Bo - no - bo. Jtrouve ça superbe. 

    En fait, j'allais balancer n'importe quelle phrase au hasard, je voulais utiliser le mot "bonobo", et je me suis dit : non, j'ai déjà parlé de bonobos sur mon blog.

     

    La guérilla du chocolat n'atteindra pas la frontière végétalienne.

    Voilà. Ça, ça passe. C'est pas du réchauffé. Enfin, je crois pas.

    Bon. En fait, c'est tout ce que j'ai à dire pour l'instant. Non parce que c'est drôle, c'est jours-ci ya tellement de monde à la maison que je deviens confronté à la situation de ne pas avoir ma place réservée pour l'ordinateur. Et je crois que c'est pas forcément un mal, parce que j'en suis à projeter de lire des bouquins du coup. Et là, je suis sur l'ordi depuis dix piges à glander au lieu de faire des choses plus intéressantes, sans ordinateur.  Mais... Disons que bon. Si yavait pas certaines choses qui feraient que, je serai moins attaché à rester devant mon écran, moins attaché à guetter msn, aussi... Enfin, je n'approfondirai pas ce sujet, ça vous concerne pas.

    Ah là là.

    Bon. Allons donc faire des choses plus intéressantes.

    Donc voilà, cette note sert à que dalle, simplement, elle vous invite à méditer cette phrase : La guérilla du chocolat n'atteindra pas la frontière végétalienne.


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  • La gare comme un énorme rectangle. Les trains comme des pattes. Le tout comme un crabe  immobile.
    Les TGV.
    Les pattes qui s'arrachent du corps.
    Arrivée à Rennes à 20h12.
    La patte qui s'arrache lentement. Le train qui démarre. Qui s'accélère. Le décor vu de la fenêtre. Verdure et vaches.
    Décollage opéré. Fusée lancée. L'espace intersidéral.
    Les gens qui regardent dehors. Les gens qui lisent. Les gens qui travaillent sur leur ordinateur portable.  
    Les mères et leurs bébés. Les couples. Les vieux, les vieilles, les jeunes, les enfants.
    Les lunettes. Les barbes. Les cheveux longs et courts.
    Ceux qui partent, ceux qui reviennent.
    Les gros bagages et  les petits.
    Le décor qui défile et le train qui passe.
    L'adolescente avachie contre la fenêtre, le poing ancré sous sa joue, les yeux vers le ciel, le visage éclairé par le soleil.
    La lectrice sexagénaire, sourcils froncés, yeux baissés sur le livre, elle lèche son index et tourne la page.
    L'enfant qui dessine une princesse au feutre vert sur la feuille blanche donnée par maman.
    Le train qui défile dans le décor. Le décor qui défile dans la fenêtre.
    Arrivée au Mans.
    Ceux qui partent et ceux qui restent.
    La patte de crabe qui s'arrache encore vers un autre ailleurs.
    Les habitués du TGV. Ceux qui ne le prennent jamais.
    Celle qui y va pour le baptême de sa soeur. Le couple qui va passer ses vacances en Bretagne. La petite famille, parents et enfants, qui vont voir les grands-parents. Les grands-parents et petits-enfants qui rentrent chez papa maman. Celui qui va retrouver sa petite amie.
    Combien de passagers?
    Vue aérienne. Un ange qui mate le train comme une vache. Il voit le dessus du TGV. Ralenti. Comme il défile. Les rails qu'on voit avancer, mais le train va plus vite. D'au-dessus, c'est une grande roue dont on ne voit qu'un rectangle tourner.
    Changement de plan. Plan d'intérieur. Vue aérienne sur les passagers plantés-là. Les rangées de deux qui défilent. Le couple, puis les lecteurs, puis suivent ceux qui écoutent de la musique. Puis le carré au milieu du wagon, avec la petite famille.
    Arrivée en gare de Rennes dans quelques minutes. Les gens qui lèvent la tête pour écouter l'information. Le vieillard qui appuie le doigt sur son sonotone.
    Une patte de crabe arrachée qui repasse à l'envers : l'enfant la rentre dans le corps orange.
    Le train qui ralentit. La fusée qui va débarquer sur la Lune.  
    Opération délicate. Freinage. Freinage. À l'intérieur, les gens debout et en file, bagages à la main.
    Les valises à roulettes qui s'additionnent.
    Le train qui s'arrête. Se colle dans la gare. La patte de crabe remise.
     
    Le crabe immobile. Ses pattes qui s'arrachent et voyagent à la manière de serpents rectilignes. Une plage. Des dizaines de crabes sans pattes. Des centaines de pattes de crabes dans tous les sens, comme des serpents rectilignes, allant d'un crabe à un autre.
     
    Les gens qui attendent pour sortir. La file qui s'écoule. Les chaussures descendant le marche-pied.
    Les gens sur le quai. Les gens dans le train et ceux du quai, qui se retrouvent et s'embrassent. Tout le monde repart doucement.
    La patte de crabe s'évide. C'est le terminus.

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